Le réalisateur suédois Mikael Silkeberg a réalisé un documentaire intitulé « La patrie vivant dans la mémoire », consacré au patrimoine culturel de l’Azerbaïdjan occidental.
Selon l’agence APA, le film a été produit avec l’organisation et le soutien de l’ambassade d’Azerbaïdjan en Suède.
Dans une publication sur son compte « X », l’ambassadeur d’Azerbaïdjan en Suède, Zaur Ahmadov, a indiqué que le film « La patrie vivant dans la mémoire », réalisé par Mikael Silkeberg, est un documentaire de 55 minutes construit autour d’un voyage culturel allant de la Scandinavie à l’Azerbaïdjan :
« Le film explore la manière dont la mémoire, en dépassant les frontières géographiques, préserve l’identité.
Le film commence en Suède, à la bibliothèque de l’Université d’Uppsala. C’est ici que Silkeberg découvre un manuscrit rare datant du XVIIᵉ siècle, contenant l’une des premières traductions de la Bible en langue azerbaïdjanaise. Ce texte exceptionnel, écrit en alphabet latin avec une orthographe française, bien qu’il ait été conservé loin du Caucase, devient un symbole puissant : malgré les siècles et les distances, la mémoire culturelle continue d’exister.
Le voyage se poursuit ensuite à Stockholm. Là, Silkeberg rencontre l’écrivain et historien suédois Bengt Jangfeldt. À travers une brève discussion sur les activités des frères Nobel à Bakou à la fin du XIXᵉ siècle et sur la présence suédoise plus large en Azerbaïdjan, le film met en lumière une page souvent oubliée des relations entre la Scandinavie et le Caucase.
À partir de ce point, les réflexions sur l’intérêt scandinave pour le Caucase évoquent les notes de Knut Hamsun, écrivain norvégien lauréat du prix Nobel de littérature, qui avait écrit sur la région à la fin du XIXᵉ siècle, ainsi que les souvenirs du diplomate et homme d’affaires danois Erik Biering. Leurs témoignages sont présentés comme faisant partie des tentatives européennes visant à comprendre cette région située au carrefour de l’Europe et de l’Asie.
Ensuite, Silkeberg se dirige vers l’Est. Ce n’est pas seulement un itinéraire géographique, mais aussi une recherche de traces de continuité historique et culturelle. »
L’ambassadeur a écrit que l’idée principale du film est de présenter l’Azerbaïdjan occidental comme un espace culturel conservé à travers la mémoire :
« Ici, les lieux, les traditions et les significations se transmettent de génération en génération et continuent de vivre. À travers des cartes d’archives et différents témoignages, le film montre que certaines géographies continuent d’exister non pas dans les frontières politiques, mais dans la conscience culturelle.
Cette continuité trouve son expression la plus brillante dans l’art des achoughs (poètes-chanteurs traditionnels). Dans cette tradition où se rencontrent poésie, musique et récit épique, l’héritage d’Achough Alasgar, né dans la région de Göycha, constitue l’un des axes principaux du film. Ses poèmes font vivre les paysages naturels, les émotions et le sentiment d’appartenance.
Au son du saz, du balaban et du zurna, ainsi qu’à travers des expressions culturelles collectives comme le yalli, la mémoire devient une expérience vivante et partagée.
Le film examine également la manière dont l’identité est préservée à travers la littérature et les arts visuels. Les manuscrits, les exemples de poésie et les œuvres d’art conservés dans les institutions culturelles de Bakou créent une carte culturelle qui résiste à l’oubli. Du patrimoine littéraire classique aux œuvres artistiques de Mirza Gadim Iravani, l’histoire de l’art est présentée comme un vecteur fiable de continuité.
La culture matérielle occupe également une place importante dans le film. Des exemples appartenant au groupe de tapis d’Irévan sont présentés comme des archives codées : leurs motifs, leurs couleurs et leurs compositions reflètent une vision du monde façonnée par l’histoire, la nature et les croyances.
Le documentaire présente aussi les vêtements traditionnels de l’Azerbaïdjan occidental et explore le patrimoine culinaire de la région. En montrant concrètement la préparation des plats traditionnels, il souligne que les pratiques culturelles quotidiennes continuent de transmettre la mémoire de génération en génération. »