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Des personnes ayant subi des tortures durant leur captivité pendant l’occupation arménienne témoignent devant le tribunal

Des personnes ayant subi des tortures durant leur captivité pendant l’occupation arménienne témoignent devant le tribunal
# 11 juillet 2025 13:41 (UTC +04:00)

Le procès des citoyens de la République d'Arménie, à savoir Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Babayan, Levon Mnatsakanian et d'autres, accusés de crimes contre la paix et l'humanité, de crimes de guerre, y compris la préparation et la réalisation d'une guerre d'agression, de génocide, de violations des lois et coutumes de la guerre, ainsi que d'actes de terrorisme, de financement du terrorisme, de prise et de maintien du pouvoir par la force, et de nombreux autres crimes, s’est poursuivi jeudi 10 juillet.

Lors de l’audience tenue au Tribunal militaire de Bakou dans le Complexe judiciaire de Bakou, présidée par le juge Zeynal Aghaïev et composée de Djamal Ramazanov et Anar Rzaïev (juge suppléante Gunel Samadova), des interprètes et des avocats de la défense ont été mis à la disposition des accusés.

Les personnes accusées et leurs avocats, une partie des victimes, leurs héritiers et représentants légaux, ainsi que des procureurs ont pris part à l’audience.

Le juge Zeynal Aghaïev a présenté les juges, les procureurs, les traducteurs ainsi que les autres participants aux victimes présentes pour la première au procès, en leur expliquant leurs droits et obligations légaux.

La victime Vugar Eminov a déclaré qu’en 1994, lui, blessé, avait été fait prisonnier dans le village de Gulludjéde la région d’Aghdam. Il a d’abord été transféré à Khankendi, puis à Choucha, où il a été incarcéré. Durant sa captivité, il a été soumis à d’horribles tortures, il a été battu chaque jour avec des matraques en caoutchouc et des objets métalliques, et on lui a fait subur des décharges électriques. Il a également été contraint au travail forcé dans des conditions extrêmement pénibles pendant une longue période. En réponse à une question du procureur Vussal Abdoullaïev, il a précisé que certains captifs détenus avec lui étaient morts sous l’effet des tortures subies. Il a été libéré de captivité en 1995.

La victime Teyyoub Ismaïlov a également souffert de l’agression militaire de l’Arménie contre l’Azerbaïdjan. Dans son témoignage, il a déclaré avoir été blessé et avoir perdu la santé à la suite de cette guerre. En réponse à une question de la procureure Terané Mémmédova, il a indiqué qu’à l’époque, les forces armées arméniennes avaient attaqué des zones résidentielles à l’aide d’armes de gros calibre et lourdes.

Imran Gouliyev a témoigné devant le tribunal qu’au moment de l’occupation de Khodjaly par les forces arméniennes, sa sœur Zöhré Gouliyeva avait été tuée et qu’il avait lui-même été blessé. L’ennemi ne lui avait même pas permis de récupérer le corps de sa sœur, ce n’est qu’au bout de trois jours, et avec beaucoup de difficultés, qu’il avait pu le faire. Le sort de son frère, Zakir Gouliyev, reste inconnu à ce jour.

En réponse à une question de Nessir Baïramov, chef de département au sein de la Direction de la défense de l’accusation publique du Parquet général, il a déclaré que la population civile de Khodjaly, alors assiégée, avait été soumise chaque jour à des tirs.

La victime Ramil Alekberov a raconté qu’il vivait avec sa famille dans un endroit appelé la vallée de Gala à Khodjaly. Lors du génocide de Khodjaly, dans la nuit du 25 au 26 février 1992, les forces armées arméniennes ont ouvert le feu sur des civils azerbaïdjanais, provoquant de nombreuses pertes humaines. Il a été blessé à la jambe droite et fait prisonnier avec plus de 200 autres Azerbaïdjanais. Âgé de 12 ans à l’époque, il a déclaré que 12 à 13 otages avaient été emmenés dehors et exécutés par les Arméniens. Certains captifs avaient été séparés du groupe et emmenés dans des véhicules vers une destination inconnue.

