Kaja Kallas ajoute aussi que cette réunion est un danger pour l’Occident devant les journalistes à Bruxelles, et appelle l’Europe à jouer son rôle sur la scène internationale.
Cette réunion n’envoie pas seulement des «signaux anti-occidentaux», elle représente aussi un «défi direct au système international basé sur des règles, et ce n’est pas seulement de l’ordre du symbole», a-t-elle affirmé devant la presse à Bruxelles.
La réunion à Pékin ce 3 septembre entre les dirigeants chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine et nord-coréen Kim Jong-un est un «défi direct» à l’ordre international, a déclaré mercredi la chef de la diplomatie européenne Kaja Kallas.
«La guerre de la Russie en Ukraine est soutenue par la Chine. Ce sont des réalités auxquelles l’Europe doit faire face», a poursuivi l’ancienne première ministre estonienne, en préambule à un point presse de la Commission à Bruxelles sur l’accord commercial avec les pays du Mercosur.
Dans un discours prononcé plus tard dans l’après-midi, Kaja Kallas est revenue sur ces menaces posées, selon elle, aux équilibres mondiaux, appelant l’Europe à jouer pleinement son rôle sur la scène internationale. «La Chine et la Russie parlent également de mener ensemble des changements jamais vus depuis un siècle» dans l’architecture mondiale de sécurité, a-t-elle souligné dans ce discours devant l’Institut pour les études de sécurité de l’UE (EUISS) à Bruxelles.
«Une vision de la paix au travers du canon d’un fusil»
«Poutine, Kim et Xi se sont affichés ensemble en public pour la première fois, projetant une vision de la paix au travers du canon d’un fusil. Ce n’est pas ce que la paix signifie pour l’Europe», a-t-elle martelé. Le président chinois Xi Jinping, son homologue russe Vladimir Poutine et le leader nord-coréen Kim Jong-un ont assisté ensemble mercredi à Pékin à un gigantesque défilé aux allures de démonstration de force militaire et diplomatique. À cette occasion Xi Jinping a présenté son pays comme «inarrêtable». Dans cette période de fortes tensions géopolitiques, l’Europe doit «construire son pouvoir (...) pour participer en tant qu’acteur à part entière», a encore dit Kaja Kallas.
Gaza est un «exemple de situation où nous n’utilisons pas notre pouvoir géopolitique», a-t-elle déploré, faute d’«unité». Elle a appelé les 27 à faire preuve ensemble de «courage politique». Les pays de l’UE ne parviennent pas à s’entendre sur des sanctions contre Israël en dépit de la situation humanitaire «catastrophique» à Gaza, qu’ils ne cessent de dénoncer. Ce territoire palestinien est dévasté par près de deux ans de guerre menée par Israël et l’ONU a estimé fin août qu’un état de famine régnait dans la bande de Gaza, rapporte l'APA.
afp