La 29e session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP29) entame, ce lundi 11 novembre, ses travaux en Azerbaïdjan.
Cette décision avait été prise lors de la réunion plénière de la COP28, tenue le 11 décembre à Dubaï et avait été annoncée par le président de la COP28, ministre de l'Industrie et des Technologies avancées des Émirats arabes unis, Sultan Ahmed Al Jaber, rapporte l'APA.
À noter que le pays d’accueil de la COP est généralement choisi par rotation parmi les cinq groupes régionaux des Nations Unies (Afrique, Asie-Pacifique, Europe orientale, Amérique latine et Caraïbes, Europe occidentale et autres), les membres des groupes régionaux déterminant par la suite le pays de leur région qui proposera d’accueillir la conférence.
Chaque année, les pays qui ont adhéré à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) se réunissent pour mesurer les progrès accomplis et négocier des réponses multilatérales aux changements climatiques. Il y a actuellement 198 Parties à la Convention.
La CCNUCC a servi de base aux négociations internationales sur le climat, notamment à des accords historiques tels que le Protocole de Kyoto (1997) et l’Accord de Paris (2015).
La COP29 se tiendra du 11 au 22 novembre 2024 au Stade olympique de Bakou.
Afin de rendre le processus transparent, impartial et inclusif, la présidence de la COP29 a élaboré un plan à deux volets qui se renforce mutuellement pour accroître les ambitions et stimuler l'action.
Ayant rejoint la lutte contre le changement climatique mondial en devenant partie à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, l'Azerbaïdjan vise à réduire la quantité de gaz à effet de serre de 35 pour cent d'ici à 2030 par rapport à 1990. Après 2030, un objectif plus ambitieux a été fixé, qui consiste à réduire la quantité de gaz à effet de serre de 40 % d'ici à 2050.
À noter que le président de la République d'Azerbaïdjan Ilham Aliyev a déclaré les territoires libérés de l'occupation comme zones « d'énergie verte » et ces territoires deviendront une zone « zéro émission nette » d'ici 2050.
La Présidence de la COP-29 a annoncé une série de 14 initiatives sectorielles et thématiques pour lancer officiellement à Bakou lors de la Conférence pour accélérer l’action climat, tant par les Parties que par les acteurs non-étatiques. Ces initiatives ont été présentées en détail dans une lettre transmise aux Parties le même jour.
Parmi ces 14 initiatives figurent :
▪ le fonds d’action pour le financement climat (Climate Finance Action Fund ou CFAC) : ce Fonds, alimenté par des contributions volontaires des Etats et entreprises productrices de combustibles fossiles, servira de catalyseur aux secteurs public et privé dans les domaines de l’atténuation, de l’adaptation, de la recherche et du développement. Le Fonds pourra également fournir un financement à des conditions très favorables et sous forme de subventions afin de faire face rapidement aux conséquences des catastrophes naturelles dans les pays en développement qui en ont besoin. Le fonds deviendra opérationnel après le premier cycle de constitution du fonds pour lequel l’objectif fixé est de lever 1 milliard de $ et d’atteindre un nombre de 10 pays qui s’engagent à en devenir actionnaires. La création de ce fonds soulève la question de savoir comment il va s’articuler avec le fonds vert pour le climat (Green Climate Fund ou GCF), fonds créé en 2009 dans le cadre de la CCNUCC (pour des éléments de contexte sur le GCF, lire notre article) ;
▪ l’initiative de Bakou pour le financement climat, l’investissement et le commerce (Baku Initiative for Climate Finance, Investment and Trade ou BICFIT) : cette initiative se concentrera sur le lien entre le financement climat, l’investissement et le commerce, avec une plateforme pour promouvoir l’investissement dans la diversification verte, soutenir l’élaboration de politiques et partager l’expertise par le dialogue ;
▪ l’engagement mondial pour le stockage de l’énergie et les réseaux énergétiques (Global Energy Storage and Grids Pledge) : cet engagement visera à multiplier par six la capacité mondiale de stockage de l’énergie par rapport aux niveaux de 2022, pour atteindre 1 500 GW d’ici 2030. Pour améliorer les réseaux énergétiques, les signataires s’engageront également à augmenter considérablement les investissements dans les réseaux électriques pour permettre d’ajouter ou de remettre en état plus de 80 millions de kilomètres d’ici à 2040 ;
▪ la déclaration sur l’hydrogène (Hydrogen Declaration) : la déclaration vise à exploiter le potentiel d’un marché mondial de l’hydrogène à zéro émission et de ses dérivés sur la base de principes directeurs et de priorités, afin de lever les obstacles réglementaires, technologiques, financiers et de normalisation ;
▪ la déclaration de la COP-29 pour la réduction des émissions de CH4 issues des déchets organiques (COP-29 Declaration on Reducing Methane from Organic Waste) : cette déclaration vise à obtenir, dans le cadre des NDC, des engagements visant le secteur de la gestion des déchets qui soient alignés sur l’objectif de +1,5°C, y compris des objectifs chiffrés de réduction du CH4 dans ce secteur ;
▪ la plateforme de Bakou pour la transparence mondiale en matière d’action climat (Baku Global Climate Transparency Platform ou BTP)
Le programme de ces journées thématiques est comme suit :
Le 14 novembre : financement, investissement et commerce,
Le 15 novembre : énergie / paix, relance,
Le 16 novembre : sciences, technologies et innovation / numérisation,
Le 18 novembre : ressources humaines / enfants et jeunesse / santé / éducation,
Le 17 novembre : journée de repos
Le 19 novembre : alimentation, agriculture et eau,
Le 20 novembre : urbanisation / transports / tourisme,
Le 21 novembre : nature et biodiversité / peuples indigènes / égalité des sexes / océans et zones côtières
Le 22 novembre : négociations finales.