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Les prochaines victimes du colonialisme français : les Basques et les Bretons-ANALYSE

Les prochaines victimes du colonialisme français : les Basques et les Bretons-ANALYSE
# 11 juin 2026 17:22 (UTC +04:00)

Le 2 juin de cette année, le Parlement français a examiné un projet de loi élaboré par le gouvernement intitulé « L’octroi à la Corse d’un statut d’autonomie particulière au sein de la République française ». Selon ce projet, un nouvel article ajouté à la Constitution accorderait à la Corse un droit à l’autonomie interne au sein de la France, tout en reconnaissant les spécificités de l’île ainsi que son héritage historique, culturel et linguistique. Le texte devrait être soumis au vote de l’Assemblée nationale le 24 juin. S’il est adopté, la Corse sera reconnue pour la première fois dans la Constitution française comme une entité historique et culturelle distincte et bénéficiera du droit d’adapter certaines dispositions législatives aux réalités locales.

À première vue, cette initiative pourrait être perçue comme une manifestation du respect de la France pour la diversité régionale et comme une avancée du gouvernement démocratique. Toutefois, lorsqu’on examine la question corse sous un angle historique, une autre réalité apparaît. L’île, dont l’autonomie est aujourd’hui débattue, a été soumise pendant plus de deux siècles aux politiques d’assimilation, aux pressions politiques et aux restrictions culturelles de l’État français centralisé.

D’une république libre à une colonie française

Death of Corsican Nationalist Fuels Autonomy Calls Elsewhere

La Corse est considérée comme l’un des territoires possédant l’une des plus anciennes identités politiques de la Méditerranée. Au milieu du XVIIIᵉ siècle, les Corses se sont soulevés contre la République de Gênes et ont créé leur propre État indépendant. Sous la direction de Pasquale Paoli, ils ont adopté l’une des premières constitutions démocratiques d’Europe.

Cependant, en 1768, la République de Gênes céda ses droits sur la Corse à la France en contrepartie de ses dettes. Un an plus tard, l’armée française envahit l’île et la Corse passa de facto sous domination française. Bien que les Corses aient opposé une résistance armée pendant longtemps, la supériorité militaire française permit à la France d’établir un contrôle total sur l’île. De nombreux historiens corses considèrent cet événement comme le début du colonialisme français en Corse, car la volonté politique et les droits des habitants de l’île furent placés sous le contrôle d’une puissance étrangère.

Politique d’assimilation linguistique et identitaire

Language of Corsica: An ancient dialect endures - Italian American Herald

Sous la domination française, l’un des plus grands problèmes de la Corse a été l’affaiblissement de la langue locale et de l’identité nationale. À partir du XIXe siècle, le système d’administration centralisé à Paris a accéléré la marginalisation de la langue corse dans la vie publique. Dans les écoles, l’enseignement était uniquement dispensé en français, et l’usage du corse était interdit dans les administrations publiques et les tribunaux. En conséquence, la langue corse, qui avait été pendant des siècles le principal moyen de communication de l’île, a progressivement décliné.

Aujourd’hui encore, l’UNESCO classe le corse parmi les langues régionales en danger. Les politiciens corses demandent depuis longtemps que la langue obtienne un statut officiel, mais le principe inscrit dans la Constitution française selon lequel « la langue de la République est le français » constitue un obstacle majeur dans cette direction.

La montée du mouvement national et les pressions de l’État

Corsica Macron: Nationalist protest ahead of visit

La Corse a longtemps été en retard sur le plan économique par rapport aux autres régions de France. L’île, restée en marge du processus d’industrialisation, a connu un chômage et une pauvreté qui ont contraint une grande partie de sa population à migrer massivement. Aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, des milliers de Corses ont émigré vers la France métropolitaine, l’Afrique du Nord et l’Amérique du Sud. En conséquence, la structure démographique de l’île a été modifiée, la part de la population locale a diminué et les Corses ont été confrontés au risque de devenir minoritaires sur leur propre territoire.

Aujourd’hui encore, l’une des principales préoccupations des nationalistes corses est la domination des investisseurs étrangers sur le marché immobilier et la limitation des possibilités pour la population locale d’acquérir des terres.

À partir des années 1960, le mouvement de conscience nationale en Corse s’est renforcé. La population locale réclamait l’élargissement des droits culturels, l’égalité économique et une autonomie politique.

L’affaire d’Aléria en 1975 a constitué un tournant dans l’histoire de la Corse. L’opération des forces de sécurité françaises contre des militants corses a provoqué de vastes manifestations sur l’île et a ensuite conduit à la formation d’un mouvement nationaliste armé. Par la suite, les relations entre la Corse et Paris sont restées tendues pendant des décennies.

