Le président français Emmanuel Macron a réuni mercredi des ministres et des experts clés pour discuter de l'Iran, notamment de son programme nucléaire, dans un contexte de tensions croissantes entre Téhéran et le président américain Donald Trump, ont indiqué trois sources diplomatiques, relate l'APA citant Reuters.
Selon la source, une telle réunion du cabinet consacrée à un sujet spécifique est rare et souligne l'inquiétude croissante des alliés européens de Washington quant à la possibilité que les États-Unis et Israël lancent des frappes aériennes sur les installations nucléaires iraniennes en l'absence d'un accord négocié rapidement sur son programme nucléaire.
Trump, qui a exhorté le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, à engager immédiatement des négociations, a menacé l'Iran dimanche de bombardements et de droits de douane secondaires s'il ne parvenait pas à un accord sur son programme nucléaire, que les pays occidentaux considèrent comme un développement d'armes, indique la même source.
Le ministre des Affaires étrangères d'Israël, adversaire direct de l'Iran, sera à Paris jeudi. Des sources diplomatiques ont indiqué que les ministres français, britannique et allemand espéraient discuter du dossier iranien avec le secrétaire d'État américain Marco Rubio lors de leur réunion ministérielle de l'OTAN à Bruxelles cette semaine.
Trump a retiré les États-Unis d'un accord de 2015 entre l'Iran et les puissances mondiales, qui imposait des limites strictes aux activités nucléaires de Téhéran en échange d'un allègement des sanctions. Il a également réimposé des sanctions américaines radicales.
Ces derniers mois, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne ont cherché à accroître la pression sur l'Iran afin de le convaincre de reprendre les discussions sur son programme nucléaire.
Elles ont mené plusieurs cycles de négociations avec l'Iran, notamment au niveau technique la semaine dernière, afin de tenter de poser les bases d'un accord.
Mais l'administration Trump a d'abord privilégié une campagne de « pression maximale », et les Européens ont trouvé la coordination compliquée, selon des diplomates.
Les puissances européennes espéraient convaincre l'Iran d'entamer des négociations sur de nouvelles restrictions à ses activités nucléaires en vue de parvenir à un accord d'ici août au plus tard.
Cela donnerait suffisamment de temps pour fixer de nouvelles limites au programme iranien et lever les sanctions avant l'expiration de l'accord de 2015 en octobre 2025.