Aujourd’hui, pour la première fois, se tient la conférence internationale intitulée “Le colonialisme belge : reconnaissance et responsabilité”, organisée par le Groupe d’Initiative de Bakou et consacrée au passé colonial de la Belgique ainsi qu’à ses lourdes conséquences actuelles.
Selon l'APA, participent à l’événement des représentants des anciennes colonies belges – la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi – ainsi que des diplomates et des responsables officiels.
Au total, des spécialistes du droit international, des historiens, des chercheurs, des acteurs de la société civile et des experts en questions de réparation venus de huit pays prennent part à la conférence.
Lors de la conférence, seront abordées les atrocités commises par la Belgique sur le continent africain, notamment dans ses anciennes colonies que sont la République démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi – telles que la politique de division ethnique, les massacres de masse et le pillage du patrimoine culturel – ainsi que les lourdes conséquences du colonialisme belge qui perdurent encore aujourd’hui. Par ailleurs, les discussions porteront sur l’exploitation continue des ressources de ces pays à la suite de la politique néocoloniale menée par la Belgique dans ses anciens territoires coloniaux, sur la question de la compensation due à ces peuples pour les dommages subis, et sur la nécessité de porter cette revendication à un niveau international afin qu’elle figure à l’ordre du jour des organisations internationales.
Il convient de noter que la veille de la conférence, le 30 octobre, les invités étrangers ont eu des échanges à l’Université d’État de Bakou avec le corps enseignant et les étudiants sur le thème “Le colonialisme belge en Afrique centrale et ses lourdes conséquences qui perdurent jusqu’à aujourd’hui”, et ont donné des conférences à cette occasion.
Rappelons que, selon un rapport préparé en 2019 par le Groupe de travail des Nations Unies sur les personnes d’ascendance africaine, durant la période coloniale belge en République démocratique du Congo (RDC), au Rwanda et au Burundi, 10 millions de personnes ont été tuées, des dizaines de milliers ont eu les mains coupées, une politique de division ethnique – devenue aujourd’hui une source de conflit – a été mise en œuvre, la population locale a été soumise au travail forcé, 20 000 enfants métis (nés de mariages mixtes) ont été enlevés, séparés de leurs communautés et soumis à une politique d’assimilation, créant ainsi les conditions propices aux génocides. Le rapport recommande à la Belgique de mettre en place une commission pour établir la vérité et les faits, d’ouvrir les archives et de verser des réparations. L’objectif de la conférence est également de faire connaître au public les vérités historiques.