Ramin Azizov a déclaré que plusieurs membres de sa famille avaient été tués lors du génocide de Khodjaly. Âgé de 14 ans à cette époque-là, il a été blessé à diverses parties du corps à la suite de l’explosion d’une roquette de type « Alazan » tirée par les Arméniens. Il a précisé que, le 26 février, il avait été pris en otage avec d’autres Azerbaïdjanais et libéré le 3 mars. En réponse à une question de Tougaï Rahimli, assistant du Procureur général pour les missions spéciales, il a indiqué avoir été détenu pendant 26 jours. « Malgré mon jeune âge, ils m’ont torturé et battu. Je me souviens du nom de l’un des tortionnaires, un Arménien nommé Edik », a-t-il ajouté.

Lors de l’occupation de Khodjaly, la victime Mubariz Hamidov n’avait que 13 ans. Dans la nuit du 25 au 26 février 1992, il a été réveillé par des coups de feu, des explosions et des cris. Les forces armées arméniennes ont attaqué la ville, incendiant les maisons et tirant sur les habitants. Les civils, tentant de sauver leur vie, fuyaient nu-pieds et nu-tête dans la neige et le gel en direction de la forêt de Ketik. Cependant, l’ennemi ne leur a même pas permis de fuir. Il a tiré une pluie de balles tout au long du chemin. En réponse à une question du procureur Fouad Moussaïev, Mubariz Hamidov a indiqué qu’il avait réussi à s’échapper et à atteindre le village de Chelli de la région d’Aghdam. Lors de ces événements, il a perdu sa mère, son oncle et plusieurs autres membres de sa famille. Le sort de sa mère demeure inconnu à ce jour. À l’époque, ses pieds ont été gravement gelés, et les médecins ont dû lui amputer trois orteils.

Ramin Baghirov a déclaré que pendant la tragédie de Khodjaly, lui, mineur, avait été fait prisonnier avec des membres de sa famille dans un lieu appelé Dehraz. Ils avaient été détenus dans une porcherie. Le 29 février, il a été libéré de captivité avec d’autres Azerbaïdjanais. Au cours des événements de Khodjaly, ses oncles ont disparu et aucune information sur leur sort n’a été obtenue jusqu’à ce jour.

Rövchen Khoudaïarov a déclaré avoir eu 19 ans lors du génocide de Khodjaly. En raison de l’attaque, lui-même, ses frères et sœurs ainsi que d’autres membres de sa famille avaient dû fuir leur lieu de résidence. Il s’était réfugié dans la forêt avec ses proches et des villageois, et le 28 février, ils avaient été capturés par les forces armées arméniennes. Lors de leur capture, ils avaient été soumis à des tirs, causant des morts et des blessés. Khoudaïarov a lui-même été blessé à ce moment-là.

Khalig Mirzaïev a indiqué dans son témoignage qu’en août 1996, en se promenant dans la forêt près du village de Garaveliler de la région de Göygöl, il avait été capturé par les forces armées arméniennes. Il a été restitué à l’Azerbaïdjan après 45 jours de captivité.

Vaguif Namazov a déclaré dans son témoignage avoir été grièvement blessé par de multiples éclats d’obus lors du génocide de Khodjaly, et qu’environ 20 fragments étaient encore présents dans son corps à ce jour. Il a précisé que les militaires arméniens l’avaient fait prisonnier et transporté à Askéran. Le 27 février, il a été restitué à l’Azerbaïdjan.

Djeyhoun Abdulov a indiqué qu’il était né à Khodjaly et qu’il avait quitté la ville avec les membres de sa famille lors du génocide. À ce moment-là, il a été blessé et capturé avec sa mère. Il a ensuite été emmené à Khankendi, où il a été détenu en captivité pendant trois mois.

Murvet Mammadov a déclaré que sa famille faisait partie des Azerbaïdjanais expulsés de force d’Azerbaïdjan occidental. En 1988, ils s’étaient installés à Khodjaly. Lors du génocide de Khodjaly, il a été blessé et fait prisonnier avec les membres de sa famille. Son père et ses frères ont été décapités. Il a raconté qu’un garçon nommé Ahmad, originaire de Khodjaly, avait été blessé sous ses yeux par un tir d’arme à feu dans la paume de la main. En réponse à une question de l’assistant principal du Procureur général, Vussal Aliyev, il a déclaré avoir été soumis à diverses formes de torture pendant les sept jours de sa captivité. Cinq autres membres de sa famille ont également été détenus en même temps que lui et ont subi des actes de torture.

