Le bureau de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a adressé une lettre au Forum national des ONG d’Azerbaïdjan.
Selon l’agence APA, le 10 juin, le bureau d’Ursula von der Leyen a répondu par écrit à Ramil Iskanderli, président du conseil d’administration du Forum national des ONG d’Azerbaïdjan, qui est l’organisation faîtière des ONG azerbaïdjanaises.
« Nous avons examiné votre demande avec attention et l’avons transmise au SEAE (Service européen pour l’action extérieure). Celui-ci examinera les questions que vous avez soulevées et vous répondra dans les plus brefs délais », indique la lettre.
Il convient de noter qu’auparavant, le Conseil de l’Union européenne avait également répondu au Forum national des ONG d’Azerbaïdjan, indiquant que la demande avait été transmise au bureau du président du Conseil européen, António Costa.
Pour rappel, le 1er mai 2026, des ONG azerbaïdjanaises ont adressé une lettre ouverte aux dirigeants européens se rendant en Arménie — la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le président du Conseil européen António Costa, ainsi qu’aux chefs d’État et de gouvernement participant au 8e Sommet de la Communauté politique européenne et au sommet UE–Arménie.
La lettre indiquait que le Caucase du Sud connaît une transformation majeure depuis le sommet de Washington de l’été dernier. L’Azerbaïdjan et l’Arménie avancent vers une paix durable.
Les auteurs de l’appel demandaient aux dirigeants européens en visite en Arménie de prêter attention aux problèmes humanitaires auxquels l’Azerbaïdjan est confronté, notamment les personnes disparues et les mines : « Depuis la Première guerre du Karabakh, environ 4 000 citoyens azerbaïdjanais sont portés disparus, dont 71 enfants, 287 femmes et 319 personnes âgées. De fortes preuves indiquent que ces personnes ont été torturées et tuées, ce qui constitue des crimes de guerre. Depuis plus de 30 ans, l’Arménie ne fournit aucune information sur leur sort ni sur l’emplacement des fosses communes. La souffrance des familles de ces personnes disparues est une tragédie humanitaire largement ignorée par la communauté internationale. »
Il est également souligné que depuis la libération des territoires azerbaïdjanais en 2020, 32 fosses communes ont été découvertes. Sur la base des restes retrouvés dans ces fosses, 91 personnes ont été identifiées et enterrées. Ces enterrements ont apporté un certain réconfort aux familles qui attendaient depuis longtemps.
« Certains commandants de terrain arméniens ont déclaré détenir des informations sur les lieux des fosses communes des Azerbaïdjanais tués pendant la Première guerre du Karabakh. Nous vous appelons, vous et tous les participants, à faire pression sur l’Arménie afin de les interroger et de transmettre à l’Azerbaïdjan les informations concernant l’emplacement de ces fosses communes. »
La lettre souligne également la contamination des territoires libérés de l’Azerbaïdjan par les mines : « Le refus de l’Arménie de fournir des cartes complètes et précises des mines a causé la mort et la blessure de plus de 400 personnes depuis la fin de la deuxième guerre du Karabakh en 2020. Cette “guerre cachée” entrave les travaux de reconstruction dans les régions du Karabakh et du Zanguezour oriental et empêche des centaines de milliers d’anciens déplacés internes de retourner chez eux en toute sécurité et dignité. »
La lettre ouverte appelle les dirigeants européens à faire pression sur l’Arménie pour qu’elle divulgue des informations sur les personnes disparues et fournisse des cartes précises des zones minées libérées par l’Azerbaïdjan. Elle souligne enfin que la résolution de ces questions pourrait constituer une mesure pratique de renforcement de la confiance de la part de l’Arménie.