Macron a réussi à faire de la France d’une puissance mondiale à un pays européen ordinaire - ANALYSE

Macron a réussi à faire de la France d’une puissance mondiale à un pays européen ordinaire - ANALYSE
# 24 mai 2024 12:30 (UTC +04:00)

Les événements survenus en Nouvelle-Calédonie ont remis en question le statut de la France en tant qu'État démocratique, étant défenseur des droits de l'homme, ayant un pays influent et contribuant à l'ordre mondial.

Les émeutes déclenchés après avoir accordé le droit de vote par le Parlement français aux élections locales aux citoyens français résidant en Nouvelle-Calédonie durent depuis deux semaines, alors que Paris répond par une vague de répression et de violence contre les revendications légitimes des autochtones, devenus minoritaires dans leur pays d'origine.

Au moins 6 personnes sont mortes et des centaines de personnes ont été blessées lors des plus grandes manifestations des 40 dernières années. Louis Le Franc, Haut-commissaire de la France dans cette région a déclaré qu'au moins 250 partisans de l'indépendance avaient été arrêtés.

C’est apparent que la France fait toutes les choses d’un empire néocolonial dans l’archipel. Toutes les décisions concernant la vie et l'avenir des résidents locaux sont prises dans la métropole, ils ne demandent pas l'avis des insulaires sur ces lois. Toute protestation et revendication d'indépendance des Kanaks locaux se heurte à l'instauration d'un régime d'urgence, à des arrestations massives et au déploiement de forces de police et de gendarmerie dans l'archipel.

Ainsi, la France, qui intervient dans les processus dans différentes régions du monde et exprime son opinion sous le drapeau de la démocratie, utilise la force brutale dans les régions sous son contrôle illégal et prive les habitants de leur droit de disposer de leur propre destin.

Cette politique hypocrite, l'incohérence entre les paroles et les actes, sont particulièrement évidentes à l'égard de l'Azerbaïdjan. C'est ainsi que Paris a fait preuve d'une attitude partiale et non objective à l'égard du rétablissement par l'Azerbaïdjan du contrôle frontalier et douanier sur la route de Latchine, de l'élimination définitive du régime illégal dans la région par la conduite d'une opération antiterroriste et de la restauration de l'intégrité territoriale. À ce moment-là, les Arméniens vivant au Karabagh étaient utilisés comme des outils, des spéculations et des reproches injustes étaient faites sur leurs droits et libertés. Parce que l’Azerbaïdjan a présenté aux résidents arméniens du Karabagh un plan d’intégration fondé sur le droit international et la justice, avant et après les mesures antiterroristes, contrairement à la France, soi-disant héraut des droits de l’homme.

Par contre, la France, fermant les yeux sur la réalité, tentait d'imposer des sanctions au Bakou officiel au Conseil de sécurité de l'ONU, au Parlement européen et dans d'autres enceintes internationales et d'annuler sa victoire grâce au rétablissement par l'Azerbaïdjan de son intégrité territoriale à l'intérieur des frontières reconnues par la communauté internationale.

Les événements en Nouvelle-Calédonie révèlent une fois de plus cette politique hypocrite de la France. La question se pose alors : pourquoi Paris, qui parle souvent des faux droits à l'autodétermination des résidents arméniens qui ont été relocalisés dans la région du Karabagh dans un passé récent, ne montre-t-il pas la même sensibilité à l'égard de la légitime revendication d'indépendance des autochtones en Nouvelle-Calédonie ? Pourquoi impose-t-il la répression à un peuple qu'il a conquis au milieu du 19e siècle, qui n'a pas obtenu son indépendance lorsque le système colonial s'est effondré au 20e siècle, qui est situé à 17 000 kilomètres de ses frontières naturelles et qui possède une civilisation, une race, une langue, une culture et une mentalité complètement étrange à la France ?

La France, qui regarde la réalité avec des lunettes roses, ne s’arrête pas là et tente de relier les émeutes en Nouvelle-Calédonie à des influences extérieures, à savoir l'Azerbaïdjan. Le fait que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, ait porté des accusations contre Bakou sans aucun fait ni preuve montre le mauvais état du gouvernement Macron et sa peur du Groupe d'initiative de Bakou contre le colonialisme, créé en Azerbaïdjan l'année dernière. Ici, il faut surtout noter que la communauté mondiale ne réagit pas non plus sérieusement aux accusations de la France contre l'Azerbaïdjan, comprenant ainsi l'absurdité de celles-ci.

Le président français Emmanuel Macron, qui s'est rendu ces jours-ci en Nouvelle-Calédonie, a indiqué que Paris ne ferait aucun compromis pour résoudre la crise politique et économique dans la région. Lors de rencontres avec des représentants de différentes forces politiques, il s'est contenté d'affirmer que les forces de sécurité françaises resteraient dans l'archipel jusqu'au début septembre, et qu'une certaine somme serait allouée pour l'indemnisation des dommages causés à la région.

