L’amendement 907 est totalement dépassé et doit être entièrement abrogé.
Selon APA, le président Ilham Aliyev a déclaré cela lors du IVe Forum mondial des médias de Choucha.
« En 1992, le Congrès américain avait adopté le Freedom Support Act (“Acte de soutien à la liberté”) afin d’apporter une aide financière aux États ayant obtenu leur indépendance après la dissolution de l’Union soviétique. L’amendement 907 a ensuite été ajouté à cette loi par des sénateurs favorables à la cause arménienne. D’ailleurs, le président Biden était à l’époque sénateur et faisait partie de ces sénateurs. Il est probable que l’une des raisons des difficultés que nous avons rencontrées dans nos relations avec l’administration Biden réside précisément dans cette question.
Cet amendement empêchait l’Azerbaïdjan de bénéficier de l’aide financière des États-Unis. La justification avancée était que l’Azerbaïdjan aurait imposé un blocus à l’Arménie. Premièrement, cela était faux. L’Azerbaïdjan n’avait pas soumis l’Arménie à un blocus. Au contraire, c’est l’Arménie qui avait occupé nos territoires, et ces territoires occupés se trouvaient entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. S’il n’y avait pas eu d’occupation, la question d’un prétendu blocus ne se serait même pas posée.
Deuxièmement, cette décision était particulièrement douloureuse pour nous à cette époque. Car le pays traversait une situation économique extrêmement difficile et l’Azerbaïdjan était le seul État parmi les anciennes républiques soviétiques à faire l’objet d’une discrimination de la part du Congrès américain.
Aujourd’hui, cet amendement est complètement dépassé et a perdu toute pertinence.
Premièrement, l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont paraphé un accord de paix avec la participation du président Trump.
Deuxièmement, l’Azerbaïdjan a levé unilatéralement toutes les restrictions de transit qu’il appliquait à l’Arménie. Plus de 40 000 tonnes de marchandises diverses en provenance de Russie, du Kazakhstan et d’autres pays ont été transportées vers l’Arménie à travers le territoire azerbaïdjanais.
En outre, l’Azerbaïdjan a lui-même commencé à exporter des produits pétroliers vers l’Arménie. Si je ne me trompe pas, plus de 10 000 tonnes de produits pétroliers ont été livrées jusqu’à présent. En particulier, dans les conditions actuelles où de nombreux pays sont confrontés à des pénuries de carburant, l’Arménie dispose d’une source d’approvisionnement fiable, et cette source est l’Azerbaïdjan. Sans cela, l’Arménie aurait probablement dû chercher aujourd’hui de l’essence et du diesel dans différentes régions du monde », a déclaré le chef de l’État.
Selon le président azerbaïdjanais, ces faits montrent une nouvelle fois que l’amendement 907 est totalement dépassé et doit être entièrement abrogé.
« Malheureusement, malgré la position ferme du président Trump, le Congrès ne l’a pas encore fait. D’ailleurs, en août dernier, lors de notre rencontre à Washington, à la Maison-Blanche, le président Trump a signé, en ma présence, un document suspendant l’application de cet amendement pour une durée d’un an.
Actuellement, cet amendement n’a plus d’effet pratique. Toutefois, sa portée symbolique et politique demeure. Je considère que plus tôt le Congrès abrogera complètement cet amendement, mieux ce sera, aussi bien pour l’Azerbaïdjan que pour le Congrès américain. Cela montrera que l’Azerbaïdjan ne fait plus l’objet de discrimination et que le Congrès assume ses responsabilités, reconnaît ses erreurs du passé et agit conformément aux réalités géopolitiques actuelles. Nous espérons que cela se produira.
Cela étant, je peux dire que sous l’administration actuelle, l’amendement 907 n’a désormais plus aucun impact négatif sur l’Azerbaïdjan. Je dirais que les relations entre l’Azerbaïdjan et l’administration Trump sont excellentes. Nous sommes très satisfaits que ces relations aient désormais atteint le niveau d’un partenariat stratégique.
Ma rencontre historique avec le président Trump en août dernier à Washington, notre réunion tenue à Davos en janvier de cette année, l’invitation adressée à l’Azerbaïdjan pour devenir membre fondateur du Conseil de la paix créé à l’initiative du président Trump, la visite du vice-président J.D. Vance en Azerbaïdjan, la signature à Bakou avec lui d’une Déclaration commune sur l’établissement d’un partenariat stratégique, ainsi que d’autres événements, montrent que nos relations ont atteint un niveau sans précédent dans leur histoire.
Nous travaillons actuellement activement à la mise en œuvre de toutes les dispositions de la Déclaration de partenariat stratégique.
À cette fin, les groupes de travail créés dans les domaines du commerce et des investissements, de la transformation numérique et de l’intelligence artificielle, de la sécurité énergétique et des connexions de transport, ainsi que de la défense et des ventes d’armes, mènent des activités très dynamiques. »
Le chef de l’État a également souligné que les États-Unis avaient levé toutes les restrictions imposées à la vente d’armes à l’Azerbaïdjan :
« Immédiatement après, le Royaume-Uni et les pays membres de l’Union européenne ont également pris une décision similaire. Je pense que tous ces éléments démontrent très clairement l’esprit, la substance et le potentiel futur de nos relations bilatérales. »