Dans un entretien accordé à Christian Malard sur i24NEWS ce dimanche soir, Eltchin Amirbeyov, envoyé spécial du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, a détaillé les avancées majeures dans le processus de paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Le 8 août dernier, un accord de paix a été paraphé à Washington en présence du président américain Donald Trump, marquant une étape historique pour la région du Caucase après des décennies d’hostilité et de conflits sanglants.
« Cet accord représente une avancée très importante dans la normalisation des relations entre nos deux pays, » a déclaré Amirbeyov. Toutefois, il a précisé qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un parafe et non d’une signature définitive. Avant d’aller plus loin, l’Arménie devra prendre des mesures concrètes, notamment modifier sa Constitution afin de supprimer des revendications territoriales à l’encontre de l’Azerbaïdjan.
Le diplomate a également salué l’implication personnelle du président Trump, soulignant que son engagement et son poids diplomatique ont été décisifs dans l’obtention de ce résultat. Il a exprimé l’espoir que ce processus débouche sur une nouvelle ère dans le Caucase, fondée sur la coopération, la stabilité et la prospérité économique. Interrogé sur le rôle croissant de l’Azerbaïdjan en tant que médiateur, notamment entre l’Iran et Israël, Amirbeyov a expliqué que son pays mène une politique étrangère multivectorielle depuis son indépendance en 1991. « Nous entretenons des relations basées sur le respect mutuel et la souveraineté, y compris avec l’Iran et Israël, » a-t-il indiqué. L’Azerbaïdjan souhaite se positionner comme une plateforme naturelle de dialogue, favorisant la diplomatie discrète pour apaiser les tensions, y compris entre des pays aux relations historiquement hostiles, rapporte l'APA.
Concernant le conflit israélo-palestinien, il a réaffirmé que la solution à deux États reste la seule voie viable et durable pour une paix réelle, tout en reconnaissant que la guerre à Gaza rend cet objectif plus fragile et lointain. Enfin, abordant la gouvernance mondiale, Amirbeyov a souligné la nécessité d’une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, qu’il juge obsolète. Il plaide pour un élargissement de l’institution afin de mieux représenter les réalités géopolitiques actuelles et les continents aujourd’hui marginalisés. « Il faut adapter la gouvernance mondiale à notre époque, par le dialogue et non par la guerre, » a-t-il conclu, appelant à plus de coopération et moins de confrontation dans un monde en pleine recomposition.