Le 16 janvier, pour la première fois en Azerbaïdjan, se tiendra une conférence internationale intitulée « Racisme et violences contre les Sikhs et les autres minorités nationales en Inde : réalités actuelles », consacrée à la politique répressive du gouvernement indien à l’égard des minorités ethniques. L’événement est organisé par le Groupe d’Initiative de Bakou.
Selon l’agence de presse APA, la conférence réunira le ministre des Droits de l’homme et des Minorités de la province du Pendjab, Ramesh Singh Arora, ainsi que d’autres responsables officiels. Y participeront également des représentants influents de la communauté sikh du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis, des directeurs de groupes de réflexion, des universitaires étrangers spécialisés dans les droits de l’homme et les minorités ethniques, ainsi que des personnes directement victimes de la politique répressive, raciste et de persécution du gouvernement indien.
Lors de la conférence, seront examinées les politiques systématiques de discrimination raciale, de violence et de répression menées par le gouvernement indien à l’encontre des Sikhs et d’autres minorités ethniques. Seront également abordées les violations flagrantes, par l’Inde, de ses obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de la Convention contre la torture, notamment dans leur application aux minorités ethniques.
Des discussions porteront sur le maintien de la situation réelle à l’ordre du jour des organisations internationales et sur l’adoption de décisions appropriées, en particulier sur la possibilité pour le Comité des droits de l’homme des Nations unies d’enquêter sur les violations des droits des minorités ethniques en Inde, sur les exécutions menées sans décisions judiciaires, ainsi que sur la documentation des violations par les rapporteurs spéciaux de l’ONU et leur soumission à un suivi international.
Le rôle des organisations non gouvernementales internationales et locales, ainsi que des milieux universitaires dans ce processus, sera également examiné, de même que l’impact potentiel de leurs rapports, avis juridiques et recommandations sur les mécanismes internationaux de prise de décision.
Il convient de noter que le sikhisme est apparu au XVe siècle et prône, dans sa doctrine, l’égalité totale entre tous les êtres humains, indépendamment de leur caste, de leur sexe ou de leur langue. Pour cette raison, il rejette catégoriquement le système traditionnel des castes hindoues. Le nombre total de Sikhs en Inde dépasse environ 25 millions. Les Sikhs sont principalement installés dans l’État du Pendjab, considéré comme la principale région agricole de l’Inde.
Selon les rapports soumis aux organisations internationales par des organisations non gouvernementales et des experts indépendants, à la suite de raids armés et de politiques répressives menés par les forces de l’ordre indiennes, 8 000 à 17 000 Sikhs ont été tués rien qu’en 1984, et plus de 50 000 membres de la communauté sikh ont fui les persécutions du gouvernement indien pour émigrer à l’étranger. Dans les années 1980 et 1990, des milliers de Sikhs du Pendjab ont été enlevés ou portés disparus, et nombre d’entre eux ont été exécutés sur la base d’accusations fabriquées, sans aucun procès judiciaire. Aujourd’hui, les militants sikhs revendiquant leurs droits sont arrêtés sous des accusations de « séparatisme » ou « d’espionnage », tandis que les descentes de police se poursuivent et s’intensifient au Pendjab. Des actes terroristes ont également été perpétrés contre des militants sikhs vivant à l’étranger ; les autorités officielles du Canada et des États-Unis ont accusé les services de renseignement indiens d’être impliqués dans ces actes.
Il est rappelé que la grande majorité des membres de la communauté sikh ayant fui l’Inde résident actuellement au Canada, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie. Ils réclament justice face aux répressions politiques qui se poursuivent encore aujourd’hui en Inde.
La communauté sikh exige du gouvernement indien la reconnaissance officielle des pogroms anti-sikhs de 1984 comme un génocide, la création d’une nouvelle commission d’enquête indépendante, la comparution des organisateurs du génocide devant la justice, l’élucidation du sort de milliers de personnes disparues de force au Pendjab dans les années 1980-1990 et la sanction des responsables, la libération des militants sikhs détenus illégalement et l’octroi à ces derniers du statut de prisonniers politiques. Elle réclame également l’élargissement de l’autonomie du Pendjab et l’interdiction de l’ingérence du gouvernement central dans sa gouvernance. En outre, elle demande la cessation des répressions transnationales contre les militants sikhs à l’étranger, y compris les assassinats et les menaces, l’autorisation d’enquêtes internationales, ainsi que des excuses officielles du gouvernement indien pour les massacres de 1984 et le versement de compensations aux victimes.