« Même si l’Azerbaïdjan quittait complètement le Conseil de l’Europe, presque personne dans le pays ne le ressentirait. »
APA rapporte que le président Ilham Aliyev a déclaré cela lors du IVe Forum mondial des médias de Choucha.
« Jusqu’en septembre 2023, l’Azerbaïdjan n’avait jamais fait l’objet d’aucune sanction au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. C’est précisément en septembre 2023, après que nous avons exercé notre droit légitime à l’autodéfense et libéré notre territoire des restes des séparatistes, que l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a décidé de punir l’Azerbaïdjan. En janvier 2024, l’Assemblée a examiné le mandat de la délégation azerbaïdjanaise et l’a privée de son droit de vote.
Cela aurait été prétendument lié à des questions relatives aux droits de l’homme. Mais si tel avait réellement été le cas, cette mesure aurait probablement été prise plus tôt. Il s’agissait simplement d’une punition qui nous a été infligée parce que nous avons rétabli notre souveraineté », a déclaré le chef de l’État.
Le président a indiqué qu’à la suite de cela, la délégation azerbaïdjanaise avait pris une décision tout à fait juste en cessant de participer aux réunions de l’Assemblée : « Car si nous n’avons pas le droit de vote, quel est l’intérêt d’y être présents ? Par ailleurs, depuis cette période, nous n’avons pas non plus participé à l’élection des juges de la Cour européenne des droits de l’homme.
C’est précisément pour cette raison que l’Azerbaïdjan ne reconnaît pas les décisions de cette Cour. Nous n’avons pas participé au vote qui détermine qui sont les juges de cette instance. Depuis plus de deux ans, nous faisons l’objet de discrimination.
Je peux dire ouvertement qu’au sein du gouvernement, nous avons sérieusement discuté non seulement de la suspension de notre activité au sein de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, mais aussi d’un retrait complet du Conseil de l’Europe.
Cependant, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, m’a adressé une demande afin que nous ne procédions pas à ce retrait et que nous donnions une chance à l’amélioration de la situation. J’ai donc reporté cette décision pour le moment. Malheureusement, depuis lors, aucun progrès n’a été réalisé.
Au contraire, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe adresse à l’Azerbaïdjan des exigences totalement inacceptables et formulées sous forme d’ultimatums. Ce n’est pas nous qui avons détérioré les relations, c’est eux.
Sans aucune base juridique, ils nous ont privés de notre droit de vote. Par conséquent, la mesure qui doit être prise est d’abord de rétablir le droit de vote de la délégation azerbaïdjanaise. Après cela, notre délégation retournera à l’Assemblée. La question doit être réglée dans cet ordre, et non dans l’autre.
Nous n’avons pris aucune mesure erronée à leur encontre. C’est eux qui ont adopté une décision injuste. Par conséquent, c’est à eux de faire marche arrière, de faire preuve de courage et de reconnaître qu’ils ont commis une grave erreur.
J’ai exprimé à plusieurs reprises mes opinions sur cette question. Je peux dire clairement que même si l’Azerbaïdjan quittait complètement le Conseil de l’Europe, presque personne dans le pays ne le ressentirait. Autrement dit, notre présence ou notre absence au sein de cette organisation ne provoquerait aucun changement majeur à l’intérieur du pays.
Bien entendu, il serait préférable d’avoir des relations normales avec ces institutions plutôt qu’une confrontation. Nous ne cherchons pas la confrontation. D’autant plus que ce n’est pas seulement l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, mais aussi le Parlement européen qui mène régulièrement des attaques infondées contre l’Azerbaïdjan.
J’estime que cela s’est déjà transformé en une sorte d’obsession à l’égard de l’Azerbaïdjan. Au cours des cinq dernières années, le Parlement européen a adopté 13 résolutions contre l’Azerbaïdjan. Aucune d’entre elles n’a d’importance pour nous et aucune n’a d’impact dans le pays.
Malgré cela, il est évidemment préférable d’avoir des relations normales avec ces institutions plutôt qu’une confrontation. Mais je le répète : ce n’est pas nous qui avons créé cette situation.
L’Azerbaïdjan a adhéré volontairement au Conseil de l’Europe en 2001. À cette époque, cette organisation, et l’Europe en général, n’étaient pas comme elles le sont aujourd’hui. Nous avons rejoint cette Europe avec certains espoirs et certaines attentes. Nous espérions que cette adhésion contribuerait à résoudre le conflit du Karabagh et à rétablir notre souveraineté.
Nous souhaitons une normalisation des relations. Mais le premier pas doit venir d’eux », a déclaré le chef de l’État.