La troisième guerre du Karabagh est inévitable : Paris et Erevan franchissent la « ligne rouge » de l'Azerbaïdjan - ANALYSE

La troisième guerre du Karabagh est inévitable : Paris et Erevan franchissent la « ligne rouge » de l
# 22 juin 2024 17:55 (UTC +04:00)

La situation militaro-politique dans le Caucase du Sud entre dans une nouvelle phase dangereuse. La guerre patriotique de 44 jours en 2020, les combats de septembre en 2022 et l'opération antiterroriste de l'Azerbaïdjan en septembre 2023 sur son territoire souverain - au Karabagh, ont finalement conduit à l'éradication du séparatisme dans la région, au renoncement de l'Arménie aux revendications territoriales contre l'Azerbaïdjan, ainsi qu'à accroître l'espoir pour la signature d'un traité de paix qui mettrait fin au conflit entre les deux pays.

Cependant, comme auparavant, les dirigeants arméniens, n'ayant pas obtenu de résultats suite à leurs défaites successives dans les domaines militaire et diplomatique, ont commencé à adopter une approche non constructive quant aux conditions créées pour la signature d'un traité de paix.

Ce caractère non constructif avait commencé par retarder les réponses de l'Arménie aux propositions du ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères concernant la paix entre les deux pays.

Lors d'événements internationaux, des déclarations infondées ont été faites sur un prétendu « nettoyage ethnique » mené par l'Azerbaïdjan au Karabagh, des tentatives d'inclure une clause sur les droits des résidents arméniens du Karabagh dans le texte du traité de paix qui sera signé entre les deux pays, une violation flagrante de la clause sur l'ouverture du corridor de Zanguézour de l'accord trilatéral signé par les dirigeants de l'Azerbaïdjan, de l'Arménie et de la Russie.

Bien que les forces revanchardes des autorités arméniennes aient joué le rôle principal dans ces démarches, des pays extérieurs à la région y ont également contribué, en particulier la France. Portant le statut honteux d’État néocolonial même au 21e siècle, la France s’efforce de jouer son rôle de provocateur à l’échelle mondiale et dans les processus qui se déroulent dans la région du Caucase du Sud.

Sachant que l'éloignement politique de l'Arménie de la Russie offre une opportunité géopolitique d'accroître son influence dans la région, Paris a pris des mesures constantes au cours de la période écoulée pour renforcer son influence dans ce pays, militariser le Caucase du Sud et éloigner l'Arménie des négociations de paix.

Le gouvernement pro-arménien de Macron, qui s'est toujours distingué par sa position biaisée à l'égard de l'Azerbaïdjan, tente de transférer au Caucase du Sud la politique aventureuse menée dans différentes parties de la planète - Océanie, Afrique et Amérique du Sud. Pour ce faire, il utilise le gouvernement arménien comme un instrument, qui est constamment à la recherche d'un patron, le faisant préparer à une troisième guerre du Karabagh.

Et le gouvernement Pashinyan, dont la vision politique est au niveau zéro, faible et facilement manipulable, joue volontiers le rôle d'un instrument, d'un avant-poste de Paris dans le Caucase du Sud. Le fait que l'Arménie souhaite une troisième guerre du Karabagh et s'y prépare avec l'aide de la France et d'autres acteurs mondiaux est démontré par les dernières mesures prises par Erevan en matière d'expansion de l'arsenal d'armes.

Depuis 2020, l'Arménie coopère également étroitement avec l'Inde, son nouveau partenaire militaire, aussi un ami proche de la France, en achetant le système de missiles indien Akash pour une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars, les obusiers automoteurs ATAGS et MArG 155, les lance-roquettes multiples Pinaka et les missiles antichar Konkurs.

En outre, ces dernières années, la France, principal sponsor de l’escalade, a vendu à l’Arménie divers types d’armes. La France a signé un accord avec Erevan en octobre de l'année dernière sur l'acquisition de 3 radars GM200 et de 50 véhicules de combat blindés Bastion. L'accord contenait également une clause sur une livraison future de missiles sol-air MISTRAL 3.

