Bank Of Baku

La lettre de Sarkissian à Poutine : des plaintes contre Bakou et la volonté d’un règlement de la question du Karabakh conforme aux intérêts de l’Arménie

La lettre de Sarkissian à Poutine : des plaintes contre Bakou et la volonté d’un règlement de la question du Karabakh conforme aux intérêts de l’Arménie
# 02 décembre 2025 16:40 (UTC +04:00)

Comme nous l’avons rapporté, le gouvernement arménien a publié des documents relatifs aux négociations sur l’ancien conflit du Haut-Karabakh.

Selon APA, parmi ces documents figure également la lettre que le troisième président de l’Arménie, Serge Sargsyan, a adressée à son homologue russe Vladimir Poutine en août 2016.

La lettre de Sargsyan à Poutine révèle clairement la position de l’Arménie dans le conflit du Karabakh et montre que, dans la personne du président Ilham Aliyev, Bakou défend fermement les intérêts de son pays.

Dans la lettre, la direction arménienne demande explicitement que le règlement du conflit soit assuré par la médiation de Moscou conformément aux intérêts de l’Arménie.

La lettre met en lumière de nombreux éléments révélant la stratégie manipulatrice de l’Arménie lors des négociations et est remplie de remarques exprimées sur un ton critique à l’encontre de la position juste de l’Azerbaïdjan.

L’ancien président appelle le dirigeant russe à neutraliser l’Azerbaïdjan dans le processus, voire à faire pression sur Bakou.

« L’Azerbaïdjan a même renoncé aux principes de Madrid, élaborés depuis 2007 », écrit Sargsyan.

Il affirme que les négociations étaient prétendument équilibrées et que c’est la position de l’Azerbaïdjan qui a perturbé le processus.

L’un des passages cités est le suivant : « L’Arménie avait refusé d’apporter des amendements au document de Kazan, à condition que l’Azerbaïdjan agisse de la même manière. Malheureusement, lors de la rencontre de Kazan, le président de l’Azerbaïdjan a présenté plus de dix amendements aux formulations préalablement convenues. En outre, l’Azerbaïdjan a même renoncé aux principes de Madrid depuis 2007. »

Par ce biais, la partie arménienne cherche à accuser l’Azerbaïdjan d’un manque de constructivité. Pourtant, ces documents ne pouvaient être acceptés car ils allaient à l’encontre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. La formule « d’abord les territoires, ensuite toutes les autres questions » inquiétait l’Arménie.

La lettre révèle que le principe légitime avancé par Bakou — c’est-à-dire la discussion des autres questions seulement après la restitution des districts occupés — provoquait une sérieuse inquiétude à Erevan.

Ainsi, la partie arménienne présente ce principe comme une menace : « La formule de la partie azerbaïdjanaise “d’abord les territoires, puis toutes les autres questions” est extrêmement dangereuse. Dans ce cas, l’Arménie et le Haut-Karabakh deviendraient les otages du processus. »

Cette citation montre que l’Arménie redoutait même une levée progressive de l’occupation : « Bakou a accru les tensions et a conduit à une agression militaire à grande échelle. »

Dans sa lettre, l’ancien président accuse l’Azerbaïdjan d’avoir attisé le conflit : « Bakou a sciemment intensifié les tensions et, en avril de cette année, cela a conduit à une agression militaire à grande échelle contre le Haut-Karabakh. »

Pourtant, à cette époque, la partie azerbaïdjanaise affirmait à plusieurs reprises que les tensions étaient provoquées par les actions de l’Arménie.

La lettre exprime également l’inquiétude concernant le sommet de Saint-Pétersbourg. Sargsyan écrit qu’il est profondément préoccupé par la déclaration du président Ilham Aliyev sur les résultats du sommet : « Il s’agit soit d’une provocation visant à faire échouer le processus, soit d’une tentative de formaliser une position maximaliste pour l’avenir. »

La question de la restitution de cinq districts a suscité l’alarme en Arménie. Dans la lettre, Sargsyan indique clairement que même la restitution de cinq districts détruirait leur prétendue « zone de sécurité » : « Cela signifierait une réduction significative de la “zone de sécurité” du Haut-Karabakh. La remise de territoires réels ne peut être compensée. »

Ceci constitue une nouvelle tentative d’Erevan de présenter les 30 années d’occupation comme une forme de « sécurité ».

La lettre contient également des exigences absurdes de la part de l’Arménie. Ainsi, Sargsyan demande que le district de Latchine et celui de Kalbajar ne soient pas restitués à l’Azerbaïdjan et exige ouvertement que le Haut-Karabakh maintienne son contrôle sur les territoires azerbaïdjanais : « Les districts de Kalbajar et de Latchine doivent rester sous le contrôle du Haut-Karabakh. » Ces exigences contredisent l’affirmation selon laquelle l’Arménie serait prête à un compromis.

Dans la lettre adressée à Poutine, l’ancien président exige également que le référendum soit organisé uniquement selon les conditions souhaitées par l’Arménie et formule des conditions irréalistes : « Les questions soumises au vote doivent permettre la sélection, sans aucune restriction, de tout statut souhaité. » Cela équivalait à un défi direct à l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan.

En fin de compte, la lettre dévoile l’essence de la politique du Karabakh menée par l’Arménie.

La lettre de Sargsyan à Poutine montre que l’Arménie n’a pas été sincère dans les négociations, qu’elle a adopté une position maximaliste contraire à l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, qu’elle a cherché à utiliser ouvertement la Russie comme outil de pression et qu’elle a tenté de préserver l’occupation sous couvert de « zone de sécurité », tout en cherchant à manipuler à l’avance le résultat d’un futur référendum.

Cette lettre confirme une fois de plus que l’Arménie n’a pas visé, pendant de nombreuses années, une résolution pacifique du conflit, mais l’extension la plus longue possible du statu quo de l’occupation.

La lettre constitue également un aveu clair que, tout au long des négociations, le président Ilham Aliyev n’a jamais cédé un seul pas sur les intérêts de l’Azerbaïdjan.

#
#

En transaction