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La chanteuse britannique Bonnie Tyler, un monument des années 1980, est morte à l’âge de 75 ans

La chanteuse britannique Bonnie Tyler, un monument des années 1980, est morte à l’âge de 75 ans
# 09 juillet 2026 13:38 (UTC +04:00)

Voix « rauque’n’roll », synthés héroïques, crinière blonde, leggins noir pailleté, gros ceinturon, poings levés et redoutable accent du Pays de Galles, Bonnie Tyler assumait totalement le kitsch de son personnage. Comme Dolly Parton, son homologue américaine, Bonnie Tyler était attachante, franche et pragmatique. Que celui qui n’a jamais rembobiné son existence sur Total Eclipse of the Heart avec sa célèbre attaque «Turn around, Every now and then I get a little bit lonely», jette la première pierre. Ou la première bière, puisque Gaynor Hopkins a commencé sa carrière dans l’atmosphère poisseuse et enfumée des pubs, avant de devenir Bonnie Tyler et se muer en une gloire des années 1980. Après quasi 50 ans de carrière sans traversée du désert, elle est décédée à l’âge de 75 ans, annonce la BBC ce jeudi matin qui cite un communiqué sur le site officiel de la chanteuse.

Comme tant de Britanniques dont son ami Sir Cliff Richard, Bonnie Tyler vivait surtout à Albufeira près de Faro, au sud du Portugal. Mariée depuis près d’un demi-siècle à un ex-champion de judo aussi discret qu’elle était volcanique, elle y possédait un yacht qu’elle s’était offert pour ses 50 ans et plusieurs appartements. Sans enfant, il lui fallait de la place pour accueillir sa grande famille, seize nièces, seize neveux et quatorze petites-nièces et petits-neveux. Quand elle n’était pas sous le soleil de l’Algarve, elle était sur les routes en Europe avec ses musiciens. Elle connaissait par cœur les salles de concerts en Allemagne, son premier marché depuis toujours et le pays de sa maison de disques.

«A force, je me débrouille mieux en allemand qu’en welsh», nous disait-elle avant le Covid en 2019. Fan de country, de blues et surtout de rock, Bonnie Tyler reste indissociable de trois tubes internationaux, It’s a Heartache (1977) hurlé du fond de la gorge, Total Eclipse of the Heart (1983) et Holding Out for a Hero (1984). Trente ans plus tôt, elle grandissait entourée de musique - « et d’amour », précisait-elle - dans une famille modeste de Skewen, à une heure de route de Cardiff. Père mineur, mère femme au foyer. «Ma mère aimait l’opéra, mes frères écoutaient Elvis Presley et mes soeurs, Franck Sinatra», nous racontait-elle en 2019. Elle se casse la voix sur Janis Joplin et Tina Turner.

De l’anonymat à 50.000 albums par jour
À peine majeure, elle arrête l’école et se produit dans un pub, six soirs sur sept. Débrouillarde, elle monte son propre groupe et passe des années à chanter les tubes des autres. « J’aurais pu passer ma vie à être une rockeuse locale à succès », expliquait-elle. Manque de chance, en 1976, un découvreur de talents londonien se trompe d’étage dans une boîte de nuit et tombe sur ce drôle de phénomène. Il lui propose de la lancer, avec un nom de scène. « J’ai coché tous les noms dans le journal et cela a donné Bonnie Tyler. Peut-être y avait-il un article sur Steven Tyler, d’Aerosmith ? », s’interrogeait-elle dans Le Figaro .

Cette année-là, elle enregistre son premier disque, Lost in France, un carton en Allemagne mais pas dans l’Hexagone. Le succès international vient ensuite avec It’s a Heartache. À 26 ans, Bonnie Tyler vend 50 000 albums par jour. Aux Grammy’s Awards, les Oscars de la musique, elle concourt face à Michael Jackson et à Irène Cara. Excusez du peu. Les tournées et les tubes se succèdent, sous l’œil avisé de son manager et mari, Robert Sullivan. Un ancien champion de judo avec qui elle a mené une vie loin des tabloïds et proche de leurs nombreux neveux et petits-neveux.

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