Des mesures inadaptées, notamment des politiques agricoles erronées mises en œuvre par la France entre 1922 et 1930, ont conduit à la contamination durable des terres agricoles en Guadeloupe et en Martinique par des pesticides.
C’est ce qu’a affirmé Philippe Verdol, maître de conférences en sciences économiques (Université des Antilles – Pôle Guadeloupe), lors des tables rondes de la conférence internationale intitulée « Vers la décolonisation de la Guadeloupe : Enjeux et perspectives », qui se tient à Bakou, rapporte l'APA.
Durant son intervention, il a vivement critiqué les choix agricoles imposés par l’État français dans les territoires coloniaux, évoquant ses conséquences.
L’universitaire a notamment souligné que les autorités agricoles françaises ont favorisé l’usage de pesticides hautement toxiques sur les terres arables de Guadeloupe et de Martinique, responsables de nombreuses pathologies, dont certains cancers. Il a rappelé que les effets nocifs de ces substances persistent dans les deux territoires, avec des conséquences transgénérationnelles inquiétantes.
« Les pesticides peuvent altérer le développement cérébral. Le chlordécone, une poudre blanche utilisée notamment sur les racines des bananiers, a contaminé le ce produit », a-t-il expliqué.
Le plus préoccupant, selon lui, réside dans le manque de volonté de l’État français à agir pour en atténuer les effets. Les résidus du chlordécone pouvant subsister dans les sols jusqu’à 11 000 ans.
Il a souligné que les mesures prises par la France dans cette direction s'apparentaient à un ethnocide dissimulé.