La France enquête sur les causes des émeutes dans la colonie d'outre-mer, la Nouvelle-Calédonie qui ont fait neuf morts, dont deux policiers, et plus de 300 blessés.
Dans le cadre de l'enquête, l'un des accusés, l'organisateur des manifestations, Christian Tein, leader de la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), a été transféré en France.
Paris est extrêmement préoccupé par la situation en Nouvelle-Calédonie et le président Emmanuel Macron semble déterminé à restaurer l'administration française dans la région, faisant preuve d'une fermeté sans précédent.
Selon les dernières informations, on a appris qu'à part Christian Tein, six autres militants indépendantistes avaient été transférés en France pour y être jugés. Ils pourraient être accusés pour tentative de meurtre, vol en bande organisée avec arme.
L'arrestation du leader du mouvement de défense de Nouvelle-Calédonie et son transfert à Paris soulignent en effet que la manière de gouverner Paris n’a pas changé au fil des siècles. Cet événement rappelle le sort de François Toussaint-Louverture, le chef des rebelles haïtiens qui a lutté contre l'occupation coloniale française. Même si la paix fut rétablie en 1802, il fut arrêté à son domicile et emmené en France, où il mourut en 1803 au château du Fort-de-Jou. Bien que plus de 200 ans se soient écoulés depuis cet événement, la France continue d’appliquer des méthodes similaires contre les dirigeants des luttes pour la liberté dans ses colonies d’outre-mer. Cela signifie que Christian Tein risque d'être torturé loin de son pays natal, dans la métropole, d'être confronté à des accusations fabriquées de toutes pièces et de voir sa vie sérieusement menacée. Jusqu'à présent, 11 personnes ont été arrêtées.
Les avocats de Tein affirment qu'il est victime de jeux politiques. Mais le ministre de l'Intérieur, Gerald Darman, a déclaré que la Cellule de coordination des actions de terrain (CCAT), dirigé par Tein, est une structure « mafieuse ».
Dermanin, qui affirme que l'Azerbaïdjan est impliqué dans les événements de Nouvelle-Calédonie, a décidé cette fois de ne pas préciser ni étayer ses affirmations. Dans l’ensemble, les événements en Nouvelle-Calédonie indiquent qu’Emmanuel Macron recourt à des méthodes dictatoriales. Pour l’instant, il semble que les forces de l’ordre françaises poursuivront leur vague de répression jusqu’au bout. Les arrestations liées aux affrontements en Nouvelle-Calédonie pourraient aussi être l'occasion pour le président Emmanuel Macron d'accroître sa popularité. Beaucoup en France ne le considèrent pas comme un leader assez coriace.
De plus, il est accusé de ne pas avoir réussi à protéger et à maintenir l'influence de la France en Afrique. Dans ce contexte, Macron a saisi l’opportunité d’afficher son approche dure et dictatoriale en réponse aux protestations du peuple autochtone Kanak contre les changements constitutionnels en Nouvelle-Calédonie. Lors de sa visite à Grande-Terre, l'île principale de Nouvelle-Calédonie, il a affirmé qu'il n'y aurait pas de concessions et que la violence des manifestants était infondée. La France, où les droits de l'homme ont également été gravement bafoués auparavant, a intensifié la répression à l'approche des Jeux olympiques.
Il est intéressant de noter que l’Union européenne, les États-Unis et les organisations internationales de défense des droits de l’homme, qui soulignent à chaque occasion les violations des droits de l’homme dans d’autres pays et surveillent à la loupe les processus en cours, restent silencieux sur ce qui se passe.
Le silence concernant les protestations des peuples autochtones, la suppression de leurs droits à la liberté, les arrestations massives et, dans certains cas, les meurtres dans les territoires français d'outre-mer illustrent l'approche sélective de l'Occident face aux violations des droits de l'homme et montrent que leurs véritables objectifs ne donnent pas la priorité à la garantie des droits et des libertés, mais donnent plutôt la priorité aux intérêts géopolitiques avant tout, rapporte l'APA.