La Russie, l'Azerbaïdjan et l'Iran s'intéressent à la mise en place du nouveau Corridor de transport international Nord-Sud, ainsi qu'à la formation de sa branche occidentale, a déclaré le vice-Premier ministre russe, Alexeï Overtchouk dans une interview exclusive avec l'APA.
Un accès aux marchés du Sud global
Le vice-Premier ministre russe a précisé qu’il s’agissait à la fois de transport ferroviaire et routier. Chacun des trois pays fait des efforts pour mettre en œuvre ce grand projet sur son territoire : « Ce projet revêt une véritable importance mondiale. Nous vivons aujourd’hui dans un monde en mutation, où le centre de gravité économique se déplace de l’Ouest vers l’Est et le Sud. C’est pourquoi, en Russie, nous considérons le Corridor de transport international Nord-Sud comme un accès aux marchés du Sud global en plein essor pour les exportateurs russes. Bien entendu, nous sommes également intéressés par l'importation de produits de ces pays.
C’est pourquoi nous voulons que les exportateurs russes bénéficient de conditions de concurrence plus favorables pour accéder à ces marchés. L’Azerbaïdjan et l’Iran sont situés dans une zone géographique qui représente la route la plus courte vers les pays d’Asie, d’Afrique et le Golfe Persique pour nous. Nous sommes activement engagés dans la construction de ce corridor de transport. Cette rencontre, que nous avons planifiée depuis environ six mois, a enfin pu avoir lieu. »

Des efforts considérables de l’Azerbaïdjan sur la modernisation de son infrastructure ferroviaire
Alexeï Overtchouk a souligné un échange d'informations très approfondi lors de la réunion tenue le 13 octobre à Bakou avec la participation du vice-Premier ministre d’Azerbaïdjan, Chahin Moustafayev, de ministre iranienne des Routes et du Développement urbain, Farzaneh Sadegh, et des délégations dirigées par lui-même côté russe :
« Il y a eu un échange d’informations très complet. Chaque chef de délégation a présenté aux autres les initiatives mises en œuvre dans son pays respectif.
Nous avons aussi écouté les experts techniques responsables de différentes composantes du corridor Nord-Sud. Il y a des points spécifiques, nous les voyons et comprenons que des mesures appropriées doivent être prises pour atteindre les objectifs fixés par les dirigeants de nos pays.
En particulier, nous visons à transporter 15 millions de tonnes de fret via le corridor Nord-Sud d’ici 2030. C’est un objectif très sérieux, qui nécessite une préparation rigoureuse et une coordination étroite entre les trois pays.
Il faut s’assurer que l’infrastructure tout au long de cette route soit capable de gérer un tel volume de fret. Par conséquent, nous devons atteindre cet objectif commun ensemble. Nous voyons ce qui se fait en Russie, en Azerbaïdjan et en Iran.
Nous travaillons avec l’Iran à la construction d’une ligne ferroviaire de plus de 160 km entre Astara et Rasht. Nous savons aussi que certains goulots d’étranglement existent en Iran le long de cet itinéraire, et qu’ils doivent être élargis.
L’Azerbaïdjan, de son côté, déploie d’importants efforts pour moderniser son infrastructure ferroviaire afin d’atteindre cet objectif commun.
Nous avons convenu de créer des groupes de travail au niveau des vice-présidents des organismes spécialisés concernées pour coordonner ces travaux. Nous avons aussi décidé de nous réunir tous les six mois pour évaluer les progrès, identifier les problèmes et déterminer quels obstacles doivent être levés au niveau supérieur pour avancer. »

En Iran, la majorité des camions bloqués dans les embouteillages portaient des plaques russes
Overtchuk a également évoqué les efforts de l'Azerbaïdjan concernant le tronçon autoroutier du corridor de transport international Nord-Sud : « Nous voyons que l’Azerbaïdjan investit massivement dans les infrastructures routières pour assurer les meilleures conditions de transport de marchandises, depuis la frontière russe jusqu’à la frontière iranienne.
Les routes modernes, les points de passage modernes que nous voyons sont destinés à attirer davantage d’opérateurs. Du côté russe aussi, des points de passage modernes sont en construction, les infrastructures routières sont améliorées, et des routes de contournement sont aménagées autour des villes afin que le flux de marchandises n’entre pas dans les centres urbains.
Bien sûr, nous voulons également que de bonnes conditions soient créées pour nos transporteurs en Iran.
Lors de notre visite en Iran aujourd’hui, nous avons constaté que la majorité des camions bloqués dans les embouteillages portaient des plaques russes. Il est donc naturel que nous voulions que ces véhicules puissent franchir la frontière plus rapidement — tout en respectant toutes les procédures et exigences de sécurité.
Mais notre objectif est de créer les meilleures conditions pour nos transporteurs. »

Mécanismes trilatéraux
Alexeï Overtchouk a conclu en indiquant que les discussions à Bakou ont permis d’aboutir à un consensus sur la nécessité de résoudre les problèmes existants dans un format trilatéral : « Des réunions régulières seront organisées pour identifier les problèmes et trouver des solutions. Nous pensons que les rencontres trilatérales d’hier et d’aujourd’hui ont permis de poser les bases de mécanismes qui rendront possible la transformation du Corridor international Nord-Sud en un corridor de transport international efficace à l'avenir. L’objectif est d’encourager une utilisation accrue de ce corridor par les transporteurs. La Russie, l’Azerbaïdjan et l’Iran y sont tous intéressés. C’est pourquoi nous pensons que cette réunion a été très productive. »