Les 6 et 7 octobre, la ville de Guébélé a accueilli le 12e Sommet de l’Organisation des États turciques (OET). Cet événement de deux jours a réuni les dirigeants turcophones, constituant une plateforme importante pour définir les orientations stratégiques futures.
Sous la devise « Paix et sécurité régionales », le Sommet s’est tenu à un moment de tensions géopolitiques croissantes, illustrant la capacité des pays turcophones à adopter une position unifiée afin de contribuer à la stabilité et à la sécurité collective. Lors de la réunion, des décisions ont été prises pour approfondir la coopération dans les domaines politique, économique, des transports, de la défense et humanitaire. En particulier, la Route du Corridor médian et les questions de sécurité régionale ont été au cœur des débats.
Le Sommet de Guébélé s’est avéré marquant pour le renforcement de l’unité turque, l’accroissement de l’influence internationale de l’OET et le passage à une nouvelle phase d’intégration. Lors de son intervention, le président Ilham Aliyev a souligné que, fondée sur des valeurs communes, l’organisation est devenue un centre stratégique sur la scène mondiale grâce à sa puissance politique, économique et militaire.

« Aujourd’hui, l’Organisation des États turciques ne constitue pas seulement une plateforme de coopération, mais se forme également comme l’un des centres géopolitiques majeurs. L’accroissement de la réputation de notre Organisation au niveau international suscite la satisfaction. Nos origines historiques et ethniques communes, ainsi que nos valeurs nationales et spirituelles partagées, nous unissent comme une famille.
Notre pays a versé 2 millions de dollars américains sur le compte du Secrétariat de l’OET afin de soutenir les activités de l’Organisation.
La stabilité politique et économique intérieure, la position géostratégique importante, la démographie favorable et la jeunesse de la population, les vastes opportunités en matière de transport et de logistique, les ressources naturelles, ainsi que le potentiel croissant dans les domaines militaire et technico-militaire font de l’OET un acteur important sur la scène mondiale », a fait savoir le président Ilham Aliyev.
L’Organisation des États turciques– un centre de puissance unifié

Selon le commentateur politique Elkhan Chahinoghlou, le sommet de Guébélé a montré l’importance stratégique du rôle des États turciques comme un centre de puissance unifié pour la sécurité régionale : « Depuis la création de l’Organisation des États turciques en 2009 dans la ville de Nakhitchevan, la coopération s’est étendue dans tous les domaines. Le choix du thème principal de ce sommet, « Paix et sécurité régionales », n’est pas anodin. Ce thème a été choisi parce qu’il existe un risque que les guerres environnantes se propagent dans la région, ce qui rend nécessaire l’élargissement de la coopération des États turciques dans le domaine de la sécurité. En plus des liens politiques et économiques entre les États turcophone, des voies de coopération dans le domaine militaire et technico-militaire doivent être explorées. Cela inclut, par exemple, l’organisation d’exercices militaires conjoints et la coopération dans les domaines technico-militaires. Le président Ilham Aliyev a également souligné, lors de son intervention au sommet de l’OET, qu'il était particulièrement important que les États turciques agissent comme un centre de puissance unifié. Le président a déclaré que « le fait que les États turcs agissent comme un centre de puissance unifié est extrêmement important », que « Il est bien connu que le développement n’est pas possible sans sécurité », que « la coopération militaire et technico-militaire entre nos pays constitue l’un des facteurs les plus importants », et que « Dans le monde d’aujourd’hui, la puissance militaire constitue un facteur essentiel de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chaque pays », a conclu le commentateur.
L’hospitalité de l’Azerbaïdjan : une démonstration de pouvoir à la fois politique et symbolique