"Il est clair qu'à l’heure actuelle, il n'existe aucune vision commune de l'avenir entre les différentes composantes politiques et sociales de la Nouvelle-Calédonie", a déclaré Macron à l'issue de sa visite de 12 heures, démontrant ainsi son échec à résoudre cette crise.

Il faut toutefois constater que les émeutes en Nouvelle-Calédonie n’étaient pas sans conséquences. Le mouvement amorcé dans l'archipel suscite de vives inquiétudes à Paris.

Lors de sa visite, Macron, contraint de s'éloigner un peu de la politique néocoloniale de la France, a annoncé le report d'un mois des changements liés à la réforme électorale, ce qui peut être considéré comme la prochaine étape pour le succès et l'indépendance future de la Nouvelle-Calédonie et les Kanaks après une longue lutte.

Même si elle a réussi à recourir à la force et à stabiliser temporairement la situation en Nouvelle-Calédonie, la France devra à l'avenir mettre pleinement en œuvre la racine du problème, c’est-à-dire les revendications légitimes du peuple kanak.

Cependant, l'hypocrisie politique et le piétinement des principes d'État de la France de Macron ne s'arrêtent pas avec les événements en Nouvelle-Calédonie, ni à l'injustice envers l'Azerbaïdjan.

Un autre exemple clair de cette hypocrisie est lié à la loi sur les « agents étrangers la France, qui critique l'adoption de lois similaires en Azerbaïdjan et en Géorgie et souhaite leur retrait, a elle-même adopté un projet de loi « sur la prévention des interventions étrangères » et a défini des conditions strictes pour l'octroi du statut d'agent étranger.

Et alors, comment la France est-elle passée d’une puissance mondiale influente à un pays dont les décisions ne sont pas prises au sérieux ? C'est bien sûr en raison de l’échec de la politique intérieure et étrangère mise en œuvre par le président français Emmanuel Macron et son gouvernement…

Si l’on considère l’histoire, nous constatons que le calibre des hommes politiques sérieux en Europe, notamment en France, diminue d’année en année. La France, qui a donné un empereur comme Napoléon, des dirigeants comme Charles De Gaulle, Jacques Chirac qui ont compris l'ordre mondial, est aujourd'hui gouvernée par Emmanuel Macron. C’est précisément à cause de sa politique chaotique et incohérente que la France a subi une défaite stratégique dans sa sphère d’influence traditionnelle – l’Afrique. Les forces anti-françaises sont arrivées au pouvoir dans les anciennes colonies françaises comme le Mali, le Burkina-Faso, le Niger, et la présence militaire et économique de Paris dans la région a pris fin. Au Moyen-Orient, notamment au Liban, la France n’a pas été un acteur important depuis longtemps.

La révélation des activités des services de renseignement français, que ce soit en Azerbaïdjan ou dans d’autres pays, est un autre indicateur de la situation dans laquelle Macron a amené son pays.

En revanche, la proposition de Macron de diriger une coalition anti-russe en Ukraine et d'envoyer des forces de l'OTAN dans la région est rejetée avec véhémence par les États membres.

Quant au Caucase du Sud, Macron, qui a mené une politique de militarisation infructueuse et de soutien unilatéral à l’Arménie, n’a pas non plus réussi ici.

Les démarches incompétentes et infructueuses du gouvernement Macron ont déjà quitté le domaine de la politique étrangère et provoqué un grave mécontentement en France.

La scandaleuse réforme des retraites, le projet de loi qui restreint les migrations et divise les opinions, et le mouvement des « gilets jaunes », qui se poursuit dans les domaines économique et social, sont précisément les produits de l'ère Macron.

La situation criminogène et la sécurité publique du pays sont également menacées. Dans une France en proie à la criminalité, on enregistre des attaques continues contre des synagogues et une série de menaces contre les maires des villes situées sur la côte de la mer Méditerranée. Enfin, l'évasion d'un dangereux criminel après l'attaque du convoi pénitentiaire et la mort de 2 employés du système pénitentiaire indiquent de graves failles de sécurité.

Dans ce contexte, le fait que 70 % des citoyens soient mécontents du régime d'Emmanuel Macron dans les derniers sondages d'opinion montre que la politique officielle de Paris, tant intérieure qu'étrangère, est dans l'impasse. La politique de Macron a amené la France, qui joue un rôle unique sur la carte du monde, au statut de pays européen ordinaire, peu pris au sérieux et doté de leviers d'influence limités. La politique de Macron, qui a amené le pays dans cette situation, ne pourra pas être sauvée même par sa favorite, la diaspora arménienne, lors des prochaines élections.

Texte traduit par l'APA

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