Les résultats des élections parlementaires organisées en Arménie ont montré que la société a fait son choix en tenant compte des changements géopolitiques et des nouvelles réalités apparus dans la région ces dernières années. Ces résultats sont le produit non seulement des processus politiques internes de l’Arménie, mais aussi de l’influence du nouvel environnement de sécurité et de coopération qui se forme dans le Caucase du Sud. À cet égard, l’un des principaux facteurs ayant déterminé l’issue du scrutin a été la politique régionale menée par le président Ilham Aliyev ainsi que l’agenda de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui en constitue une composante essentielle.
Dans la période qui a suivi la guerre, l’Azerbaïdjan a joué un rôle déterminant dans la formation des nouvelles réalités politiques de la région. Le rétablissement de son intégrité territoriale et de sa souveraineté, ainsi que les mesures militaires, politiques et diplomatiques qu’il a prises avec succès pour mettre fin à l’occupation, ont également contraint l’élite politique arménienne à rechercher de nouvelles approches. Dans cette perspective, l’un des principaux facteurs ayant influencé les résultats des élections réside précisément dans les nouvelles réalités apparues dans la région et dans le rôle de l’Azerbaïdjan et de son dirigeant dans leur émergence. Tirant les leçons des événements vécus ces dernières années, la société arménienne semble comprendre de plus en plus clairement que la normalisation des relations avec l’Azerbaïdjan et l’établissement d’une paix durable constituent une voie sans véritable alternative.
L’initiative de paix est venue de l’Azerbaïdjan victorieux

Il convient de souligner tout particulièrement que, malgré son statut de partie victorieuse après la guerre patriotique de 44 jours, c’est précisément l’Azerbaïdjan qui a pris l’initiative de la paix. Le président Ilham Aliyev a proposé la normalisation des relations avec l’Arménie afin d’assurer une stabilité durable dans la région et a avancé des principes fondamentaux fondés sur les normes et les principes du droit international. Cette approche a démontré la volonté de l’Azerbaïdjan de créer un environnement de paix et de coopération à long terme dans la région.
C’est précisément grâce à cette politique que de nouvelles possibilités de coopération ont commencé à émerger dans la région. Les dirigeants arméniens ont également progressivement compris que la poursuite d’une politique de confrontation ne servait pas les perspectives de développement du pays et que l’agenda de paix constituait un choix plus rationnel.
Les perspectives de coopération renforcent l’agenda de paix
Par la suite, le soutien apporté à la politique menée par le président Ilham Aliyev par le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a permis à l’agenda de paix de produire des résultats concrets. Après la réunion de Washington, des mesures ont été prises pour renforcer la stabilité et la sécurité à la frontière entre les deux pays. La perspective de l’ouverture des liaisons de transport dans la région et de la levée des restrictions de communication auxquelles l’Arménie était confrontée depuis de nombreuses années est apparue. Cela promet de nouvelles opportunités économiques ainsi que des avantages en matière de transit, non seulement pour l’Azerbaïdjan et l’Arménie, mais aussi pour l’ensemble de la région.

Par ailleurs, dans le cadre d’une future coopération, des perspectives telles que le renforcement de la sécurité énergétique de l’Arménie, le développement des relations commerciales et son intégration dans des projets économiques régionaux figurent également à l’ordre du jour. L’élargissement des contacts entre les institutions de la société civile, l’organisation de visites réciproques et la promotion du dialogue public apparaissent également comme des éléments importants du processus de paix. L’un des points les plus importants est toutefois l’affaiblissement progressif de la rhétorique de confrontation qui a dominé la région pendant de longues années, au profit d’un agenda axé sur la coopération.
Les résultats des élections en Arménie peuvent être considérés non seulement comme l’aboutissement de processus politiques internes, mais aussi comme une confirmation des nouvelles réalités géopolitiques qui se dessinent dans la région. Selon cette analyse, l’architecte de cette politique serait précisément le président Ilham Aliyev. Le message adressé par la société arménienne serait désormais que ce ne sont ni la confrontation ni le revanchisme, mais bien la coopération et la paix qui doivent déterminer l’avenir de la région. Cela peut être considéré comme un indicateur politique important en faveur de l’instauration d’une paix durable et d’une stabilité pérenne dans le Caucase du Sud.
Les attentes de l’Azerbaïdjan : passer de la phase politique à la phase juridique de la paix
Après les élections organisées en Arménie, l’attention se portera désormais moins sur les résultats eux-mêmes que sur les décisions politiques qui en découleront. Du point de vue de l’Azerbaïdjan, la question n’est pas de savoir si Nikol Pachinian restera au pouvoir ou quelle force politique remportera la victoire. L’enjeu principal est de déterminer si l’Arménie confirmera, par des mesures juridiques et institutionnelles concrètes, la politique de paix qu’elle affirme poursuivre depuis ces dernières années.
Ces dernières années, certaines avancées ont été enregistrées dans les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. Des mesures ont été prises en vue de la délimitation des frontières, la stabilité a été rétablie à la frontière entre les deux États, et les parties sont parvenues à un accord sur une grande partie du texte du traité de paix. Toutefois, Bakou estime qu’il subsiste encore des questions fondamentales à résoudre afin de parvenir à une paix durable et à long terme.