Le FLNC (Front de libération nationale de la Corse), créé en 1976, a engagé une lutte armée contre l’État français. En réponse, le gouvernement français a déployé des milliers de policiers et de gendarmes sur l’île et procédé à de nombreuses arrestations.

L’affaire Yvan Colonna et une nouvelle vague de manifestations

L’assassinat en 2022 du militant nationaliste corse Yvan Colonna en prison a joué un rôle important dans le retour de la question corse à l’agenda politique français.

Après la mort de Colonna, des manifestations de masse ont éclaté sur l’île. Les manifestants ont accusé le gouvernement français de violer les droits des prisonniers corses et de faire preuve de négligence face aux problèmes de l’île. Les affrontements qui ont suivi ont contraint Paris à rechercher de nouvelles solutions politiques. C’est à ce moment-là que le président Emmanuel Macron a déclaré soutenir l’idée d’une « autonomie au sein de la République » pour la Corse.

Le projet de loi actuellement débattu au Parlement français est considéré comme une réponse partielle aux revendications de longue date de la Corse.

Le vote prévu le 24 juin sera non seulement l’adoption d’un nouveau mécanisme juridique, mais aussi un test supplémentaire de la position de l’État français face aux revendications historiques du peuple corse. Si le projet est adopté, il pourrait être interprété comme le début d’une nouvelle étape dans les relations complexes, vieilles de plus de deux siècles, entre Paris et Ajaccio.

La décision concernant la Corse ne signifie pas la fin du colonialisme français

L’adoption d’un projet de loi accordant un statut d’autonomie spécial à la Corse est présentée par la France comme une étape historique, mais cette décision ne signifie pas que les conséquences de la politique coloniale et d’assimilation menée par le pays depuis des siècles aient disparu.

Aujourd’hui encore, il existe d’autres peuples vivant sous l’autorité française qui luttent pour préserver leur identité nationale, leur langue ainsi que leurs droits politiques. Les Basques et les Bretons en sont les exemples les plus marquants. Depuis de nombreuses années, ils s’opposent à la politique d’administration centralisée de Paris et revendiquent une plus grande autonomie, une reconnaissance nationale et le droit à l’autodétermination.

Pays basque nord : une lutte nationale contre l’assimilation

Le Pays basque nord, situé dans le sud-ouest de la France et appelé « Iparralde » en basque, est composé des provinces historiques du Labourd, de la Basse-Navarre et de la Soule. Ce territoire est aujourd’hui intégré à la région Nouvelle-Aquitaine, au sein du département des Pyrénées-Atlantiques, et malgré les caractéristiques historiques et nationales du peuple basque, il ne dispose d’aucun statut politique, administratif ou autonome particulier. Avant la Révolution française, les provinces basques du nord disposaient de leurs propres institutions locales, de leurs normes juridiques et de libertés historiques. Cependant, en 1790, à la suite d’une réforme administrative menée par Paris, ces provinces historiques furent contraintes d’être fusionnées avec le Béarn pour former un seul département. Ainsi, l’intégrité territoriale du Pays basque nord et ses traditions d’autogouvernance furent en pratique supprimées. Par la suite, la politique stricte de centralisation, d’uniformisation linguistique et d’assimilation de l’État français a progressivement exclu la langue basque de la vie publique, de l’éducation et de l’administration, entraînant la disparition des institutions politiques locales et un affaiblissement systématique de l’identité nationale basque. En conséquence, le Pays basque nord est devenu un territoire où un peuple vivant sur ses terres historiques est privé de reconnaissance politique et de droits collectifs.

À l’époque contemporaine, la lutte pour la libération nationale du Pays basque nord est entrée dans une phase politique organisée avec la création du mouvement « Enbata » en 1963. Ce mouvement s’opposait à la politique d’assimilation et de centralisation de l’État français, et revendiquait l’unité nationale du peuple basque, la protection de la langue basque et la reconnaissance du Pays basque nord comme entité politique distincte. Les activités d’« Enbata » furent interdites par le gouvernement français en 1974. Cette décision est considérée comme une mesure répressive visant à étouffer l’organisation politique et la prise de conscience nationale au Pays basque nord. L’interdiction du mouvement montrait que Paris, au lieu de reconnaître la volonté politique du peuple basque, préférait recourir à la pression administrative et aux restrictions juridiques pour le réduire au silence.

Créée en 1973, l’organisation « Iparretarrak » revendiquait l’octroi d’une autonomie politique au Pays basque nord, la fin de la fragmentation administrative des territoires basques et l’unification de l’ensemble des terres basques au sein d’un cadre national commun. Bien que l’activité d’« Iparretarrak » se soit affaiblie à partir de la fin des années 1990, la revendication d’auto-détermination nationale n’a pas disparu au Pays basque nord. Le mouvement basque de libération nationale continue de lutter contre la domination politique de l’État français, les politiques d’assimilation et la négation des droits collectifs du peuple basque.

