Niger : des Français refoulés à leur arrivée

Niger : des Français refoulés à leur arrivée
# 21 février 2024 14:34 (UTC +04:00)

La plupart des ressortissants français qui ont voulu se rendre dans le pays ont été empêchés d’y entrer, illustrant la dégradation des relations depuis le putsch du général Abdourahamane Tiani, en juillet 2023.

La brouille diplomatique entre Paris et la junte nigérienne a gagné les aéroports. Depuis fin janvier, la plupart des ressortissants de l’Hexagone ayant tenté de se rendre au Niger avec des documents en règle ont été refoulés lors de leur arrivée à Niamey, selon plusieurs sources diplomatiques françaises et des responsables nigériens. Lundi 19 février, une Franco-Tchadienne s’est vu refuser l’entrée au Niger à sa descente de l’avion, rapporte un salarié de l’aéroport de Niamey. Fin janvier, Jean-Noël Gentile, le responsable du Programme alimentaire mondial (PAM), pourtant titulaire d’un passeport diplomatique des Nations unies, avait connu le même sort.

« Les Français et les binationaux doivent désormais avoir un laissez-passer de la part des autorités pour pouvoir venir chez nous. Sinon, on les renvoie. Ce sont les consignes qu’on nous a données », témoigne la source nigérienne, affirmant avoir assisté au refoulement de six ressortissants français ces dernières semaines.

La junte du général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis le coup d’Etat perpétré fin juillet contre le président élu, Mohamed Bazoum – toujours détenu avec son épouse –, n’a pas officiellement communiqué sur un quelconque changement de procédure d’entrée. Contacté par Le Monde, un conseiller du gouvernement nigérien reconnaît toutefois que les Français sont bien « refoulés à Niamey, sans être arrêtés ». Les rares qui ont réussi à franchir les portes de l’aéroport ces dernières semaines se sont vu confisquer leur passeport par les autorités, d’après nos informations.

Samedi 10 février, la route a été barrée à Patrick (son prénom a été changé), un Français résidant depuis plus de dix ans au Niger, titulaire d’un titre de séjour et muni d’un passeport valide, après qu’il a atterri. « L’agent a repéré que j’étais français à la couleur de mon passeport, que je tenais à la main. Il me l’a pris et est parti avec. Quand il est revenu quelques minutes plus tard, il l’a donné au commandant de bord en lui disant : “Ramenez-le d’où il vient.” Je n’ai donc pas pu débarquer et je suis reparti en Europe », raconte-t-il, rapporte l'APA.

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