73 frappes aériennes ont été menées vendredi peu après minuit en réponse aux attaques répétées des rebelles yéménites contre des navires commerciaux croisant en mer Rouge.
Le conflit Israël-Hamas se déplace au Yémen où les États-Unis et le Royaume-Uni ont mené dans la nuit 73 frappes qui ont causé 5 morts et 6 blessés au sein des rebelles houthis. Les rebelles yéménites menacent depuis des semaines le trafic maritime international en mer Rouge en «solidarité» avec les Palestiniens de Gaza, et ont prévenu vendredi qu'ils continueraient à attaquer des navires. Paris, Moscou, Pékin et Téhéran ont réagi à ces frappes.
Une action conjointe des Etats-Unis et des britanniques
Les avions des armées de l’air américaines et britanniques sont entrés en action dans la nuit de jeudi à vendredi, aux environs de 00h30, pour frapper des cibles liées aux rebelles houthis au Yémen, ont assuré quatre responsables américains à l’agence Reuters. Des missiles de croisière Tomahawk auraient également été tirés depuis des navires et des sous-marins opérant dans la région. De fortes explosions ont notamment été rapportées dans le port d’Hodeïda et à Sanaa, la capitale.
Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, les houthistes, qui sont proches de l’Iran et contrôlent une grande partie du Yémen, multiplient les attaques en mer Rouge, près du détroit stratégique de Bab Al-Mandab séparant la péninsule arabique de l’Afrique. Ils disent cibler les navires commerciaux qu’ils soupçonnent d’être liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens de Gaza.
Joe Biden a dit que les Etats-Unis, avec d’autres pays, avaient lancé la semaine dernière un « avertissement sans équivoque » aux rebelles, et rappelé que, mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté une résolution leur demandant de cesser leurs attaques. Il a ajouté qu’il « n’hésitera pas » à « ordonner d’autres mesures » pour protéger l’Amérique et le commerce international.
Joe Biden a confirmé peu après que les États-Unis et le Royaume-Uni avaient «mené avec succès des frappes contre un certain nombre de cibles au Yémen, utilisées par les rebelles houthis pour mettre en danger la liberté de navigation» en mer Rouge, évoquant une action «défensive». Le président américain a en outre averti qu'il «n'hésiterait pas» à «ordonner d'autres mesures» si nécessaire pour protéger l'Amérique et le commerce international. Le président américain a précisé que cette opération, menée en réponse aux attaques contre des navires marchands dans cette zone cruciale pour le commerce mondial, avait bénéficié du «soutien» de l'Australie, du Bahreïn, du Canada et des Pays-Bas.
Le premier ministre britannique Rishi Sunak a de son côté évoqué des «frappes nécessaires» et «proportionnées». «Malgré les avertissements répétés de la communauté internationale, les Houthis ont continué de mener des attaques en mer Rouge, cette semaine encore contre des navires de guerre britanniques et américains. Cela ne peut pas durer (...) Nous avons donc pris des mesures limitées, nécessaires et proportionnées en état de légitime défense», a-t-il déclaré.
Cette attaque aura de «lourdes conséquences», préviennent les Houthis
Ces frappes ont visé des radars et des infrastructures de drones et de missiles, afin de réduire leurs capacités à s'attaquer aux navires marchands en mer Rouge, a souligné le ministre de la Défense américain Lloyd Austin. «Cette opération a pour but de perturber et de détériorer la capacité des Houthis à mettre en danger les marins et à menacer le commerce international dans l'un des passages maritimes les plus importants du monde», a déclaré le chef du Pentagone dans un communiqué. Un haut responsable militaire américain a ajouté, lors d'un entretien avec la presse: «Nous avons visé des capacités très précises dans des endroits très précis avec des munitions de précision», de manière à «réduire le risque de dommage collatéral» pour les civils.
Ces frappes aériennes ont été menées sur la capitale du Yémen, Sanaa, et sur d'autres villes, Hodeida et Saada, contrôlées par les rebelles, a affirmé vendredi la chaîne de télévision des Houthis, Al-Massirah. «Notre pays fait face à une attaque massive par des navires américains et britanniques, des sous-marins et des avions», a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères des Houthis, Hussein Al-Ezzi, cité par les médias des rebelles. «Les États-Unis et la Grande-Bretagne doivent se préparer à payer un prix fort et supporter les lourdes conséquences de cette agression», a-t-il menacé. «Il n'y a aucune justification à cette agression contre le Yémen, puisqu'il n'y avait pas de menace sur la navigation internationale en mer Rouge (...), et la cible était et restera les navires israéliens ou ceux se dirigeant vers les ports de la Palestine occupée», a annoncé Mohamed Abdel Salam, un porte-parole des rebelles au Yémen.
L'Arabie saoudite a dit vendredi suivre avec «inquiétude» les développements au Yémen voisin, et appelé «à la retenue». Le royaume «suit avec beaucoup d'inquiétude les opérations militaires en mer Rouge et les frappes aériennes sur un certain nombre de sites» au Yémen, a affirmé le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué, en appelant «à éviter l'escalade».