Lennart Monterlos, le jeune Franco-Allemand, qui n’a plus donné signe de vie depuis le 16 juin alors qu’il traversait l’Iran à vélo, « a été arrêté pour avoir commis un délit », a annoncé, jeudi 10 juillet, dans un entretien au Monde le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi. « Une notification officielle concernant sa situation a été transmise à l’ambassade de France », a ajouté le chef de la diplomatie iranienne.
Avec cette arrestation supplémentaire, ce sont désormais trois Français qui sont détenus dans ce pays où la France déconseille fortement de se rendre en raison de « risques d’arrestations arbitraires ».
Le ministre des affaires étrangères iranien ne précise pas la nature du délit commis par Lennart Monterlos, 18 ans. Pas plus que le ministère des affaires étrangères allemand, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP), qui a simplement affirmé avoir « connaissance des faits ».
Bayrou appelle l’Iran à ne pas « persécuter des innocents »
« Le devoir des pays est de ne pas persécuter des innocents qui sont parfois inconscients des risques qu’ils courent », a réagi sur la chaîne LCI le premier ministre, François Bayrou. « Nous avons un devoir (…) de protection réciproque, surtout dans les temps si difficiles de tensions et de guerres » et « il faut le respecter », a-t-il ajouté, en appelant les voyageurs à « respecter les consignes » dont ce jeune cycliste « s’était moqué ».
Le ministère des affaires étrangères français souligne pour sa part être « en contact avec les autorités iraniennes au sujet de la situation » du jeune homme. « Nous sommes également en lien avec la famille », a-t-il ajouté, se refusant à faire d’autres commentaires « s’agissant d’une affaire qui met en jeu la sécurité » d’un Français. « Nous réitérons notre appel à tous [nos] ressortissants à ne pas se rendre en Iran », poursuit le ministère.
Cette semaine, le Quai d’Orsay avait exhorté les Français à ne pas voyager en Iran ou, pour ceux qui s’y trouvaient déjà, à quitter le territoire iranien, soulignant que Téhéran menait « une politique délibérée » et « assumée de prise d’otages des Occidentaux », rapporte l'APA.