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L’ambassadeur de Belgique : l’Azerbaïdjan a joué un rôle important dans le maintien de la stabilité au Moyen-Orient -ENTRETIEN

L’ambassadeur de Belgique : l’Azerbaïdjan a joué un rôle important dans le maintien de la stabilité au Moyen-Orient -ENTRETIEN
# 14 janvier 2026 14:20 (UTC +04:00)

Entretien avec l'ambassadeur de Belgique en Azerbaïdjan, Julien de Fraipont, pour l'APA

Je pense que cette année sera positive pour le peuple azerbaïdjanais et pour la région

– Monsieur l’Ambassadeur, je pense que cette interview aidera nos lecteurs à mieux comprendre les relations existantes entre nos pays et leur potentiel futur. Comment décririez-vous les relations diplomatiques actuelles entre les deux pays ?

– Tout d’abord, je tiens également à vous remercier de venir à l’Ambassade de Belgique pour discuter de ces questions. Je vous souhaite une bonne année ! Je pense que cette année sera positive pour le peuple azerbaïdjanais et pour la région, et je suis convaincu qu’elle sera également une bonne année pour les relations bilatérales entre la Belgique et l’Azerbaïdjan. Ces dernières années, les relations Belgique-Azerbaïdjan se sont approfondies. À titre d’exemple, je peux mentionner que le dialogue politique au niveau des dirigeants et des ministres belges s’est intensifié ces dernières années. Depuis mon arrivée ici, j’ai eu l’honneur de recevoir notre Premier ministre. Il s’agissait d’une visite historique, car c’était la première visite d’un Premier ministre belge en Azerbaïdjan. Cette visite a eu lieu dans le cadre de la COP29. Parallèlement, des entreprises belges intéressées à investir ou à opérer en Azerbaïdjan ont également effectué des visites, notamment en octobre dernier, avec la venue de la principale fédération d’affaires belge. En décembre de l’année dernière, des hauts responsables des pays du Benelux – Belgique, Pays-Bas et Luxembourg – ont également visité l’Azerbaïdjan. Je pense que cela montre à la fois la nouvelle dynamique de paix dans la région et le potentiel de développement de nos relations dans de nombreux domaines.

La direction de l’Azerbaïdjan et celle de l’Arménie ont pris des mesures courageuses pour parvenir à une paix durable dans la région

– Selon vous, dans quelles directions concrètes et dans quels domaines le plus grand potentiel pour développer nos relations se trouve-t-il ?

– Je mentionnerais trois domaines principaux dans lesquels nous pourrions approfondir nos relations. Comme je l’ai souligné, le contexte régional est très important. Nous voyons qu’il y a eu de nombreuses nouveautés en termes de stabilité et de sécurité régionales, et la Belgique souhaite contribuer à ce processus. Les dirigeants de l’Azerbaïdjan et de l’Arménie ont pris des mesures courageuses pour parvenir à une paix durable dans la région. Nous considérons cela comme extrêmement important et nous ferons tout ce que nous pouvons pour soutenir cette nouvelle dynamique. C’est le premier domaine.

Le deuxième domaine concerne la coopération économique. Nous voyons que l’Azerbaïdjan prend des mesures importantes pour diversifier son économie, c’est-à-dire pour développer de nombreux secteurs économiques au-delà du secteur énergétique. Ces domaines incluent la santé, la logistique, les transports et les infrastructures. Nous constatons un intérêt sérieux de la part des entreprises belges à opérer en Azerbaïdjan dans ces secteurs.

Le dernier domaine que je souhaite mentionner est celui des contacts entre les personnes. Pour être franc, depuis mon arrivée en Azerbaïdjan, ce qui m’a le plus surpris, c’est précisément cela : le grand nombre d’Azerbaïdjanais souhaitant voyager en Belgique ou y poursuivre leurs études. J’ai même rencontré des dizaines d’Azerbaïdjanais ayant étudié dans les universités les plus prestigieuses de Belgique. Certains d’entre eux occupent aujourd’hui des postes très élevés dans des entreprises azerbaïdjanaises ainsi que dans des institutions publiques, et nous considérons cela comme une valeur à préserver et à encourager. Nous travaillons également dans ce domaine.

