Audience du vice-président de la société française SAUR
La première audience concernant Anass Derraz, citoyen français d’origine marocaine et vice-président de la société française SAUR, s’est tenue au Tribunal des crimes graves de Bakou, en Azerbaïdjan, a rapporté l’agence APA. Anass Derraz, détenu par le Service de sécurité nationale azerbaïdjanais et accusé de corruption et autres délits, était assisté d’interprètes en français et en anglais.
Au cours de l’audience présidée par le juge Farid Namazov, les informations personnelles de l’accusé ont été clarifiées : né à Casablanca, titulaire de la double nationalité française et marocaine, marié et père de deux enfants, il occupe la fonction de vice-président au sein de SAUR, une société internationale enregistrée à Dubaï.
Requête d'Anass Derraz
L’affaire pénale a ensuite été examinée. Anass Derraz a demandé le report de l’audience, sollicitant le classement de l’affaire et son renvoi à l’autorité d’enquête, évoquant la séparation prolongée d’avec ses enfants depuis onze mois et son souhait de rentrer en France. Son avocat a appuyé cette requête.
Après délibération, le tribunal a rejeté la demande et a maintenu la mesure préventive, notamment l’interdiction de quitter le territoire. La prochaine audience a été fixée au 3 juillet.
A noter que le Service de sécurité nationale a inculpé Anass Derraz sur les articles 193-1.3.2 (légalisation de biens issus de crime en grande quantité), 32.5 et 311.3.3 (corruption passive en grande quantité) du Code pénal azerbaïdjanais.
Pour rappel, l'ancien chef des services de sécurité du président français, Alexandre Benalla, et Anass Derraz, vice-président de la société française SAUR, dont le chiffre d'affaires s'élève à plusieurs milliards de dollars (qui fait l'objet d'une enquête en Azerbaïdjan), sont accusés d'avoir reçu d'importants pots-de-vin en 2018 en échange de la levée des sanctions internationales contre le milliardaire russe d'origine azerbaïdjanaise Farhad Ahmadov, et d'autres infractions pénales.
Selon des informations antérieures publiées dans les médias étrangers et locaux concernant cette affaire, des responsables français auraient exigé un pot-de-vin de Farhad Ahmadov en échange de la mainlevée de la saisie internationale de son luxueux yacht Luna et de sa protection contre les sanctions.
Selon ces informations, une partie du pot-de-vin de plusieurs millions de dollars aurait été transférée sur le compte d'Anass Derraz à la AL HILAL BANK et sur celui d'Alexandre Benalla à la « BANK OF AFRICA UNITED KINGDOM PLC ».
Anass Derraz a été placé sous contrôle judiciaire en Azerbaïdjan, avec l'interdiction de quitter le pays. Il a été adressé à INTERPOL pour placer A. Benalla sur la liste internationale des personnes recherchées.
Après une longue procédure, le Secrétariat général de l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL) a inscrit le citoyen français Alexandre Benalla sur la liste internationale des personnes recherchées avec une notice rouge en avril 2025, jugeant la recherche justifiée et a notifié tous les États membres en conséquence.
Cette décision s'appuie sur une demande légale émise en 2024 par les autorités azerbaïdjanaises, dans le cadre d'une enquête judiciaire menée par le Service de sécurité de l'État de la République d'Azerbaïdjan.
La publication par INTERPOL d'une « notice rouge » – la base juridique la plus sérieuse pour une recherche internationale – contre l'ancien chef du Service de sécurité de la présidence française, A. Benalla, indique que le Service de sécurité national détient des preuves incontestables et crédibles. Une « notice rouge » entraîne la détention de la personne dans le pays où elle est trouvée et son extradition vers le pays requérant. Il est notoire qu'A. Benalla fait actuellement l'objet d'une procédure d'extradition dans un pays tiers.