Le Groupe d’initiative de Bakou organisera à Bakou une conférence internationale intitulée « Les injustices du colonialisme belge et 101 ans de lutte pour les réparations ».
Selon APA, des responsables de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et du Burundi — anciens territoires colonisés par la Belgique, où celle-ci maintiendrait encore des influences néocoloniales — ainsi que du Maroc, de l’Afrique du Sud et de l’ONU participeront à l’événement.
Parmi les invités figurent notamment le Médiateur de la République démocratique du Congo, des députés du Parlement congolais, l’ambassadeur du Rwanda en Turquie et des diplomates rwandais, ainsi que des experts des Nations unies.
La conférence réunira également des experts, chercheurs et défenseurs des droits humains spécialisés dans le droit international, la restauration de la justice historique et les questions de réparations.
Les participants discuteront de la possibilité de faire inscrire à l’ordre du jour de l’ONU, notamment du Conseil des droits de l’homme, la question d’excuses officielles et de réparations de la part de la Belgique pour les crimes commis durant la période coloniale contre les peuples de la RDC, du Rwanda et du Burundi. Ils examineront également la mise en place d’un mécanisme international contraignant chargé de superviser l’exécution par la Belgique de ses obligations en matière de réparation et de restitution, conformément aux principes énoncés dans la résolution 60/147 de l’Assemblée générale des Nations unies.
La question de l’accès complet et sans entrave aux archives coloniales belges sera également au centre des discussions, tout comme la participation, sur un pied d’égalité avec les experts internationaux, de spécialistes originaires des anciens territoires colonisés et le rapatriement des restes humains ainsi que d’autres documents et objets historiques vers leurs pays d’origine.
Il convient de rappeler que la résolution 60/147 de l’Assemblée générale des Nations unies systématise le droit des victimes à une protection juridique et à des réparations. Elle prévoit plusieurs formes de réparation : la restitution, l’indemnisation, la réadaptation, la satisfaction — notamment la reconnaissance morale et les excuses officielles — ainsi que des garanties de non-répétition.
Selon les organisateurs, la Belgique n’aurait toujours pas rempli ces obligations. Elle n’aurait pas présenté d’excuses officielles au niveau de l’État pour les crimes commis en RDC, au Rwanda et au Burundi durant la période coloniale ; ses représentants se seraient limités à exprimer de « profonds regrets », sans que cela ne crée d’obligation juridique.
Bien que 84 000 objets appartenant au patrimoine culturel aient été inventoriés, le processus effectif de rapatriement serait retardé depuis des décennies par la Belgique. Les données de l’inventaire ne seraient pas accessibles au public et aucun accord bilatéral de restitution n’aurait encore été signé. Les spécialistes de la RDC, du Rwanda et du Burundi n’auraient toujours pas un accès complet aux archives et documents datant de la période coloniale belge.
Les experts estiment que cette situation témoigne du refus de la Belgique d’examiner de manière transparente sa responsabilité historique.