Nous considérons l’Azerbaïdjan comme un partenaire très important pour l’OTAN

– Monsieur l’Ambassadeur, il est bien connu que la Belgique est membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Comment ce fait influence-t-il les relations de la Belgique avec l’Azerbaïdjan ?

– Oui, la Belgique est en effet l’un des membres fondateurs à la fois de l’Union européenne et de l’OTAN. En réalité, nous considérons ces deux organisations comme très importantes dans notre politique étrangère, et elles jouent également un rôle important dans nos relations avec l’Azerbaïdjan. Nous soutenons pleinement l’agenda de renforcement des relations avec l’Union européenne et l’OTAN. Les relations avec l’Union européenne couvrent déjà un large éventail de sujets. Cela peut inclure l’énergie, le commerce et de nombreux autres domaines, et nous soutenons le développement encore plus poussé de ces relations. En fait, l’année 2026 sera très importante à cet égard, car l’Azerbaïdjan et l’Union européenne ont décidé d’engager des négociations sur le renforcement des relations et sur un nouvel accord de partenariat. La Belgique soutiendra pleinement ce processus.

Il y a également des développements positifs dans les relations avec l’OTAN. Nous considérons l’Azerbaïdjan comme un partenaire très important pour l’OTAN.

Par ailleurs, nous nous rappelons que l’Azerbaïdjan a contribué pendant de nombreuses années à certaines missions de l’OTAN, y compris la mission en Afghanistan, et nous en avons une très haute appréciation. Il existe de bonnes perspectives pour approfondir davantage les relations entre l’Azerbaïdjan et l’OTAN. Je pense que l’OTAN prévoit bientôt de nommer un représentant spécial pour le Caucase du Sud, et nous considérons cela comme une bonne opportunité pour le développement des relations.

De manière générale, nous estimons qu’il existe de nombreux domaines dans lesquels nous pouvons travailler conjointement avec l’Azerbaïdjan pour renforcer la sécurité dans la région, et je peux donner deux exemples à cet égard. L’Azerbaïdjan a adopté une position très engagée et extrêmement positive vis-à-vis de l’Ukraine, en fournissant une aide humanitaire considérable, ce qui est très important, et il a également soutenu la reconstruction des infrastructures électriques de l’Ukraine. Nous considérons cela comme très significatif.

La Belgique soutient pleinement l’Ukraine et considère la contribution apportée par l’Azerbaïdjan comme décisive. Un autre exemple est le Moyen-Orient. Cette question est d’ailleurs devenue très actuelle depuis le début de l’année, car nous suivons les événements qui se déroulent en Iran. Dans l’ensemble, l’Azerbaïdjan a joué un rôle important dans le maintien de la stabilité dans la région du Moyen-Orient. L’année dernière, nous avons été très reconnaissants envers l’Azerbaïdjan pour l’aide apportée lors du départ des citoyens belges du pays pendant le conflit en Iran. Nous considérons cela comme un exemple clair de la coopération positive et du partenariat qui peuvent être établis avec le gouvernement azerbaïdjanais sur ces questions.

Les relations énergétiques entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne ont pris un caractère plus stratégique

– Vous avez parlé de la coopération bilatérale, ainsi que des relations dans le cadre de l’OTAN et de l’Union européenne. Comment la Belgique évalue-t-elle le rôle stratégique de l’Azerbaïdjan pour l’UE en matière de connectivité et de sécurité énergétique ?

– Oui, les deux domaines que vous mentionnez sont extrêmement importants. En ce qui concerne l’énergie, les relations énergétiques entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne ont pris un caractère particulièrement stratégique, notamment après l’agression de la Russie contre l’Ukraine. Cela concerne, bien sûr, également les sources d’énergie traditionnelles. Par exemple, le corridor gazier sud, auquel certaines entreprises belges ont participé dans le développement de l’infrastructure, revêt une grande importance pour l’approvisionnement en gaz de l’Europe et pour la sécurité énergétique.

