Interview accordée à l’Agence d’information APA par le ministre syrien des Travaux publics et du Logement, Mustafa Abdul Razzaq, participant à la WUF13
L’Azerbaïdjan possède aujourd’hui une expérience importante dans les domaines de la reconstruction, du développement des infrastructures et de l’urbanisme
— Monsieur le ministre, comment évaluez-vous le développement récent des relations entre l’Azerbaïdjan et la Syrie ?
— Ces dernières années, les relations entre la Syrie et l’Azerbaïdjan ont montré une dynamique positive notable dans plusieurs domaines. Ce développement se manifeste aussi bien sur le plan politique qu’humanitaire et reflète la volonté des deux parties d’élargir leur coopération et d’établir des relations plus efficaces dans la période à venir. L’Azerbaïdjan possède aujourd’hui une expérience importante dans les domaines de la reconstruction, du développement des infrastructures et de l’urbanisme, en particulier grâce aux projets réalisés au Karabakh, qui sont remarquables à cet égard. Compte tenu notamment des besoins actuels de la Syrie, cette expérience mérite d’être étudiée et mise à profit.
À mon avis, la coopération au cours de la prochaine étape devrait être orientée vers une coopération pratique et directe dans des domaines concrets tels que la construction de logements et l’urbanisme, les infrastructures et l’énergie. En parallèle, les programmes de formation, l’échange d’expériences techniques et d’ingénierie ainsi que l’application de solutions modernes dans le développement urbain sont également importants. Le Forum urbain mondial constitue quant à lui une plateforme importante de dialogue et d’échange d’expériences sur l’avenir des villes, la reconstruction et le développement durable.
La Syrie traverse une phase nécessitant la restauration de nombreux secteurs endommagés ces dernières années
— Dans le contexte du début de la phase de reconstruction et de redressement après la guerre, dans quels domaines la Syrie souhaite-t-elle élargir sa coopération avec l’Azerbaïdjan ?
— La Syrie traverse actuellement une phase nécessitant la restauration de nombreux secteurs endommagés ces dernières années. C’est pourquoi elle manifeste un intérêt pour l’élargissement de la coopération avec les pays amis dans les domaines directement liés au processus de redressement et de reconstruction. Comme je l’ai déjà mentionné, les principales directions dans lesquelles nous sommes intéressés par une coopération avec l’Azerbaïdjan concernent la restauration des infrastructures, la construction de logements et l’urbanisme, l’urbanistique et la planification urbaine, la construction de villes modernes, la gestion foncière, ainsi que les secteurs liés à l’énergie et au développement économique.
En outre, nous souhaitons bénéficier de l’expérience de l’Azerbaïdjan dans la reconstruction des territoires libérés et nous y portons un grand intérêt.
L’expérience de l’Azerbaïdjan dans la reconstruction de ces régions suscite un intérêt particulier
— Comment envisagez-vous de tirer profit des travaux de reconstruction rapides et à grande échelle menés par l’Azerbaïdjan dans les territoires libérés de l’occupation ?
— L’expérience de l’Azerbaïdjan dans la reconstruction de ces régions suscite un intérêt particulier. La rapidité du rétablissement des services, l’intégration des projets de reconstruction dans des plans de développement à long terme ainsi que l’application de technologies modernes dans la gestion et la mise en œuvre attirent particulièrement l’attention. Pour la Syrie, la reconstruction ne signifie pas seulement la construction de bâtiments, mais aussi la relance de l’économie, l’amélioration des services et la création d’un environnement plus stable pour la société.
Dans cette expérience, ce qui est remarquable n’est pas seulement l’ampleur des projets, mais également la transformation des zones endommagées en espaces urbains plus modernes, planifiés et durables. En Syrie, on considère que la reconstruction ne doit pas être réalisée uniquement selon des méthodes de construction traditionnelles, mais qu’elle doit reposer sur des principes clairs de planification.
C’est pourquoi, ces derniers temps, des travaux ont été menés dans le domaine de l’évaluation des dégâts, de l’analyse de la situation urbanistique et du développement d’outils de planification pour la phase de reconstruction. En même temps, une attention particulière est accordée au fait que tout modèle de reconstruction qui sera mis en œuvre en Syrie préserve l’identité urbaine, l’équilibre social et les aspects économiques. Dans ce processus, il existe également une volonté de tirer profit d’exemples internationaux réussis, y compris de l’expérience azerbaïdjanaise.