Le fait que l’Azerbaïdjan ait accueilli ce sommet a une fois de plus confirmé la position de leader du pays dans le monde turc. Le choix de la ville de Guébélé pour le sommet n’est pas non plus fortuit. Cette ville, l’un des centres culturels les plus anciens d’Azerbaïdjan, est un lieu idéal tant par son symbolisme historique et culturel que par sa situation géographique stratégique. Lors de l’accueil du sommet, le président Ilham Aliyev a tenu plusieurs rencontres bilatérales importantes. Les discussions avec le président kirghiz Sadyr Japarov, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, le président de la République turque de Chypre du Nord Ersin Tatar, le président du Conseil des sages de l'Organisation des États turciques, Binali Yildirim ainsi que le secrétaire général de l’organisation Kubanychbek Omuraliev ont créé des bases solides pour un approfondissement de la coopération au sein de l’organisation. Par ce sommet, l’Azerbaïdjan s’est présenté non seulement comme hôte, mais aussi comme acteur initiateur et orientateur. Les interventions et propositions d’Ilham Aliyev sont devenues l’un des éléments clés déterminant le contenu de la future coopération politique et économique dans le monde turc.
Le président Ilham Aliyev unit également les États turciques autour du Karabakh
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Le président Ilham Aliyev, par ses initiatives stratégiques, unit les pays membres et observateurs de l’Organisation des États turciques (OET) autour d’une volonté politique commune et d’objectifs partagés au Karabakh, posant ainsi les bases d’une nouvelle étape historique. Aujourd’hui, le Karabakh est devenu un symbole vivant de la solidarité, de l’unité politique et de l’intégration stratégique dans le monde turc.
La Türkiye participe activement à la reconstruction de la région immédiatement après la libération du Karabakh. La construction de l’aéroport international de Fuzouli est devenue un symbole de la force conjointe des deux pays frères. De plus, les entreprises turques sont très impliquées en tant que contractantes dans la restauration des infrastructures routières, hydrauliques et énergétiques dans les territoires libérés.
Ces initiatives servent également d’exemple pour les autres États turcophones. En 2023, l’Ouzbékistan a construit à Fuzouli une école de 960 élèves nommée d’après Mirza Ulughbek, inaugurée en présence des chefs d’État. En 2024, le Kazakhstan a mis en service à Fuzouli le centre de créativité pour enfants « Kurmangazy », tandis que le Kirghizistan a construit une école de 528 élèves dans le village de Khydyrly à Agdam. La Hongrie, État observateur de l’OET, participe à la restauration du village de Soltanli dans la région de Djabraïl. Dans le cadre du sommet de Guébélé, il a été annoncé que le Turkménistan construira une mosquée à Fuzouli, dont la cérémonie de pose de la première pierre s’est tenue en ligne.
Tous ces projets portent la solidarité des États turcophones au Karabakh à un niveau pratique, illustrent la force de l’unité politique par des résultats concrets et renforcent les bases d’une nouvelle réalité géopolitique dans la région.
Corridor médian et corridor de Zenguézour : piliers de l’intégration eurasiatique

L’un des axes stratégiques majeurs du sommet a été la Route de transport internationale transcaspienne – le « Corridor médian ». Cet itinéraire constitue la voie de transit la plus courte et la plus fiable reliant l’Europe à l’Asie.
Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères d’Azerbaïdjan, Djeyhoun Baïramov, a souligné que la position géographique des États turcophones fait du « Corridor médian » un pont naturel. Grâce à cette route, non seulement le transit des marchandises sera accéléré, mais aussi le poids économique de la région augmentera.
Le président Ilham Aliyev, évoquant le rôle important de l’Azerbaïdjan dans le développement des liaisons de transport au sein de l’Organisation des États turciques, a déclaré que le pays est devenu un centre logistique clé de la région :
« Les liaisons de transport et de communication revêtent une importance stratégique au sein de l’Organisation des États turciques. Les travaux entrepris pour exploiter le potentiel du monde turcique dans les domaines du transport, de la communication, du transit et d’autres secteurs ont conduit à la réalisation de projets d’importance mondiale.
L’Azerbaïdjan est un participant actif des corridors de transport Est-Ouest et Nord-Sud. Notre pays joue un rôle de pont entre la Türkiye et l’Asie centrale dans les domaines géographique, économique, des transports et autres.
Depuis 2022, le transport de marchandises via le Couloir médian a augmenté d’environ 90 %. Les délais de transit le long du couloir ont été considérablement réduits. La plus grande flotte commerciale de la mer Caspienne, le port de commerce international d’Alat dont la capacité atteindra 25 millions de tonnes par an dans les prochaines années, le chemin de fer Bakou-Tbilissi-Kars, 9 aéroports internationaux, la plus grande compagnie aérienne de transport de fret de la région et d’autres facteurs ont transformé l’Azerbaïdjan en l’un des centres de transport internationaux.
Dans ce cadre, l’une des autres conclusions importantes du sommet de Washington est l’ouverture du corridor de Zenguézour. Le corridor de Zenguézour revêt une importance majeure en tant que nouvelle artère de transport et second itinéraire à la fois dans le cadre du Couloir médian et du Corridor Nord-Sud. »
Sécurité et coopération militaire : vers la formation d’une puissance commune

