Le président du Parlement géorgien accuse l'ambassadeur de France de tenter d'interférer dans les affaires intérieures de son pays.
Shalva Papuashvili, président du Parlement géorgien, a appelé tous les ambassadeurs à respecter la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et à s'abstenir de toute ingérence dans les affaires intérieures du pays qui accueille la mission diplomatique, relate l'APA citant la radiotélévision publique géorgienne.
S'adressant aux journalistes, M. Papuashvili a souligné que toute ingérence des représentants des missions diplomatiques dans les affaires intérieures d'un État constituait une violation du droit international.
« J'ai abordé ce sujet il y a quelques jours et réagi à plusieurs reprises aux déclarations et actions de l'ambassadeur de France, car nous avons constaté un soutien inhabituel aux forces radicales en Géorgie. À ce jour, malgré mes appels aux ambassades de France et des autres pays pour qu'elles condamnent et se distancient des attaques contre le Parlement lors des manifestations alimentées par ceux qu'elles financent, aucune distanciation n'a été observée.
L'attaque la plus récente a eu lieu le 31 mars, endommageant encore davantage le bâtiment. Je ne mentionnerai même pas l'incident de décembre, qui a causé des dommages d'un demi-million de lari au Parlement géorgien. Malheureusement, au lieu de se dissocier de la violence, nous y voyons un encouragement.
Nous avons pris note d'une déclaration du président américain concernant l'évolution de la situation en France, qu'il a qualifiée de « chasse aux sorcières ». En réalité, il y a tout juste quatre mois, l'ancien président français Sarkozy a été jugé et condamné à trois ans de prison, et aujourd'hui, la cheffe du principal parti d'opposition, Marine Le Pen, a été condamnée à quatre ans de prison.
Dans ce contexte, les allégations de l'ambassadeur de France concernant les pressions politiques et la censure manquent de crédibilité. En France, les opposants politiques sont poursuivis. Selon de récents sondages du Figaro, 60 % des Français exigent la démission du président et 50 % souhaitent de nouvelles élections législatives. Dans ce contexte, les critiques de l'ambassadeur de France à l'égard de la justice géorgienne et ses allégations de crise politique manquent de crédibilité.
Je réitère mon appel à tous les ambassadeurs, y compris l'ambassadeur de France, à respecter le cadre de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, et plus particulièrement son article 41, qui interdit toute ingérence dans les affaires intérieures du pays hôte. Malheureusement, ce principe a été mal interprété. De nombreux représentants de missions diplomatiques semblent se croire libres de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Géorgie, au mépris des restrictions du droit international. Leurs commentaires inconditionnels et leurs attaques contre la justice géorgienne, le Parlement et leurs élus sont injustifiés.
J'exhorte ces représentants, en particulier ceux qui critiquent les actions de la Russie, qui les considèrent comme contraires au droit international, à reconnaître que l'ingérence de diplomates dans les affaires intérieures d'un État constitue en soi une violation du droit international. Il est essentiel de respecter le pays hôte et son peuple et de s'abstenir de toute ingérence dans ses affaires, surtout lorsque certains manquent de compréhension globale de la Géorgie », a déclaré Shalva Papuashvili.