« Mon père et mes frères ont été décapités. Leurs corps n’ont toujours pas été retrouvés », a-t-il ajouté.

Il a précisé avoir été détenu en otage pendant sept jours, période durant laquelle il a subi des tortures.

Dans son témoignage, Alesguer Abbassov a indiqué avoir été blessé en 1992 lors des combats pour la défense des villages de la région de Gazakh.

Vahid Gouliyev a déclaré qu’en 1992, il avait été blessé à Qirmizibazar, fait prisonnier, puis restitué à l’Azerbaïdjan un mois et quatre jours plus tard. Il a affirmé avoir subi des tortures cruelles durant sa captivité.

Safar Sadigov a indiqué qu’il avait été blessé lors des combats pour la défense du mont Ferroukh et qu’il avait été fait prisonnier. Il a dit avoir été soumis à de sévères tortures pendant sa détention.

Mehman Youssifov, Ali Ismaïlov, Adil Youssifov et Nazim Husseynov ont déclaré avoir été blessés en 1992 lors des combats pour la défense du village de Gouchtchou Aïrym de la région de Gazakh, à la suite des tirs de l’armée arménienne.

Tahsin Hassanov et Famil Mammadov ont déclaré avoir été faits prisonniers respectivement en 1991 et en 2003 dans la région de Gazakh. Les deux ont souligné avoir subi des tortures pendant leur captivité.

Mikaïl Ibrahimov a déclaré qu’en 1992, il avait été blessé lorsque des Arméniens ont tiré sur un véhicule civil dans le village de Baladjafarli de la région de Gazakh.

Aïdyn Suleymanov a indiqué qu’en 1995, il avait été fait prisonnier en faisant paître des animaux dans le village de Kemerli de la région de Gazakh. Il a été restitué à l’Azerbaïdjan trois jours plus tard. Il a subi diverses tortures et a été battu durant cette période.

Zaour Aliyev a déclaré dans son témoignage qu’en 1992, lors de l’occupation de Choucha par les forces armées arméniennes, son père avait eu les côtes fracturées, et son oncle la mâchoire et les dents cassées. Leur maison avait été pillée, et ils avaient été emmenés à Khankendi. Son oncle avait été détenu en otage pendant 4 mois, son père pendant 5 mois. Quant à lui, il avait été détenu sur le toit d’une maison dans la cour d’un Arménien dans le district de Gafan, en Arménie. Pendant deux semaines, il a été attaché par les pieds avec une corde. Au total, il avait passé 6 mois en captivité. Il avait 9 ans au moment de sa détention.

Bechir Garaïev a déclaré qu’en 1993, il avait été fait prisonnier et détenu à la prison de Choucha, où il avait subi des tortures. Il a ajouté que les prisonniers et otages azerbaïdjanais décédés avaient été enterrés dans la cour de la prison.

Ömer Alekberov a indiqué qu’il avait été blessé le 9 novembre 2020 à Khodjavend et capturé inconscient. Il a affirmé avoir subi des tortures pendant les 34 jours de sa captivité.

Hamaïa Aliyeva a témoigné que le 8 avril 1992, lors de l’attaque contre le village d’Aghdaban de la région de Kelbedjer par les forces armées arméniennes, des habitants du village avaient été tués. Elle a précisé que son mari, Kamal Abiyev, et sa fille, Ulviyyé Abiyeva, avaient été assassinés à ce moment-là.

Vazeh Garachov a déclaré que lors de l’attaque contre Aghdaban par l’armée arménienne, sa maison, tout comme d’autres dans le village, avait été pillée.

Douman Musseyibov a déclaré que son frère avait été abattu et tué par les forces armées arméniennes, tandis que lui-même avait été blessé à Goranboy en 1992.

Yaltchin Suleymanov a témoigné qu’il avait été fait prisonnier lors des combats pour la défense d’Aghdéré en 1992, puis détenu pendant 2 ans et 11 mois à Choucha. Pendant cette période, il a subi des tortures et a été soumis au travail forcé.