Cependant, la question ne se limite pas aux sources d’énergie traditionnelles. Je suis arrivé ici un peu avant la COP29, et cet événement a été, bien sûr, une bonne occasion de renforcer nos engagements et ambitions dans le domaine de l’énergie verte et durable, ainsi que de développer la coopération pour le développement de sources d’énergie durables. Nous avons constaté que l’Azerbaïdjan prend des mesures concrètes dans ce domaine, et nous considérons que les entreprises belges peuvent également contribuer à ces projets et y participer activement.

En ce qui concerne la connectivité, c’est également un aspect très important de nos relations. En fait, la Belgique le comprend très bien. La prospérité économique de la Belgique dépend largement de ses liens avec les pays voisins et, plus généralement, avec le reste du monde. Nous sommes un pays de taille relativement petite à moyenne, mais nous sommes fortement orientés vers le commerce et vers l’établissement de relations avec les pays voisins ainsi qu’avec une région plus large. Nous disposons de ports de classe mondiale, d’infrastructures et de réseaux commerciaux, et nous savons combien cela est important. Nous nous intéressons au développement de ces aspects dans le cadre des relations Union européenne – Azerbaïdjan.

Je suis convaincu que cela sera positif pour les relations Union européenne – Azerbaïdjan et constituera un processus bénéfique pour les deux parties, un véritable « gagnant-gagnant »

– Continuons sur le sujet de l’Union européenne. Comment la Belgique évalue-t-elle les négociations en cours entre l’Azerbaïdjan et l’Union européenne pour un nouvel accord global ?

– Nous soutenons pleinement cette ambition commune concernant la signature d’un nouvel accord de partenariat. Je considère que cela sera positif pour les relations entre l’Union européenne et l’Azerbaïdjan et qu’il s’agit d’un processus “gagnant-gagnant”, bénéfique pour les deux parties. En réalité, l’Union européenne est le plus grand partenaire commercial de l’Azerbaïdjan. Cela a été le cas pendant des années et, en même temps, l’Union européenne est devenue le plus grand investisseur étranger de l’Azerbaïdjan. C’est pourquoi le renforcement des relations dans tous les domaines est tout à fait logique. Nous voyons cela comme un développement très positif.

– Comment la Belgique voit-elle le processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie ? Quelle est la position concrète de la Belgique sur ce processus ? Quels sont les avantages et l’approche de la Belgique à ce sujet ?

– Nous avons accueilli avec satisfaction la paraphe, cet été, de l’accord de paix et de normalisation entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Je considère qu’il s’agit d’un progrès extrêmement positif. Si l’on prend également en compte le contexte géopolitique plus large, c’est un événement très important, et cela montre que les deux pays cherchent à dépasser une histoire de conflit très douloureuse pour construire quelque chose de positif et durable pour l’avenir. À mon avis, ce qui est aussi important que la signature de l’accord, c’est que les citoyens des deux pays puissent constater les bénéfices réels d’une situation de paix. Nous avons vu ces derniers mois la mise en œuvre de mesures concrètes en ce sens. Les livraisons de carburant et de céréales de l’Azerbaïdjan vers l’Arménie en sont un exemple. Nous observons également davantage de contacts au niveau de la société civile et entre les deux pays. C’est pourquoi nous sommes convaincus que la paix durable peut être construite de cette manière. En réalité, si l’on regarde l’histoire de l’Europe, ainsi que l’histoire de ma région, on voit que la paix durable entre des pays ayant parfois une longue histoire de conflit s’est souvent construite ainsi.

– Monsieur l’Ambassadeur, dans les questions précédentes, vous avez parlé de la question de la connectivité. Plus précisément, que pensez-vous des projets de connectivité régionale belges, comme l’initiative « Route de Trump » ?