À la suite de plusieurs décennies de lutte pour la reconnaissance du Pays basque nord comme une entité politique et administrative unifiée, la « Communauté d’agglomération du Pays basque » a été créée en 2017, regroupant 158 communes du territoire. Bien que cette structure ne constitue ni un gouvernement autonome réel, ni un organe législatif, ni une institution politique souveraine, elle représente néanmoins une avancée politique importante, car elle a permis, pour la première fois, de réunifier au sein d’une structure unique des territoires basques longtemps maintenus fragmentés administrativement par l’État français.

Cependant, les compétences de cette communauté d’agglomération restent limitées et ne garantissent pas le droit du peuple basque à prendre des décisions politiques sur son territoire. Si la création de cette structure est parfois considérée comme une reconnaissance partielle de l’unité historique et nationale du Pays basque nord, Paris refuse toujours d’accorder à ce territoire un statut politique distinct, des compétences législatives ou un véritable droit à l’autonomie.

Aujourd’hui, l’une des forces politiques les plus actives en faveur de la souveraineté nationale et du droit à l’autodétermination au Pays basque nord est le mouvement « Euskal Herria Bai » (EH Bai), créé en 2007. Issu d’une orientation de gauche et nationaliste basque, EH Bai s’oppose à l’administration centralisée de l’État français, aux politiques d’assimilation et à la négation de la subjectivité politique du peuple basque.

EH Bai revendique la création d’une entité territoriale autonome dotée de larges compétences législatives, financières et fiscales pour le Pays basque nord, la reconnaissance du statut officiel et juridique de la langue basque et son usage intégral dans l’éducation, l’administration et la vie publique, ainsi que la reconnaissance du droit du peuple basque à l’autodétermination.

Le mouvement considère l’autonomie non pas comme une finalité, mais comme une étape de transition vers la sortie du contrôle politique de l’État français, vers la souveraineté nationale et une future indépendance. Dans cette perspective, le programme politique d’EH Bai vise non seulement une reconnaissance administrative du Pays basque nord, mais aussi sa reconnaissance en tant que peuple, territoire et entité politique doté d’une volonté propre.

Les Bretons : des traditions étatiques historiques aux revendications modernes de souveraineté

En Bretagne, située à l’ouest de la France, la question nationale et les revendications d’indépendance restent liées à une longue histoire d’identité propre et de mobilisation politique. Malgré l’absence de reconnaissance des Bretons comme sujet politique distinct et l’absence d’un statut d’autonomie spécifique pour la région, les questions de souveraineté nationale, d’autodétermination et de réduction de la dépendance vis-à-vis de la France demeurent présentes dans le débat public. Les politiques centralisatrices et d’assimilation de l’État français ont contribué à l’affaiblissement de la langue bretonne, des institutions locales et de la conscience nationale, mais la lutte pour l’indépendance et la souveraineté politique se poursuit à travers diverses organisations et initiatives. Parmi les structures créées dans ce contexte figure « l'État vivant breton ». Cette entité vise à préserver l’idée d’État breton, à exprimer sa volonté politique et à poser les bases d’un futur État breton indépendant.

Historiquement, les Bretons ont disposé d’une tradition étatique forte, avec des formes de royaume et de duché, et ont entretenu des relations diplomatiques avec d’autres États européens. Le traité de Guérande de 1365, confirmé en 1381, mit fin à la guerre de succession de Bretagne et renforça la position de la Bretagne en tant qu’entité politico-juridique distincte.

Cependant, en 1532, l’Acte d’union signé à Vannes officialisa l’intégration de la Bretagne au royaume de France. Bien que ce texte garantisse la préservation des institutions locales, des privilèges fiscaux, des règles juridiques et des libertés historiques bretonnes, ces engagements furent progressivement supprimés au fil du temps par la monarchie française, puis par l’État centralisé français, entraînant la disparition effective de l’autonomie politique et des institutions historiques bretonnes.

Le mouvement national breton considère ce processus non pas comme une union équitable, mais comme une annexion politique accompagnée de la violation des garanties accordées. Le non-respect des conditions de l’union demeure aujourd’hui encore l’un des principaux arguments historiques avancés par les revendications de souveraineté, d’autodétermination et de restauration de l’État breton.

Ces dernières années, plusieurs militants défendant la souveraineté politique du peuple breton et le droit à un État indépendant ont proclamé l’existence de « l’État vivant breton ». Cette entité symbolique se présente comme le prolongement de la souveraineté historique et de la tradition étatique bretonne.

« L'État vivant breton » se veut une institution politique parallèle ou un modèle de gouvernement en exil, créé en réaction au refus de l’État français de reconnaître la subjectivité politique distincte du peuple breton. Son objectif principal est de représenter au niveau international les intérêts nationaux, les revendications de souveraineté et le droit à l’autodétermination d’un peuple dont la volonté politique n’est pas prise en compte par Paris.