La Syrie apprécie hautement l’initiative de l’Azerbaïdjan
— Dans le cadre du soutien de l’Azerbaïdjan à la restauration des infrastructures éducatives en Syrie, il est prévu de construire environ 10 nouvelles écoles et de rénover en profondeur près de 100 écoles endommagées. À quel stade se trouvent actuellement ces projets ?
— Nous apprécions hautement cette initiative de la partie azerbaïdjanaise. Il s’agit d’un soutien important au secteur éducatif syrien, en particulier dans les régions ayant subi des dommages en matière d’infrastructures ces dernières années.
Un accord de partenariat stratégique a été signé entre le ministère de la Science et de l’Éducation de la République d’Azerbaïdjan et le ministère syrien de l’Éducation, avec la coopération de l’ICESCO. L’objectif est de mettre en œuvre un programme de restauration des infrastructures éducatives en Syrie. Dans le cadre de ce programme, il est prévu de restaurer un grand nombre d’écoles ainsi que de construire de nouvelles écoles et infrastructures éducatives selon un plan qui se poursuivra jusqu’en 2030. Des fonds ont également été alloués pour financer les travaux de construction, de restauration et de contrôle technique.
Actuellement, la coordination technique et les réunions entre les institutions concernées se poursuivent afin de déterminer les priorités, les zones où les projets seront réalisés et les mécanismes de mise en œuvre. La reconstruction des écoles n’est pas seulement une question liée aux services, mais concerne également le destin des générations futures et la stabilité sociale à long terme.
L’Azerbaïdjan a contribué à la réalisation des exportations de gaz vers la Syrie
— Comment évaluez-vous le soutien apporté par l’Azerbaïdjan à la Syrie dans les domaines humanitaire et énergétique, notamment concernant l’exportation de gaz ?
— Tout soutien visant à alléger le fardeau pesant sur le peuple syrien et à contribuer à la stabilité est hautement apprécié de notre part. Que ce soutien soit humanitaire, lié aux services ou au développement, il revêt une grande importance.
En particulier dans le domaine énergétique, une coopération importante a été mise en œuvre concernant l’approvisionnement de la Syrie en gaz. Ce processus s’est déroulé dans le cadre de l’aide fournie par le Qatar, et l’Azerbaïdjan a soutenu la mise en œuvre de cette question et contribué à sa réalisation. Cela démontre un bon niveau de coopération régionale entre les pays amis.
Le secteur énergétique est l’un des domaines essentiels de la phase de relance économique, car l’amélioration des services, de la production et des conditions de vie est directement liée à l’énergie. Quant à la coopération humanitaire et orientée vers le développement, elle a un impact positif sur les relations entre les peuples et constitue l’une des directions importantes des relations bilatérales.
L’accueil de la WUF13 par l’Azerbaïdjan montre le rôle croissant du pays dans le domaine de la coopération internationale
— Comment évaluez-vous l’accueil par l’Azerbaïdjan de la 13e session du Forum urbain mondial (WUF13) ? Quelle est l’importance de cet événement du point de vue de la coopération régionale et internationale ?
— L’accueil du Forum urbain mondial par l’Azerbaïdjan montre le rôle croissant du pays dans le domaine du développement urbain et de la coopération internationale. Cela revêt une importance particulière à une époque où l’intérêt mondial pour les questions liées aux villes, au logement et au développement durable ne cesse de croître.
Le forum est devenu une plateforme importante réunissant gouvernements, organisations internationales, experts et secteur privé afin de discuter des problèmes liés à l’expansion urbaine, à la reconstruction et au développement durable.
Les questions liées à la reconstruction des villes et à la relance économique doivent constituer une partie essentielle des discussions internationales sur le développement urbain. Car la reconstruction n’est pas seulement une question d’ingénierie, mais elle est également directement liée à l’économie, à la stabilité, aux services et à l’emploi.
Le forum offre également une opportunité importante d’étudier les expériences internationales dans les domaines de l’urbanisme, du logement, des villes intelligentes et des infrastructures durables, ainsi que d’établir, pour la prochaine étape, des partenariats professionnels et orientés vers le développement.