Baïram Keremov a déclaré avoir été blessé le 8 novembre 2020 par des tirs des forces armées arméniennes, avant d’avoir été fait prisonnier le 11 novembre. Il a été restitué à l’Azerbaïdjan le 14 décembre. Durant sa captivité, il a subi de diverses tortures.

Elkhan Novrouzov a témoigné qu’il avait été blessé et fait prisonnier en 1992 à Kelbedjer. Il a été détenu dans la région d’Aghdéré. Pendant sa captivité, il a été battu et soumis à de nombreuses tortures, notamment l’extraction de ses dents. Elkhan Novrouzov est resté prisonnier pendant 4 ans et 1 mois, et a été libéré le 10 mai 1996.

Medjidov a dit avoir été blessé lors des combats pour la défense de la région d’Aghdam et fait prisonnier par les forces armées arméniennes. Il a été emmené à la prison de Choucha où il a été détenu pendant 2 mois et 6 jours. Pendant cette période, il a subi des tortures et a été battu avec divers instruments.

Zaour Alyiev a indiqué avoir été détenu en captivité pendant 8 mois. Pendant cette période, comme les autres prisonniers et otages, il a également été soumis à des tortures.

Les victimes ont également répondu aux questions des accusés, de leurs avocats et de leurs propres représentants.

Le tribunal a également annoncé les résultats des expertises médico-légales des victimes.

Le procès se poursuivra le 11 juillet.

Il convient de noter que 15 personnes d'origine arménienne sont accusées dans le cadre d'une affaire pénale portant sur de nombreux crimes commis au cours de la guerre d'agression menée par l'État arménien et de l’organisation criminelle susmentionnée. Cette guerre a été menée sous la direction et avec la participation directe des organismes étatiques arméniens, de leurs responsables, de leurs forces militaires et d’unités armées illégales. Elle s'est déroulée sous la gestion centralisée et le contrôle strict de l'Arménie, avec des ordres, directives et instructions donnés à la fois verbalement et par écrit, ainsi qu'un soutien matériel, technique et en personnel fourni par l'État arménien. L'affaire concerne également la création d’entités illégales sur le territoire de l'Azerbaïdjan dans le but d'agresser militairement le pays, en violation des normes du droit interne et international. Parmi les figures impliquées directement ou indirectement dans ces actes figurent Robert Kotcharian, Serge Sarkissian, Vazgen Manoukian, Vazgen Sarkissian, Samvel Babayan, Vitali Balassanian, Zori Balayan, Seyran Ohanyan, Archavir Karamian, Monte Melkonian et d'autres encore.

Il est à noter que 15 personnes, dont Araïk Haroutiounian, Arkadi Ghoukassian, Bako Sahakian, Davit Ichkhanian, David Manoukian, David Babayan, Levon Mnatsakanian, Vassili Beglaryan, Erik Ghazaryan, Davit Allahverdian, Gourgen Stepanian, Levon Balayan, Madat Babayan, Garik Martirossian et Melikset Pachayan, sont inculpées en vertu des articles 100 (planification, préparation, déclenchement et conduite d'une guerre d'agression), 102 (attaque contre des personnes ou des organisations bénéficiant d'une protection internationale), 103 (génocide), 105 (extermination de la population), 106 (réduction en esclavage), 107 (déportation ou déplacement forcé de la population), 109 (persécution), 110 (disparition forcée de personnes), 112 (privation de liberté contraire au droit international), 113 (torture), 114 (mercenariat), 115 (violation des lois et coutumes de la guerre), 116 (violation du droit international humanitaire en temps de conflit armé), 118 (pillage militaire), 120 (meurtre intentionnel), 192 (entrepreneuriat illégal), 214 (terrorisme), 214-1 (financement du terrorisme), 218 (création d'une association (organisation) criminelle), 228 (acquisition, transfert, vente, stockage, transport et possession illégaux d'armes, de leurs composants, de munitions, d'explosifs et de dispositifs), 270-1 (actes menaçant la sécurité de l'aviation), 277 (assassinat d'un fonctionnaire d'État ou d'une personnalité publique), 278 (prise et maintien du pouvoir par la force, changement forcé de la structure constitutionnelle de l'État), 279 (création d’unités et groupes armés non prévus par la loi) ainsi que d'autres articles du Code pénal de la République d'Azerbaïdjan.

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