– Nous estimons que la question de la connectivité est centrale et essentielle dans un accord de normalisation entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Nous saluons le rôle des États-Unis dans le développement de ce type de projets. En même temps, nous apprécions positivement la possibilité pour l’Union européenne d’apporter sa contribution à ces projets de connectivité. Comme je l’ai souligné, c’est précisément grâce à ce type d’avantages concrets que la paix peut être construite de manière durable. Nous avons une attitude positive à cet égard. Je considère que les entreprises européennes et belges peuvent participer à ce type de projets de connectivité à grande échelle. Nous avons de nombreuses entreprises intéressées dans ce domaine.

– Comment la Belgique évalue-t-elle le rôle de l’Azerbaïdjan dans le Corridor Central et les routes de connexion à l’échelle eurasienne ?

– Nous constatons que le Corridor Central devient globalement de plus en plus important et stratégiquement significatif pour l’Europe. Cela vaut également pour la Belgique. Il est devenu un outil pour le développement des itinéraires de transport, du commerce et des échanges d’infrastructures, et commence à jouer un rôle central dans des échanges régionaux plus larges. Nous voyons des opportunités pour l’Europe de participer à ce processus. En fait, l’Europe a élaboré des stratégies concrètes à cette fin. Par exemple, le programme « Global Gateway » vise à développer les corridors commerciaux et de transport reliant l’Europe à l’Asie via l’Asie centrale. Je pense que c’est un processus bénéfique à la fois pour l’Europe et pour l’Azerbaïdjan, et les entreprises belges participent activement dans cette direction. Il existe également la Stratégie de la mer Noire proposée par l’Union européenne, qui se concentre sur la manière de développer la connectivité dans la région de la mer Noire. Cette stratégie reconnaît clairement la position stratégique de l’Azerbaïdjan dans cette géographie, ce qui est extrêmement important. La Belgique investit sérieusement dans ses relations avec la région du Caucase du Sud et de l’Asie centrale. Par exemple, à la fin de l’année dernière, notre gouvernement a annoncé l’ouverture d’une nouvelle ambassade à Tachkent, en Ouzbékistan. Cela fait partie de notre vision selon laquelle cette région deviendra de plus en plus importante à l’avenir. Si l’on se réfère à il y a seulement 25 ans, la Belgique n’avait alors aucune ambassade ni dans le Caucase du Sud, ni en Asie centrale. Aujourd’hui, nous disposons de trois ambassades et à partir de l’année prochaine, nous en aurons quatre : deux dans le Caucase du Sud et bientôt deux en Asie centrale.

« Cela montre également que nous considérons cette région comme une zone stratégique, que nous y sommes présents et que nous avons l’intention d’y rester, ainsi que de développer et d’entretenir nos relations avec tous ces pays. Bien sûr, ma principale mission est de réaliser cela dans le cadre des relations avec l’Azerbaïdjan.

– Monsieur l’ambassadeur, alors que notre entretien touche à sa fin, vous êtes ici depuis un certain temps déjà. Vous avez sans doute goûté à la cuisine azerbaïdjanaise et visité de nombreux endroits…

– Oui, en effet, j’ai déjà eu l’occasion de me rendre dans de nombreuses régions de l’Azerbaïdjan. J’ai été à Gandja, à Quba, dans les zones montagneuses. Je suis même allé à Lankaran à plusieurs reprises. Si je devais mentionner une chose en particulier, c’est que lorsque l’on parle de la richesse de la cuisine azerbaïdjanaise, ce qui me vient immédiatement à l’esprit, ce sont les fruits et légumes de Lankaran. Ils sont vraiment délicieux.

– Moi aussi, je suis de Lankaran.

– Vraiment ? C’est merveilleux. Ce que j’apprécie le plus dans la cuisine azerbaïdjanaise, c’est sa diversité tout en restant simple. Se réunir avec des amis et passer du temps autour d’une belle table, je pense que c’est un langage universel que tout le monde peut comprendre et apprécier, et c’est l’une des choses qui rendent l’Azerbaïdjan si spécial.

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