Le deuxième axe principal du sommet concernait le renforcement de la coopération dans le domaine de la sécurité. Dans ce cadre, le président Ilham Aliyev a proposé une initiative majeure : l’organisation d’un exercice militaire conjoint des pays membres de l’Organisation des États turciques en Azerbaïdjan, en 2026
L’idée d’organiser des manœuvres militaires communes pourrait marquer le début d’une intégration pratique dans le domaine de la sécurité au sein du monde turcique. Cette initiative constitue une étape importante pour le renforcement des capacités de défense des pays membres, l’adoption de réponses coordonnées face aux menaces communes et le renforcement de la confiance politique.
Soulignant la nécessité d’organiser de tels exercices militaires conjoints dans une période où les normes et principes du droit international sont gravement violés, le président Ilham Aliyev a déclaré que la puissance militaire constitue un facteur essentiel de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chaque pays : « Il est bien connu que le développement n’est pas possible sans sécurité. Dans une période où les normes et principes du droit international sont gravement violés, la coopération militaire et technico-militaire entre nos pays constitue l’un des facteurs les plus importants. Dans ce cadre, une coopération approfondie existe avec la Türkiye, notre alliée. Rien que l’an dernier, plus de 25 exercices militaires bilatéraux et multinationaux ont été effectués conjointement avec la Türkiye. Compte tenu de la large coopération entre nos pays dans les domaines militaire, de la défense et de la sécurité, nous proposons l’organisation d’un exercice militaire conjoint des pays membres de l’Organisation des États turciques en Azerbaïdjan, en 2026. Dans le monde d’aujourd’hui, la puissance militaire constitue un facteur essentiel de l’indépendance et de l’intégrité territoriale de chaque pays. »
Le politologue Elkhan Chahinoghlou qualifie cette initiative d’exercices militaires conjoints de pas stratégique vers le renforcement de la coopération en matière de sécurité entre les États turciques : « Même si les relations économiques et commerciales entre les États turciques progressent, il est nécessaire de renforcer la coopération dans les domaines militaire et de la défense. L’Azerbaïdjan et la Türkiye souhaitent également intégrer les pays d’Asie centrale dans une alliance militaire. Cela implique l’augmentation des exercices militaires conjoints ainsi que la production conjointe d’équipements militaires. Le Kazakhstan, bien qu’il soit membre de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) avec la Russie, n’ignore pas que le Kremlin, qui a attaqué l’Ukraine, peut également représenter une menace pour lui. C’est pourquoi il est essentiel pour le Kazakhstan de renforcer sa coopération militaire avec l’Azerbaïdjan et la Türkiye. »
Le Sommet de Guébélé a donné un nouvel élan à l’unité du monde turciques
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La 12e réunion du Sommet de l’Organisation des États turciques (OET), tenue à Guébélé, peut être considérée comme le début d’une nouvelle étape dans l’intégration du monde turcique. En accueillant ce sommet, l’Azerbaïdjan a non seulement renforcé sa position de leader au sein de l’organisation, mais s’est également affirmé comme un acteur stratégique dans l’équilibre géopolitique de l’espace eurasien. Les corridors de transport, les initiatives d’intégration économique, la coopération en matière de sécurité et les projets culturels communs pourraient transformer l’OET en un centre politico-économique d’importance mondiale à l’avenir. Le sommet de Guébélé a une fois de plus démontré que l’unité des États turcophones se consolide non seulement sur la base de liens historiques et culturels, mais aussi autour d’intérêts politiques et économiques contemporains. Cette union favorise à la fois la préservation de la stabilité régionale et la formation de nouvelles réalités stratégiques sur le continent eurasiatique.
Selon le politologue, l’attitude internationale envers l’OET est double : les États-Unis et l’Union européenne soutiennent l’intégration et la considèrent utile à travers le corridor de Zenguézour et le format « 5+1 », tandis que la Russie, la Chine et l’Iran perçoivent ce processus comme une menace, même si l’unité turque ne cible aucun État en particulier et répond aux exigences du temps.
« Il existe deux approches concernant l’OET sur la scène internationale : l’une positive et l’autre négative. Les États-Unis et les pays de l’Union européenne ont une attitude favorable envers l’OET. Washington et Bruxelles considèrent l’élargissement de l’intégration entre les États turciques non pas comme une menace, mais au contraire comme bénéfique. C’est pourquoi Washington et Bruxelles souhaitent la réalisation du corridor de Zenguézour. Ce corridor est l’un des projets clés qui renforcera l’intégration entre les États turciques. Ensuite, il existe un format de coopération « 5+1 » entre l’Occident et les pays d’Asie centrale. Certes, l’une des raisons principales de ce format est la rivalité de l’Occident avec la Russie et la Chine en Asie centrale. Les pays d’Asie centrale eux-mêmes sont intéressés par la poursuite de ce format, car bien qu’ils coopèrent étroitement avec la Russie et la Chine, ils ne souhaitent pas dépendre uniquement de ces deux pays et préfèrent des directions alternatives. L’absence de dépendance de l’Asie centrale vis-à-vis de la Russie et de la Chine est aussi importante pour l’intégration turque. Trois pays s’inquiètent de cette intégration entre les États turciques : la Russie, la Chine et l’Iran. Les représentants et diplomates de ces trois pays ne font pas de déclarations ouvertes contre l’intégration turque. Cependant, Moscou, Pékin et Téhéran perçoivent cette intégration comme une menace. Pourtant, cette intégration n’est dirigée contre aucun État ou alliance. L’unité turque renforce l’intégration mutuelle et accélère le développement indépendant des États turciques. Apparemment, c’est cet aspect qui déplaît aux cercles en Russie, en Iran et en Chine. La Russie, la Chine et l’Iran, en confrontation avec l’Occident, souhaitent que les États voisins adoptent une politique similaire à la leur. Or, l’unité turque est dans un dialogue avec l’Occident. Aucun État ne pourra empêcher cette intégration, car elle est une exigence du temps », a-t-il déclaré.
L’influence internationale de l’OÉT est en hausse

