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« J'aurais dû informer le ministère français des Affaires étrangères » – Procès de Martin Ryan et Azad Mammadli, accusés d'espionnage

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# 15 avril 2025 10:37 (UTC +04:00)

Dans le cadre d'une procédure ouverte par le Service de sécurité nationale de la République d'Azerbaïdjan, une autre audience a eu lieu concernant Martin Ryan et Azad Mammadli, accusés d'espionnage au profit de la France, rapporte l'APA.

Lors de l'audience tenue au tribunal des crimes graves de Bakou, présidé par le juge Elmin Rustamov, l'accusé Martin Ryan a répondu aux questions de son avocat.

À la question : « Quel était votre objectif en prenant contact avec des personnes se présentant comme des employés de l'ambassade de France ?», Martin Ryan a déclaré que ces contacts présentaient des aspects positifs : « Je suis un homme d'affaires. Mon travail exigeait que j'entretienne des relations avec l'ambassade. Je trouvait que c'est un cas positif. Grâce à cela, j'ai pu me constituer un vaste réseau. »

En réponse à la question de l'avocat : « Comment avez-vous compris que ces individus étaient des membres des services de renseignement ? », l'accusé a déclaré l'avoir perçu lors de sa conversation avec Frédéric Devos : « Les questions qu'il a posées ont clairement démontré qu'il était un agent de renseignement. Ensuite, les personnes qui m'ont parlé en savait. Ça se voyait des questions posées par la personne en contact avec Azad. Tout cela a également été indiqué dans les documents de l'enquête.»

À la question de la défense : « Pourquoi avez-vous poursuivi cette relation après avoir réalisé qu'il s'agissait d'agents de renseignement ? », il a répondu que son objectif principal était d'établir des relations avec des personnes représentant son propre pays.

« Si vous avez une relation personnelle avec quelqu'un, il n'y a pas nécessairement de bénéfice en jeu. Mon objectif était de nouer des amitiés et d'assurer ma propre sécurité. Pas de question de rang, de profit ou de gain financier entre nous. »

En réponse à d'autres questions, Martin Ryan a déclaré que s'il avait informé les services de renseignement azerbaïdjanais de la situation, il aurait trahi la France : « Par ailleurs, je n'avais pas suffisamment de preuves. Mais j'aurais dû informer le ministère français des Affaires étrangères. Si j'avais eu les documents en main, je ne serais pas en prison actuellement.»

Martin Ryan a ensuite répondu aux questions de l'avocat de l'autre accusé dans cette affaire, Azad Mammadli.

Il a déclaré à l'avocat avoir rencontré Azad en 2019 : « J'ai rencontré Azad en 2019 par l'intermédiaire d'un ami commun. Azad avait des connaissances spécifiques sur la Russie. C'est pourquoi il les intéressait. C'est moi qui leur ai présenté Azad. »

Plus tard, Azad Mammadli a fait une déclaration libre devant le tribunal : « Je n’ai fourni aucune information à l’ambassade de France, je n’ai fait aucune activité d’espionnage ni effectué aucune mission. Bien qu’ils aient tenté de m’impliquer, je n’ai pas répondu positivement à ces personnes. En août 2023, j’ai même parlé à Martin au téléphone. Au cours de cette conversation, je lui ai dit que j’avais rejeté l’offre. Je n’ai conclu aucun accord verbal ou écrit avec le personnel de l’ambassade. Malheureusement, Martin Ryan a fait une fausse déclaration au cours de l’enquête. Dans sa déclaration, il a affirmé que j’avais fourni des informations sur plusieurs membres du personnel de l’université où j’ai étudié en Russie à des employés de l’ambassade de France. Or, rien de tel ne s’est jamais produit.»

« J’ai fait la connaissance de l'un de mes amis à Martin. Notre rencontre a eu lieu en octobre 2023, alors que j'avais déjà dit non à l'offre de l'ambassade en février 2023. Je considérais Martin comme un ami. J’ignorais qu’il était un espion », a déclaré Azad Mammadli.

Azad a également déclaré que l'une des accusations portées contre lui concernait le futur corridor de Zenguézour : « Lors de mon arrivée à Bakou en 2023, j'ai rencontré Martin. Lors de cette rencontre, je lui ai fait part de mes opinions personnelles sur le corridor. Je lui ai dit que si le corridor était ouvert, je préférerais la présence de troupes européennes plutôt que russes.»

Dans sa déclaration libre, Azad Mammadli a dit : « Je n'ai ni demandé la citoyenneté, ni reçu de leur part cette offre. Dans cette affaire, je suis non seulement accusé, mais aussi victime. Car Martin m'a utilisé pour exécuter les missions illégales qui lui ont été confiées et il m'a piégé. Mes informations personnelles ont été obtenues sans mon autorisation.

Martin Ryan a coopéré directement avec des employés de l'ambassade. Il a également impliqué neuf citoyens azerbaïdjanais pour coopérer. Pour ce faire, il a d'abord noué des amitiés artificielles avec eux.

Je regrette de ne pas avoir informé les services de renseignement azerbaïdjanais de cette situation à temps. »

La prochaine audience a été fixée au 19 mai.

Pour rappel, les accusés ont été arrêtés le 4 décembre 2023. Le Service de sécurité nationale a accusé Martin Ryan, PDG de la [société basée à Bakou] SARL Merkorama, d'espionnage en vertu de l'article 276 du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.

Selon les accusations, Martin Ryan aurait été utilisé comme agent-espion par des agents de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) française qui l'auraient recruté pour une collaboration secrète et auraient ensuite été déclarés « persona non grata » et expulsés de Bakou. Dans la même affaire, le citoyen de la République d'Azerbaïdjan Azad Mammadli a été inculpé en vertu de l'article 274 (trahison) avec Martin Ryan. Comme on le sait, à la suite de la révélation d'un vaste réseau d'espionnage et d'échecs opérationnels, Bernard Émié, le chef de la DGSE française, a été démis de ses fonctions le 20 décembre 2023.

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