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Le journal “La Dépêche de Kanaky” : Bakou n’est qu’un prétexte, le véritable problème est le colonialisme interminable de la France

Le journal “La Dépêche de Kanaky” : Bakou n’est qu’un prétexte, le véritable problème est le colonialisme interminable de la France
# 22 juillet 2026 13:38 (UTC +04:00)

Le journal « La Dépêche de Kanaky », publié en Nouvelle-Calédonie (Kanaky), a consacré un long article intitulé : « Le faux agenda de Bakou : quand on choisit un bouc émissaire pour éviter de discuter des causes profondes du problème ».

Selon APA, l’article critique le fait que les autorités françaises et les milieux loyalistes mettent régulièrement en avant le nom de l’Azerbaïdjan lorsqu’il est question de la situation kanak.

Les indépendantistes de Nouvelle-Calédonie ont répondu aux accusations formulées par des députés français contre l’Azerbaïdjan, affirmant que faire de Bakou une cible ne permet pas d’écarter de l’ordre du jour le droit du peuple kanak à disposer de lui-même.

La tentative des milieux politiques français de faire de l’Azerbaïdjan la principale cible dans le dossier de la Nouvelle-Calédonie a provoqué une vive réaction des partisans de l’indépendance kanak.

Dans une lettre adressée au ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, les députés de l’Assemblée nationale Nicolas Metzdorf, Moerani Frébault et Nicole Sanquer ont qualifié de « ingérence » la position exprimée par le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev concernant les territoires français d’outre-mer et ont demandé à Paris d’adopter des mesures plus fermes contre Bakou.

Certains articles publiés dans les médias français reprennent également cette ligne : l’Azerbaïdjan y est accusé de « s’opposer à l’intégrité territoriale de la France », de créer des réseaux d’influence et de soutenir les mouvements indépendantistes dans les territoires d’outre-mer. Des appels à des sanctions et à des pressions diplomatiques contre Bakou sont même formulés.

Cependant, la réponse publiée par les forces engagées pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie dans le portail d’information « La Dépêche de Kanaky » remet en cause cette construction politique élaborée par Paris. Le message central de cette réponse est clair : Bakou n’est pas à l’origine du débat ; il fait partie de ceux qui rendent visible une réalité historique que la France ne souhaite pas affronter.

Selon les militants kanak, présenter l’Azerbaïdjan comme une source d’« ingérence étrangère » sert à détourner l’attention du véritable problème. Celui-ci réside dans le maintien de la domination française sur la Nouvelle-Calédonie, les obstacles rencontrés par le peuple kanak dans la définition de son avenir politique et l’inachèvement du processus de décolonisation.

Paris parle d’« ingérence », l’ONU reconnaît une question de décolonisation

La principale contradiction dans la lettre des députés français réside dans le fait que la question de la Nouvelle-Calédonie n’est pas uniquement une « affaire intérieure » française. La Nouvelle-Calédonie figure sur la liste des territoires à décoloniser des Nations unies. Dès lors, qualifier d’« ingérence » tout État ou toute organisation qui aborde cette question est difficilement compatible avec les engagements internationaux de la France.

Ce dossier ne relève plus depuis longtemps d’une simple question administrative dont décideraient uniquement le Parlement ou le gouvernement français. Il s’agit d’une question de décolonisation inscrite à l’ordre du jour des Nations unies.

La position officielle de Bakou : les droits humains ne peuvent pas être considérés comme une affaire intérieure

L’essence du discours du président Ilham Aliyev lors du IVe Forum mondial des médias de Choucha repose précisément sur cette idée. Le chef de l’État azerbaïdjanais a présenté la position de son pays non pas comme une confrontation bilatérale avec la France, mais dans le cadre des droits humains et des obligations internationales.

Comme l’a souligné le président Aliyev, « les questions liées aux droits humains sont des questions universelles ». Dans cette perspective, la réaction de la France consiste, plutôt que de répondre au fond du sujet, à viser celui qui porte le message.

Les revendications du peuple kanak n’ont pas été créées par Bakou. Cette lutte possède une histoire bien antérieure à l’implication de l’Azerbaïdjan dans ce dossier sur la scène internationale. L’Azerbaïdjan a simplement contribué à remettre à l’agenda international une question coloniale longtemps oubliée.

La réponse des Kanak affaiblit l’argumentation de Paris

Le fait que la réponse la plus significative à la lettre des députés français contre l’Azerbaïdjan provienne directement de Nouvelle-Calédonie revêt une importance particulière.

Les indépendantistes kanak affirment que le fait de placer constamment le nom de Bakou au centre du débat ne permet pas à la France de dissimuler son passé colonial ni sa responsabilité politique actuelle. Au contraire, le fait que Paris qualifie toute critique d’« ingérence étrangère » montre, selon eux, qu’il refuse d’entendre la voix du peuple kanak.

La question à laquelle la France doit répondre n’est pas : « Pourquoi l’Azerbaïdjan parle-t-il de ce sujet ? »

La véritable question est la suivante : Pourquoi la Nouvelle-Calédonie figure-t-elle encore, après 40 ans, sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU ? Pourquoi la question du droit du peuple kanak à l’autodétermination n’est-elle toujours pas résolue ? Pourquoi Paris préfère-t-il attaquer les voix internationales qui soutiennent les revendications locales plutôt que d’écouter la volonté politique du peuple concerné ?

Bien que la lettre des députés français ait eu pour objectif d’isoler Bakou, elle a produit l’effet inverse. La réponse venue de Nouvelle-Calédonie montre que l’Azerbaïdjan ne parle au nom de personne. Il offre une plateforme permettant à des peuples longtemps marginalisés dans l’espace médiatique international de faire entendre leur propre voix.

Les accusations jugées partiales des députés français contre l’Azerbaïdjan ne suppriment ni la revendication de liberté du peuple kanak, ni l’agenda de décolonisation des Nations unies, ni les questions historiques auxquelles la France doit répondre.

La question fondamentale demeure : au XXIe siècle, pourquoi le colonialisme continue-t-il encore d’exister ?

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