La politique néocoloniale de la France se fissure : les manifestations en Nouvelle-Calédonie sont le début de la fin – Analyse

La politique néocoloniale de la France se fissure : les manifestations en Nouvelle-Calédonie sont le début de la fin – Analyse
# 16 mai 2024 15:43 (UTC +04:00)

En cette 24e année du 21e siècle, le monde fait face à la démonstration la plus brutale et la plus évidente de la politique néocoloniale.

La France a déployé des troupes dans l'archipel de Nouvelle-Calédonie, situé dans l'océan Pacifique, à 20 000 kilomètres de ses frontières, dans l'océan Pacifique et asservie depuis le milieu de 19e siécle. La France a pris le contrôle de tous les ports et aéroports de la région à laquelle elle a donné le statut de territoire administratif spécial, imposé un couvre-feu sur l'archipel et interdit l'accès aux réseaux sociaux.

Paris a expliqué cette démarche par la nécessité de rétablir l'ordre public en raison des émeutes massives sur l'île. Pourtant, les émeutes en Nouvelle-Calédonie ont été déclenchées par les autorités françaises elles-mêmes.

Paris décide de modifier la constitution pour contrôler la population aborigène Kanak de Nouvelle-Calédonie et l'empêcher de devenir une majorité écrasante dans l'État insulaire. Selon l'amendement, toute personne résidant en Nouvelle-Calédonie depuis plus de 10 ans peut voter aux élections locales.

Il s'agit d'une violation de l'accord signé en 1998 entre les autorités françaises et le gouvernement local de Nouvelle-Calédonie. Car selon cet accord, les résidents vivant dans l'archipel et leurs enfants étaient inscrits sur la liste électorale jusqu'à l'entrée en vigueur de l'accord.

Cet amendement donne également le droit de vote aux nouveaux résidents venus de France pour s'installer sur l'île ces dernières années et qui représentent 20 % des résidents calédoniens. En prenant cette mesure, l'officiel Paris tente d'augmenter la population française sur l'île, qui diminue chaque année, de l'utiliser comme une « cinquième colonne » et d'anéantir la volonté d'indépendance des Kanaks aborigènes.

Parce que le gouvernement Macron a intérêt à maintenir les Kanaks, qui représentent actuellement 41 % de la population de Nouvelle-Calédonie et dont le poids dans la population totale augmente d'année en année, comme minorité influente. C'est pour cette raison qu'ils sont allés changer la Constitution et recourir à la force contre les protestations légitimes des Kanaks. Les Kanaks savent qu'avec le nouveau changement, l'avenir de l'île leur sera retiré, l'électorat changera en faveur des Français, et ils protestent contre.

La mission de répression des manifestations est assurée par Louis Le Franc, haut-commissaire de France, qui joue le rôle de vice-roi dans la région et a été choisi en raison de sa haine particulière pour les Kanaks. Le meurtre d'au moins trois jeunes Kanak locaux et l'emprisonnement de centaines de Kanaks lors des manifestations à Nouméa, la capitale de la Nouvelle-Calédonie, sont une manifestation de cette haine.

Le commissaire Louis Le Franc a imputé la responsabilité des morts et des destructions survenues lors des affrontements aux aborigènes locaux. Selon lui, ceux qui sont morts lors des manifestations n'ont pas été abattus par la police, mais par les forces locales de défense civile.

Apparemment, les autorités coloniales et les forces de l’ordre locales qui leur sont subordonnées sont prêtes à recourir à toute forme de désinformation pour justifier le recours à une force disproportionnée.

Actuellement, on rapporte que l'état d'urgence a été décrété en Nouvelle-Calédonie, une vague de répression a eu lieu, des arrestations massives de Kanak ont eu lieu, 2 personnalités politiques qui réclamaient l'indépendance de l'archipel, qui étaient les dirigeants du manifestations, ont été assignés à résidence et les droits des citoyens ont été restreints.

Actuellement 1 800 policiers et gendarmes français sont stationnés dans l'archipel. Malgré les tentatives de répression des manifestations, les brutalités policières et les arrestations massives, le gouvernement Macron a alimenté la détermination des Kanaks à se battre.

On peut s'attendre à ce que les protestations en faveur de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie atteignent un niveau encore plus élevé. De nombreux pays à travers le monde, notamment l’Azerbaïdjan, surveillent de près les manifestations de ces personnes. A cet égard, il faut noter les réunions et conférences organisées à Bakou en soutien aux peuples souffrant de l'impérialisme français.

Dans le même temps, la déclaration commune publiée par le Groupe Initiative de Bakou et les 14 mouvements politiques luttant pour l'indépendance des dernières colonies françaises (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Guyane française, Martinique, Guadeloupe et Corse) revêt une importance politique significative en ce qui concerne la événements en Nouvelle-Calédonie.

Le Groupe d'Initiative de Bakou et les représentants politiques des régions victimes du colonialisme français ont exprimé leur pleine solidarité avec le peuple kanak, appelant la France à mettre fin à sa politique coloniale et à accorder au peuple kanak le droit de résoudre librement ses propres revendications.

La déclaration montre qu'avec la Nouvelle-Calédonie, les autres colonies exploitées par la France souhaitent également leur indépendance et que ce désir ne peut être réprimé par la force.

La position active et juste du gouvernement officiel de Bakou, fondée sur le droit international, face à l'effondrement de la politique néocolonialiste de la France suscite l'inquiétude à Paris. Paris ne peut pas digérer que Bakou expose sa façade raciste et néocolonialiste. Il n'y a pas d'autre nom pour les affirmations absurdes du ministre français de l'Intérieur, Gérald Darmanin, contre l'Azerbaïdjan concernant les événements de Nouvelle-Calédonie.

Le ministre, dans son entretien avec la chaîne France 2, a affirmé que l'Azerbaïdjan serait "ingérence" dans les émeutes en Nouvelle-Calédonie et que les partisans de l'indépendance de l'archipel auraient conclu un "accord" avec l'Azerbaïdjan.

Ces déclarations, formulées sans présenter aucun fait ni preuve, peuvent en réalité être interprétées comme l’expression de l’inquiétude provoquée par la France face à la vérité. Au lieu de comprendre la futilité et de piétiner les droits et les revendications des peuples autochtones, Paris cherche à détourner les protestations des résidents locaux vers des cercles extérieurs, se faisant ainsi la risée.

La réponse officielle de Bakou aux accusations sans fondement de Darmanin contient exactement cela. Au lieu d'accuser l'Azerbaïdjan de soutenir les manifestations des partisans de l'indépendance en Nouvelle-Calédonie, le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a conseillé d'attirer l'attention sur les politiques infructueuses concernant les territoires d'outre-mer qui ont provoqué de telles protestations. Darmanin a rappelé l'histoire de son pays, qui a commis des crimes contre l'humanité contre les peuples autochtones et massacré des millions de personnes innocentes dans le cadre de sa politique coloniale pendant de nombreuses années.

Ainsi, nous voyons que la politique néocoloniale de la France, poursuivie au 21e siècle, commence progressivement à s'effondrer. La réaction en chaîne qui sera déclenchée par les événements de Nouvelle-Calédonie le suggère.

Texte traduit par l'APA

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