Paris a affirmé que l'équipement militaire fourni à l'Arménie était de nature défensif et a qualifié cet accord de soutien au renforcement de la sécurité de l'Arménie. Cependant, l'accord signé par la France le 19 juin dernier sur l'acquisition de 36 canons CAESAR à l'Arménie a mis en lumière un autre mensonge de Paris et d'Erevan. Suite à cela, de manière synchrone, par pure « coïncidence », il s'est révélé qu'environ 100 personnalités françaises avaient adressé au président Emmanuel Macron une demande d'envoi des forces armées françaises en Arménie, et que la demande comprenait un appel à envoyer des soldats français en Arménie sous la forme d'un « contingent de maintien de la paix ». Evidemment, cette circulation d'informations s'est faite conformément à l'accord entre Paris et Erevan pour préparer l'arrivée des forces françaises dans le pays. Ainsi, sans tenir compte des intérêts et de la position du principal pays du Caucase du Sud – l’Azerbaïdjan – la vente de canons CAESAR à l’Arménie et la préparation ultérieure du déploiement des troupes françaises dans le gouvernement créent une menace principalement pour l'Azerbaïdjan, amenant la situation militaro-politique dans la région à la limite d'une guerre à grande échelle.

Le fait que les terres azerbaïdjanaises soient occupées depuis de nombreuses années et que le droit et les normes internationales aient été violés rend illégitimes dans ce contexte les démarches de l'Arménie vers un armement massif, en particulier l'acquisition d'armes offensives. L'agression contre l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan, contrairement à la Déclaration d'Alma-Ata, à laquelle le responsable d'Erevan fait référence aujourd'hui à plusieurs reprises, la réticence à modifier la Constitution de l'Arménie, qui fait directement référence à l'Acte d'indépendance appelant à « l'unification de l'Arménie et du Nagorny -Karabagh", donne à l'Azerbaïdjan le droit de se sentir menacé, de prendre des mesures préventives sur son territoire contre l'armement de l'Arménie.

L'Azerbaïdjan a averti à plusieurs reprises l'Arménie au plus haut niveau de refuser l'achat d'armes meurtrières et la militarisation de la région. Dans une interview accordée aux chaînes de télévision locales le 10 janvier 2024, le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a également parlé ouvertement de l'armement massif de l'Arménie et des mesures qui seraient prises en cas de menace contre l'Azerbaïdjan :

"Le processus de construction de notre armée se poursuivra. L'Arménie doit savoir que peu importe le nombre d'armes qu'elle achète, peu importe la manière dont elle est soutenue, toute source de menace contre nous sera immédiatement détruite. Je ne le cache pas pour que demain personne dira que quelque chose d'inattendu s'est produit. Que tout le monde sache que si nous découvrons une menace réelle pour nous-mêmes, et non pas ces déchets français, ni ces boîtes de conserve appelées "Bastion", alors nous prendrons immédiatement des mesures préventives pour les détruire."

Comme vous pouvez le constater, Bakou n’est pas intéressé par une escalade avec l’Arménie, il prend des mesures préventives pour éviter que cela ne se produise. Mais il est clair que le gouvernement de Nikol Pashinyan agit sous la dictée de pays tiers, en particulier de la France, empoisonnant la situation actuelle favorable à la signature d'un traité de paix et enclin aux provocations militaires.

L'Arménie et son nouveau maître, la France, ne doivent pas oublier que l'Azerbaïdjan dispose de tous les moyens militaro-techniques pour détruire et neutraliser avec précision toute cible militaire sur tout le territoire de ce pays.

L'Azerbaïdjan ne reconnaîtra jamais la possibilité de modifier l'équilibre militaire de l'Arménie et répondra de manière décisive à toutes les provocations. Le gouvernement officiel d'Erevan ne doit pas oublier ce fait, ainsi que le fait que le prochain conflit militaire pourrait déjà remettre en question l'existence de l'Arménie en tant qu'État.

Mais personne ne doit oublier que Bakou officiel ne regardera pas sereinement l’Arménie, qui veut déclencher une nouvelle guerre du Karabagh dans la région, poursuivre sa ligne de militarisation et acquérir des armes meurtrières.

Texte traduit par l'APA

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