Un groupe de députés du Parlement européen a critiqué les activités du Parlement européen concernant l’Azerbaïdjan.
Selon APA, lors de la session plénière du Parlement européen tenue hier, la suspension des relations entre le Milli Medjlis (Parlement azerbaïdjanais) et le Parlement européen, ainsi que la fin de la participation de l’Azerbaïdjan à l’Assemblée parlementaire Euronest, ont été discutées.
La députée européenne Angelika Fure a qualifié la décision de l’Azerbaïdjan de “message stratégique” adressé à l’Union européenne. Selon elle, l’approche de l’UE concernant la normalisation des relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie a créé une crise de confiance dans la région. Bruxelles, d’un côté, cherche à coopérer avec Bakou sur la sécurité énergétique et l’approvisionnement en gaz, mais de l’autre, certaines résolutions adoptées n’ont pas contribué à résoudre la situation dans la région.
La députée européenne a accusé l’UE de tenter d’exercer une pression politique et morale. Selon elle, cette approche a conduit l’Union européenne à créer un “vide géopolitique” plutôt que de renforcer son influence dans la région.
Mme Angelika Fure a déclaré que, dans ce contexte, d’autres puissances commencent à jouer un rôle plus actif. Elle a notamment qualifié l’initiative “Pour la paix et la prospérité internationale de Trump” de l’administration américaine d’exemple d’une approche géopolitique réaliste.
Selon la députée, cette initiative de Washington vise à mettre en place un corridor de transit alignant les priorités de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie.
La députée européenne a également vivement critiqué la politique de l’Union européenne dans le Caucase du Sud, soulignant que Bruxelles est marginalisée dans les processus géopolitiques de la région.
Mme Fure a souligné que le nouveau corridor soutenu par les États-Unis a déjà créé une “nouvelle route stratégique” dans la région, un modèle qui serait même acceptable pour l’Iran, pourtant sensible aux questions frontalières. Selon elle, cet itinéraire a un “caractère pacifique” et se développe principalement sous l’influence du capital américain.
La députée estime que l’UE est isolée sur le plan géoéconomique et que la nouvelle architecture géopolitique de l’Asie centrale se construit sans sa participation. Elle a ajouté que les initiatives européennes donnent désormais l’impression de réactions tardives.
Mme Angelika Fure a également critiqué l’action diplomatique de la Commission européenne, estimant que la diplomatie devrait relever des États membres et non de la Commission. Elle a accusé Bruxelles de mener une “diplomatie de déclarations” et de vouloir donner des leçons morales et politiques aux autres pays. L’UE, selon elle, doit reconnaître les réalités politiques mondiales changeantes et revenir à une “politique réaliste”.
Le député européen Cristian Terheș a qualifié la décision de l’Azerbaïdjan de suspendre la coopération avec le Parlement européen de signal politique sérieux, estimant qu’elle résulte des erreurs de la politique du Caucase du Sud menée par Bruxelles.
Selon lui, la résolution adoptée par le Parlement européen en avril 2026 concernant l’Arménie a conduit à une approche “inutile et inappropriée” visant l’Azerbaïdjan. De telles actions, selon lui, aggravent les tensions au lieu de contribuer au processus de paix.
Il a affirmé que l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont récemment fait des pas vers la paix et la coopération, et que l’UE doit adopter une approche plus équilibrée. Selon lui, la politique actuelle de “condamnation idéologique” est inefficace sur le plan de la politique étrangère.
Kristen Terheș a également averti que l’UE pourrait perdre son influence dans le Caucase du Sud et en Asie centrale. Il a souligné que l’Azerbaïdjan est un partenaire stratégique pour l’Europe en matière de sécurité énergétique et de connexions régionales.
Dans son intervention, l’Azerbaïdjan est présenté comme un pays jouant un rôle important dans la réduction de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie et dans l’aide humanitaire à l’Ukraine. Il est également souligné que l’Azerbaïdjan est l’un des principaux points de transit reliant l’Europe à l’Asie centrale via le Corridor médian.
Terheș a appelé le Parlement européen à revenir à une diplomatie “réaliste et fondée sur le respect mutuel” et a soutenu la reprise du dialogue avec l’Azerbaïdjan.
Le député européen Sergey Lagodinsky a exprimé ses regrets concernant la décision de l’Azerbaïdjan de suspendre les relations avec le Parlement européen et Euronest, estimant que le dialogue interparlementaire est une plateforme essentielle pour le débat ouvert sur les questions difficiles.
Il a souligné que l’Azerbaïdjan pourrait jouer un rôle important dans des domaines tels que le Caucase du Sud, la stratégie de la mer Noire, l’énergie et les infrastructures numériques en participant à Euronest et aux formats de coopération régionale.
Le député européen Tomasz Froelich a adopté un ton plus critique, affirmant que l’Union européenne s’affaiblit sur la scène mondiale et que la décision de l’Azerbaïdjan illustre cette tendance.
Selon lui, l’Europe perd sa crédibilité en raison de ses prétentions à une supériorité morale et a besoin de véritables alternatives en matière de politique énergétique. Il estime que l’Azerbaïdjan est un partenaire stratégique pour l’Europe et que la rupture des relations pourrait nuire à la sécurité énergétique européenne.
Il a enfin critiqué l’approche sélective et appelé l’Europe à adopter une politique plus pragmatique.