Dans la formation de l’avenir commun du monde turc, les médias ne doivent pas être seulement des transmetteurs d’informations, mais doivent devenir des acteurs clés créant l’agenda stratégique.
Selon un rapport de l’envoyé spécial de l’APA à Ankara, ces propos ont été tenus par Javid Valiyev, membre du conseil d’administration du Centre d’Analyse des Relations Internationales, lors de son intervention au forum sur la lutte contre la désinformation des États turcs, organisé à Ankara par la Direction de la Communication de l’Administration présidentielle de la République de Turquie.
Javid Valiyev a indiqué que les discussions sur le thème « L’avenir commun du monde turc et les médias » soulèvent deux questions principales : la nature de l’avenir commun et le rôle des médias dans ce processus. Selon lui, trois sources principales orientent la notion d’avenir commun. La première source est l’idée de l’unité turque qui a commencé à se former à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, une idée essentiellement basée sur l’unité linguistique et alphabétique.
La deuxième source concerne les décisions politiques et institutionnelles adoptées par les États turcs. Dans ce contexte, le Traité de Nakhitchevan, les déclarations finales adoptées à l’issue des sommets et le Document de vision du monde turc 2040 ont été particulièrement soulignés.
La troisième source est constituée par les déclarations des chefs d’État et des ministres des affaires étrangères concernant l’avenir du monde turc.
Se référant aux opinions exprimées lors du forum, Javid Valiyev a déclaré que presque tous les représentants des pays avaient proposé la création d’une plateforme de lutte conjointe contre la désinformation. Selon lui, la formation d’une telle plateforme et la rotation de sa direction entre les pays aboutiraient finalement à une union institutionnelle.
L’expert a souligné que les facteurs unissant les États turcs ne sont pas seulement la langue, l’histoire et la culture communes, mais également un destin commun. Dans ce sens, les journalistes doivent être conscients de cette responsabilité lorsqu’ils préparent leurs informations et adopter un angle de vue unifié sur les événements.
J. Valiyev a précisé que, dans la construction de l’avenir commun du monde turc, les médias doivent adopter deux stratégies principales : la lutte contre la désinformation et la formation de l’agenda.
L’expert a également abordé les principaux risques pour cet avenir commun. Selon lui, certaines régions et certains pays étrangers présentent l’unité turque comme une menace pour eux-mêmes, et cette position est encouragée tant sur le plan politique que médiatique. En conséquence, des campagnes de désinformation ciblées sont menées contre l’idée d’unité turque.
Enfin, J. Valiyev a souligné qu’il y a 100 ans, l’idée d’unité dans le monde turc avait commencé à se former à travers les journaux et la littérature. Aujourd’hui, les journalistes turcs disposent de possibilités réelles et historiques pour compléter ce processus d’intégration inachevé. Selon lui, la politique du monde turc ne doit pas être réactive, mais stratégique, et les médias doivent devenir l’un des piliers principaux de cette stratégie.