Une visite hautement symbolique. Emmanuel Macron est arrivé ce lundi 6 juillet à Damas pour une visite qui marque un tournant majeur dans les relations entre la France et la Syrie. Le président de la République est devenu le premier chef d’État de l’Union européenne à se rendre dans le pays depuis la chute de Bachar al-Assad, fin 2024, et l’arrivée au pouvoir du président de transition Ahmed al-Charaa, rapporte l'APA citant Le Figaro.
Accueilli par le ministre syrien des Affaires étrangères, Asaad al-Chibani, le chef de l’État français doit s’entretenir avec son homologue syrien afin d’évoquer la reconstruction du pays, le renforcement des relations bilatérales ainsi que les enjeux de sécurité régionale. Plusieurs protocoles d’accord devraient être signés au cours de cette visite, qui comprend également des rencontres avec des représentants de la société civile syrienne et des acteurs économiques.
Ce déplacement illustre le choix diplomatique de Paris d’accompagner la transition engagée après plus d’une décennie de guerre civile. Emmanuel Macron a entendu soutenir l’émergence d’une « Syrie souveraine, libre et plurielle », tout en appelant les nouvelles autorités à garantir les droits de l’ensemble des communautés du pays.
Cette ligne s’inscrit dans la continuité de la réception d’Ahmed al-Charaa à l’Élysée en mai 2025, où le président français avait déjà plaidé pour une normalisation progressive des relations avec Damas sous certaines conditions.
Au-delà des enjeux économiques, cette visite constitue un symbole fort du retour progressif de la Syrie sur la scène internationale. Aucun dirigeant européen ne s’était rendu à Damas depuis la chute du régime de Bachar al-Assad. Grâce à ce déplacement, Emmanuel Macron prend une initiative diplomatique majeure, tout en assumant le risque politique d’un rapprochement avec un pouvoir de transition encore observé avec prudence par une partie de la communauté internationale.
La visite intervient dans un contexte régional toujours fragile, marqué par des tensions persistantes et des défis sécuritaires. Paris affirme néanmoins vouloir jouer un rôle de premier plan dans la stabilisation du pays et son retour au sein de la communauté internationale, à condition que les nouvelles autorités poursuivent les réformes engagées et assurent une gouvernance inclusive.