L’Inde continue aujourd’hui d’appliquer les lois répressives de la colonisation britannique, en les transformant en arme contre les minorités.
APA rapporte que ces propos ont été tenus par le président de la Fédération Sikh, Bual Maninder Singh, lors d’une conférence internationale consacrée à la politique répressive du gouvernement indien envers les minorités ethniques, intitulée « Racisme et violence contre les Sikhs et autres minorités nationales en Inde : réalités actuelles ».
Le représentant de la communauté sikh a déclaré que l’application actuelle en Inde des lois datant de la période coloniale britannique constitue une grave menace pour les droits humains : « L’Inde continue aujourd’hui de maintenir les lois répressives de la colonisation britannique et de les utiliser comme une arme contre les minorités. Ces lois ne servent pas la justice, elles sont utilisées pour briser la volonté politique et étouffer toute voix dissidente. »
Il a été souligné dans son intervention que ces lois, initialement imposées par les Britanniques et permettant des détentions sans procès, ont ensuite été mises à jour sous différents noms. Aujourd’hui, cette approche se poursuit à travers la « Loi sur la prévention des activités illégales » (UAPA). Selon l’orateur, cette loi est largement utilisée pour détenir sans accusation ni procès, et pour de longues périodes, des militants politiques, des journalistes et des dissidents, en particulier au Pendjab et au Cachemire.
Bual Maninder Singh a rappelé que l’article 124A du Code pénal indien — relatif à la notion de « trahison » — est directement hérité de la période britannique. Il a été adopté par l’administration coloniale en 1870 et continue aujourd’hui à être utilisé contre les minorités, en particulier les Sikhs, les musulmans et les Cachemiris. L’orateur a cité en exemple le cas de trois jeunes Sikhs accusés en vertu de cet article en 2019.
Le président de la Fédération a affirmé que ces mécanismes juridiques sont en contradiction avec les obligations internationales de l’Inde en matière de droits humains et ne sont pas compatibles avec l’image de démocratie que le pays prétend incarner.