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Plus d’une centaine d’agriculteurs en colère érigent un mur en parpaings devant l'Inrae à Paris

Plus d’une centaine d’agriculteurs en colère érigent un mur en parpaings devant l
# 28 novembre 2024 15:32 (UTC +04:00)

Plus d’une centaine d’agriculteurs ont érigé ce jeudi 28 novembre, à l’aube, un mur de parpaings pour bloquer symboliquement l’entrée de l’Inrae à Paris (l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), a constaté un journaliste de l’AFP. Ils protestent notamment contre l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur.

Encerclés par les forces de police

L’accès à la porte d’entrée du bâtiment n’est pas bloqué, avec un interstice entre le mur de parpaings et l’entrée du bâtiment. Tagué en orange sur le mur d’environ deux mètres de haut, on peut lire « INRA escrolos », tandis qu’une banderole affiche : « À vendre, ne sert plus à rien - Bail à céder - Économie réalisée : 1,1 milliard € ».

Les agriculteurs, de tous âges, sont venus en voiture et en transports en commun pour manifester. Réunis très tôt, avant 6 h, ils ont d’abord été bloqués et encerclés par les forces de l’ordre, puis, dans le calme, ont posé les parpaings devant l’Inrae pour ériger le mur. Vers 7 h 30, ils commençaient à se disperser.

En théorie, « des instituts comme l’Inrae peuvent nous donner des moyens de remplir notre fonction de producteurs », or « ce n’est plus le cas. Depuis des années, c’est la décroissance qui est organisée », a déclaré avec un haut-parleur Pascal Verrièle, secrétaire adjoint de la FDSEA Seine-et-Marne.

« On finance un institut national à un milliard d’euros par an qui ne nous rapporte que des contraintes », a renchéri Donatien Moyson, coprésident des Jeunes Agriculteurs (JA) IDF Ouest.

« On a des restrictions d’usages de certains produits sans solutions alternatives efficaces, ce qui entraîne des pertes de production », a témoigné Rémi Pierrard, producteur de betteraves et céréales installé près de Provins (Seine-et-Marne), membre du syndicat des JA.

« On nous a interdit un insecticide qui protégeait la betterave au début de sa croissance contre un puceron. Maintenant, on est obligé de traiter avec un pulvérisateur, un traitement bien moins efficace et moins respectueux de la faune auxiliaire, avec des pertes de productivité pouvant aller jusqu’à 50 % par an », a-t-il ajouté.


Lire aussi : Colère des agriculteurs : FNSEA, JA, Confédération paysanne… Qui sont les syndicats agricoles ?

La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a condamné « avec la plus grande fermeté toute atteinte aux personnes et aux biens ».

D’autres manifestations devant l’Anses et à Nice

Selon une information de franceinfo, une deuxième opération est en cours devant l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), située à Maisons-Alfort. « Stop aux surtranspositions ! Stop aux entraves ! », peut-on lire sur les banderoles des agriculteurs.

Dans les Alpes-Maritimes, les agriculteurs ont également déversé du fumier et de la laine de mouton devant les grilles de la préfecture niçoise pour manifester leur colère, selon la presse locale.

Mercredi, 28 actions ont eu lieu dans 24 départements, ont recensé les autorités, impliquant 1 600 personnes et 479 engins agricoles, dans des actions qui ont ciblé « davantage les bâtiments publics ».

L’alliance FNSEA-JA avait placé sa première semaine de mobilisation sous le signe de l’opposition au projet d’accord de libre-échange entre l’UE et des pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay). Mais, pour sa deuxième semaine d’actions coordonnées, elle vise plus particulièrement ce qu’elle considère comme des « entraves » au travail des agriculteurs, comme des préfectures, agences de l’eau ou bureaux de l’Office français de la biodiversité (OFB), rapporte l'APA.

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