Parmi ces questions, l’une des plus importantes concerne l’élimination, au sein du système politique et juridique de l’Arménie, des éléments hérités de la période de l’ancien conflit. Malgré la nouvelle situation qui s’est formée dans la région ces dernières années, certains milieux continuent de chercher à préserver l’agenda politique du passé.
Selon l’approche de l’Azerbaïdjan, si l’Arménie accepte réellement les nouvelles réalités régionales, alors les mécanismes politiques et idéologiques qui sont en contradiction avec ces réalités doivent également être supprimés.
Le retrait complet de la question du Karabakh de la politique arménienne
L’une des principales attentes de l’Azerbaïdjan est que la question du Karabakh soit totalement retirée de l’agenda politique intérieur et extérieur de l’Arménie. Selon cette position, la question du Karabakh a déjà trouvé sa résolution du point de vue du droit international et une nouvelle réalité géopolitique s’est désormais imposée.
Dans cette perspective, Bakou estime qu’il convient de mettre fin aux activités des différentes structures, institutions et initiatives, en Arménie comme à l’étranger, qui cherchent à maintenir vivant l’agenda de l’ancienne période du conflit. Selon cette analyse, l’existence de tels mécanismes n’est pas conforme à l’esprit du processus de paix et pourrait, à l’avenir, créer de nouvelles possibilités de manipulation politique.
En particulier, l’existence d’organisations opérant dans différents pays et se présentant comme des structures liées au Karabakh est considérée comme un facteur contradictoire avec la politique de normalisation officiellement déclarée par Erevan.
La question constitutionnelle : le principal test du processus de paix
L’un des sujets auxquels l’Azerbaïdjan accorde la plus grande importance concerne la Constitution arménienne. Bakou affirme depuis longtemps que la présence, dans la loi fondamentale de l’Arménie, de dispositions qu’il associe à des revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan constitue l’un des principaux obstacles juridiques au processus de paix.

L’expérience internationale montre que les accords de paix durables reposent non seulement sur des ententes politiques, mais également sur des garanties juridiques. C’est pourquoi l’adoption future par l’Arménie d’une nouvelle Constitution par voie référendaire, mettant juridiquement un terme à toute revendication territoriale, est considérée comme une étape importante pour assurer la pérennité du processus de paix.
En réalité, cette question revêt une importance stratégique non seulement pour l’Azerbaïdjan, mais aussi pour l’Arménie elle-même. En effet, l’élimination des contradictions juridiques pourrait empêcher, à l’avenir, que des forces revanchardes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, n’utilisent ces questions comme un instrument politique.
L’accord de paix déterminera l’avenir de la région
L’un des principaux sujets qui reviendront à l’ordre du jour après les élections sera la signature d’un accord de paix définitif. Bien que les parties aient réalisé des progrès significatifs dans cette direction ces dernières années, le processus n’est pas encore totalement achevé.
Si les autorités arméniennes utilisent le nouveau mandat politique obtenu pour prendre des mesures visant à résoudre les problèmes juridiques et politiques restants, une toute nouvelle phase pourrait s’ouvrir dans la région. Dans ce cas, le Caucase du Sud pourrait sortir d’une longue période de conflit pour entrer dans une ère de coopération, de connectivité des transports, d’intégration économique et d’interdépendance mutuelle.

Cela créera de nouvelles opportunités non seulement pour l’Azerbaïdjan et l’Arménie, mais aussi pour l’ensemble de la région. Le développement des corridors de transport reliant l’Est et l’Ouest, l’élargissement de la coopération énergétique, l’augmentation des échanges commerciaux et l’attraction des investissements étrangers sont autant de processus qui ne pourront se concrétiser que dans un contexte de paix durable.
Pachinian doit mener le processus à son terme
En définitive, les élections arméniennes ont permis de dégager une décision importante concernant l’avenir politique du pays. Toutefois, leur résultat le plus significatif ne se mesurera pas le jour du scrutin, mais dans la période qui suivra.
Si le gouvernement de Nikol Pachinian parvient à transformer le mandat reçu des électeurs en véritables réformes politiques, en changements juridiques et en l’achèvement de l’agenda de paix, les élections de 2026 pourront être considérées comme un tournant dans l’histoire de l’Arménie. Dans le cas contraire, la fenêtre d’opportunité qui s’est ouverte dans la région ne sera pas pleinement exploitée.
À cet égard, le principal résultat des élections arméniennes n’est pas la victoire de Pachinian en elle-même. Le résultat essentiel réside dans le fait que, pour la première fois, la société arménienne a clairement accordé son mandat à une orientation politique en adéquation avec les nouvelles réalités régionales. Il reste désormais à voir si ce mandat se traduira par des décisions concrètes et, finalement, par la conclusion d’un accord de paix définitif avec l’Azerbaïdjan. C’est cette évolution qui déterminera l’avenir de toute la région.