Une confrontation entre les États-Unis et la France a éclaté à l’ONU.
Selon APA, la controverse autour de la reconduction de Volker Türk au poste de Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme pour un second mandat s’est transformée en un affrontement diplomatique ouvert entre les deux pays.
Le 24 juillet, l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé, sur proposition du secrétaire général Antonio Guterres, le maintien de Volker Türk à son poste de Haut-Commissaire aux droits de l’homme pour quatre années supplémentaires. La décision a été adoptée avec 144 voix pour, 10 contre et 13 abstentions. Les pays ayant voté contre le renouvellement de son mandat sont les États-Unis, l’Argentine, le Burkina Faso, Israël, le Mali, le Nicaragua, le Niger, la Corée du Nord, la Russie et Trinité-et-Tobago.
L’opposition des États-Unis et d’Israël s’explique par les positions prises par le Haut-Commissaire concernant le Moyen-Orient, notamment la guerre à Gaza.
Il convient de rappeler que Volker Türk a critiqué la politique migratoire de Washington, les pratiques de détention à la frontière ainsi que les procédures d’expulsion menées par les États-Unis. Il a également formulé de vives critiques concernant les opérations militaires menées par Israël à Gaza et dans d’autres territoires palestiniens.
Washington rejette ces positions. Les États-Unis accusent également l’organisation dirigée par Volker Türk d’adopter une attitude trop sévère à l’égard des États démocratiques, en particulier des États-Unis et d’Israël, tout en étant moins efficace face aux gouvernements autoritaires.
Après le vote, la représentation permanente de la France auprès de l’ONU à Genève a vivement critiqué la position américaine sur les réseaux sociaux.
Dans sa publication, elle a affirmé que les États-Unis, autrefois considérés comme un « phare » des droits de l’homme, ne pouvaient plus être perçus de cette manière. Elle a également souligné que Washington s’était retrouvé aux côtés de pays comme la Corée du Nord, le Nicaragua, le Mali et la Russie, dans une situation d’isolement international, ajoutant que le monde n’écoutait désormais plus les États-Unis.
Les responsables américains ont, pour leur part, qualifié l’attitude française de comportement partial, offensant et incompatible avec les relations entre alliés.
L’ambassadeur américain auprès de l’ONU, Mike Waltz, a accusé la France de justifier un système qui, selon lui, cible les États démocratiques comme les États-Unis et Israël tout en restant inefficace à l’égard des régimes répressifs.
Un nouvel incident entre les deux alliés s’est produit le 27 juillet lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Ukraine.
Lorsque le représentant permanent de la France auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a commencé son intervention, la délégation américaine a quitté la salle. Les diplomates américains ont expliqué ce geste comme une protestation contre la publication française évoquée précédemment.
Le représentant adjoint des États-Unis auprès de l’ONU, Dan Negrea, a déclaré que la délégation avait quitté la salle précisément au moment de l’intervention française. Il a qualifié l’attitude de Paris de manque de sincérité et de tentative d’afficher une supériorité morale.
Negrea a ajouté que les États-Unis avaient longtemps toléré cette rhétorique au nom de la solidarité avec la France et du respect mutuel entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Toutefois, il a laissé entendre que la délégation américaine pourrait continuer à quitter la salle lors des interventions françaises si Paris ne changeait pas de position.
L’ambassadeur français Jérôme Bonnafont n’a pas directement réagi au départ des représentants américains pendant son discours, mais il s’est exprimé plus tard sur le sujet. Il a insisté sur les fondements historiques des relations franco-américaines ainsi que sur la mission fondamentale des Nations unies.
Bonnafont a rappelé que les États-Unis célébraient le 250e anniversaire de leur indépendance et a souligné que la France avait aidé les Américains dans leur lutte pour l’indépendance. Il a également évoqué la participation de la France aux célébrations de cet anniversaire et rappelé que la Statue de la Liberté avait été offerte aux États-Unis par la France.
Le diplomate français a déclaré que l’ONU avait été créée afin de garantir la paix et la sécurité internationales, les droits de l’homme et le développement. Selon lui, Paris entend préserver l’indépendance de l’Organisation, sa capacité d’action et son rôle au service de la Charte des Nations unies.
La France cherche ainsi à présenter ce différend non pas comme une confrontation bilatérale, mais comme une défense du système des Nations unies et de l’ordre international multilatéral.