L’organisation cherche également à établir des liens de solidarité avec d’autres peuples confrontés au colonialisme français et à des politiques d’assimilation politique. Cette activité vise à présenter la lutte bretonne non seulement comme une question régionale, mais aussi dans le cadre de la liberté des peuples, de leurs droits historiques et de la résistance à l’administration coloniale.

L’une des étapes importantes dans ce domaine est la signature d’un protocole de coopération entre « l'Etat vivant breton » et la structure politique du peuple autochtone de Kanaky, le royaume de Qureşaba. Ce document constitue une étape significative pour le mouvement national breton, dans la mesure où il cherche à internationaliser sa lutte, à créer un réseau de solidarité politique avec des peuples ayant des expériences historiques similaires et à porter ses revendications de souveraineté sur la scène internationale.

« L'Etat vivant breton» construit principalement sa position politique sur une ligne inspirée des luttes de décolonisation en cours dans les territoires d’outre-mer sous contrôle français. Il met en relation la situation de la Bretagne avec le sort des peuples dont la subjectivité politique, l’identité nationale et le droit à l’autodétermination ne sont pas reconnus sous l’autorité française, en s’appuyant sur les expériences des peuples de Kanaky (Nouvelle-Calédonie), de Maohi Nui (Polynésie française), de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Guyane française.

Cette approche vise à présenter la question bretonne non pas uniquement comme un problème régional interne à la France, mais comme une question internationale liée à la décolonisation, à la souveraineté nationale et au droit des peuples à choisir librement leur destin. Les parallèles établis avec les mouvements de Kanaky, Maohi Nui, des Antilles et de la Guyane donnent une plus grande visibilité aux revendications d’indépendance du peuple breton, facilitent son intégration dans des réseaux internationaux de solidarité et permettent de mettre à l’agenda international la politique d’assimilation de l’État français.

« L'Etat vivant breton» ne limite pas sa lutte à la seule défense des droits nationaux bretons ; il la présente comme faisant partie d’un mouvement de décolonisation commun des peuples qui s’opposent au colonialisme français.

Les autres victimes du colonialisme français

Il est regrettable de constater que la géographie de la politique coloniale française ne se limite pas à la Corse, au Pays basque ou à la Bretagne. Dans différentes régions du monde, il existe des peuples qui, au fil des siècles, ont souffert de la politique coloniale menée par Paris, perdant leurs identités nationales, leurs terres et leurs droits politiques.

L’héritage colonial de la France s’étend sur un vaste espace géographique allant de l’Europe à l’océan Pacifique, de l’Afrique au bassin caribéen et à l’Amérique du Sud. À la suite de cette politique, certains peuples ont été confrontés à des occupations militaires, à des confiscations de terres et à de violentes répressions, tandis que d’autres ont été menacés de perdre leurs langues, leurs cultures et leurs institutions historiques de gouvernance en raison de longues politiques d’assimilation.

Aujourd’hui encore, plusieurs peuples sous contrôle français ou ayant été historiquement sous l’influence de l’autorité française poursuivent leur lutte pour l’autodétermination, la reconnaissance politique et les droits nationaux. Les Kanaks, les Maohis, ainsi que les peuples de Guadeloupe et de Martinique figurent parmi les exemples les plus remarquables à cet égard.

La France doit rendre des comptes pour ses actes

Les débats autour de la Corse remettent à l’ordre du jour des questions plus larges liées à l’héritage du colonialisme français. Dans ce contexte, la question corse ne concerne pas uniquement l’avenir d’une île, mais s’inscrit également dans la manière dont sont traités les destins historiques des divers peuples ayant vécu ou vivant encore sous domination coloniale française.

Les occupations menées par la France au fil des siècles, les politiques d’assimilation, les confiscations de terres, les répressions militaires, l’exploitation économique et les catastrophes écologiques ont laissé des traces profondes dans la mémoire collective de différents peuples. C’est pourquoi de nombreux mouvements nationaux estiment qu’il ne s’agit pas seulement d’événements historiques, mais aussi de conséquences politiques et sociales toujours actuelles.

Quel que soit le sort réservé à la question corse, une chose est claire : l’héritage du colonialisme français n’a pas encore été entièrement surmonté. La question centrale pour Paris n’est pas seulement d’accorder certains pouvoirs à des régions spécifiques, mais de savoir comment répondre aux revendications de justice historique et d’autodétermination des peuples dont les droits ont été limités pendant de longues années. La France coloniale doit trouver la force d’affronter son passé, ses massacres, ses répressions, ses déportations et ses pillages, et d’en assumer la responsabilité.

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