Lors de son discours au sommet, le président Ilham Aliyev a souligné que l’Organisation des États turciques (OET) est aujourd’hui non seulement une plateforme de coopération, mais qu’elle s’est transformée en un centre géopolitique important dans la politique internationale. Les États observateurs de l’OET, à savoir la Hongrie, le Turkménistan et la République turque de Chypre du Nord, ont montré par leur participation active au sommet que la portée géographique et politique de l’organisation s’élargit. Le rôle actif de la Hongrie dans ce processus ouvre des perspectives intéressantes pour l’intégration des éléments culturels turcs en Europe. Parallèlement, l’organisation développe ses relations avec l’ONU, l’Organisation de la coopération islamique et les structures européennes, devenant ainsi un acteur plus visible et influent sur la scène internationale.
Selon Elxan Chahinoglou, l’intérêt pour l’OET sur la scène internationale a augmenté : « Divers États sont attirés par les ressources de la région et par les possibilités de transport de ces ressources. Les pays d’Asie centrale accèdent aux marchés mondiaux via l’Azerbaïdjan et la Türkiye. Dans l’avenir, la mise en service du corridor de Zenguézour renforcera encore le pouvoir des États turciques. C’est pourquoi la question de l’adhésion de certains États à l’OET en tant qu’observateurs est devenue d’actualité. L’intérêt pour l’organisation étant important, la création d’un format “OeT+” s’est avérée nécessaire. Des formats similaires existent également dans l’Union européenne et l’Organisation de coopération de Shanghai. Par exemple, des pays non membres de l’Union européenne sont invités aux sommets dans le cadre de l’Union politique européenne. De même, il y a des pays qui participent à l’Organisation de coopération de Shanghai en tant qu’observateurs. L’Azerbaïdjan, tout en étant membre de l’Union politique européenne, dispose aussi du statut d’observateur à l’Organisation de coopération de Shanghai. Parmi les pays souhaitant obtenir le statut d’observateur à l’OET, on peut citer l’Ukraine. Les Tatars vivant en Ukraine sont d’origine turque, ce qui explique l’intérêt de Kiev pour l’OET. En fait, la Russie est également un pays où vivent divers peuples turcs. Cependant, la guerre que la Russie mène contre l’Ukraine rend impossible la participation de ce pays à l’OET en tant qu’observateur. Le Tadjikistan, bien qu’il ne soit pas un pays turcophone, pourrait obtenir le statut d’observateur à l’OÉE. Nous savons aussi que la Mongolie et la Corée du Sud manifestent un intérêt pour l’organisation. »
Document historique – La Déclaration de Guébélé

Le point culminant du sommet a été la signature de la Déclaration de Guébélé. Ce document réaffirme la solidarité, la confiance mutuelle et l'engagement envers les principes de souveraineté et d'État dans le monde turc.
La Déclaration de Guébélé n'est pas seulement une déclaration politique, mais aussi un cadre stratégique concret pour une coopération à long terme. Par ce document, les États parties à l'OET définissent des plans d'action communs et renforcent les bases juridiques et politiques des futurs processus d'intégration.