Le 20 mai, une « opération antiterroriste » de grande envergure a été menée dans la région de Haute-Corse, sur l'île française de Corse.
Cette « opération antiterroriste » eu lieu notamment à Bastia, Pruno, Lucciana et Furiani, rapporte l'APA.
Motif officiel de l'opération : la lutte contre le FLNC
Officiellement, les répressions sont liées à des actes terroristes présumés commis par le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) en Corse fin 2023.
Il convient de noter que les explosions en Corse d'octobre 2023 se sont produites dans un contexte de manifestations contre la proposition du président français Emmanuel Macron d'accorder une large autonomie à la Corse. À l'époque, le FLNC et ses groupes affiliés avaient rejeté la proposition de Macron et lancé des actions de protestation. Selon les autorités françaises, le FLNC aurait perpétré plusieurs explosions en octobre 2023 et, le 31 décembre, posé un engin explosif dans le bâtiment administratif d'une agence d'État (DDETSPP) à Borgo, en Haute-Corse.
Déclaration du Parquet national antiterroriste
Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé que l'opération avait été menée dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par un juge d'instruction antiterroriste du tribunal judiciaire de Paris et que les personnes interpellées avaient été placées en « détention provisoire ». Il s'agirait de proches collaborateurs de Charles Pieri, connu pour être lié à des groupes luttant pour l'indépendance et la libération nationale de la Corse, et qui auraient participé à des violences « sous son influence ».
Opération antiterroriste : pourquoi deux ans plus tard ?
Ce qui est intéressant, c'est que, la France a « décidé » de lancer une « opération antiterroriste » près de deux ans après les incidents et a arrêté le 20 mai dix membres du mouvement indépendantiste en Corse.
Conférence de Rome et véritables raisons de la répression
La véritable raison pour laquelle Paris a lancé une nouvelle vague de répression est, bien sûr, différente. Ce qui a « irrité » la France, c'est la tenue à Rome, le 13 mai, d'une conférence intitulée « Identité nationale, résistance et souveraineté : Perspectives pour la Corse », co-organisé par le Groupe d'initiative de Bakou (BIG) et le mouvement Nazione de la Corse, engagé dans la lutte pour l’indépendance de la Corse.
Il convient de noter que lors de l'événement, les membres du Mouvement Nazione ont dénoncé les principaux défis auxquels fait face le peuple corse, victime des politiques coloniales françaises — notamment la politique d’assimilation ciblant l’identité nationale et la langue corse — ainsi que les discriminations économiques et sociales persistantes. Au cours de la conférence, un mémorandum de coopération a également été signé entre le Groupe d'initiative de Bakou et le Mouvement Nazione.
Deux semaines après la conférence, la France a décidé de mener une « opération antiterroriste » dans la région.
Réaction des organisations locales : « C'est de la répression »
Naturellement, ces événements ont suscité l’indignation de la communauté locale. Des organisations activement impliquées dans le mouvement d’indépendance et de libération nationale corse, telles que « Gjuventù Libera » et « Associu Sulidarità », ont condamné les arrestations comme étant de la répression et ont exprimé leur soutien aux détenus. Ces groupes ont déclaré que ces arrestations étaient motivées par des considérations politiques et visaient le mouvement d’autonomie corse.
Appel à une mobilisation de Nazione
Il est à noter que le mouvement Nazione a annoncé sur sa page Facebook officielle qu'il organiserait une manifestation devant le tribunal de Bastia le 21 mai pour protester contre l'interpellation et le transfert à Paris de ces personnes par les forces de l'ordre.