Le parquet de Paris a annoncé lundi soir avoir ouvert plusieurs enquêtes après la découverte d’annonces à caractère pédopornographique sur la plateforme Shein.
L’affaire prend de l’ampleur après le signalement de poupées sexuelles aux traits enfantins vendues sur Shein. Le parquet de Paris a ouvert lundi quatre enquêtes sur les pratiques des géants asiatiques de la vente en ligne Shein, AliExpress, Temu et Wish, après des signalements dénonçant notamment la mise en vente d’objets sexuels ayant l’apparence d’enfants.
Les enquêtes, confiées à l’Office des mineurs (Ofmin), portent sur la «diffusion de message violent, pornographique, ou contraire à la dignité accessible à un mineur» pour les quatre sites, et pour «diffusion de l’image ou la représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique» pour Shein et AliExpress, a annoncé le parquet à l’AFP.
Plus tôt, on apprenait que des contrôles des agents de la Répression des fraudes (DGCCRF) avaient révélé la distribution de produits similaires à ceux proposés par Shein sur la marketplace chinoise Aliexpress. Des avertissements portaient également sur les plateformes chinoise Temu et l’américaine Wish. Si ces dernières ne distribuent pas des objets à caractère pédopornographique, elles sont toutefois pointées du doigt pour avoir diffusé des contenus pornographiques sans mesure de filtrage sur les mineurs. En plus de Shein, la Répression des fraudes a ainsi fait remonter ces trois plateformes supplémentaires au parquet de Paris et les a sommés de se mettre en conformité avec le droit tricolore.
Annonces à caractère pédopornographique
Ces signalements interviennent après la découverte, jeudi 30 octobre d’annonces à caractère pédopornographique sur la plateforme Shein, avec des mots-clés évocateurs glissés dans les fiches de produits. Le 31 octobre, les agents de la Répression des fraudes se sont empressés de mener des investigations avant de constater l’ampleur du phénomène. La «description» et la «catégorisation» de ces poupées sur le site «permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus», écrit la DGCCRF dans un communiqué lundi, rapporte l'APA.
Pour l’heure, «aucune mesure de filtrage ne limite efficacement l’accès à ces contenus pornographiques pour des mineurs ou des publics sensibles», souligne encore la Répression des fraudes. En l’absence de mesure de filtrage efficace visant à protéger les mineurs, la loi prévoit des peines d’amende pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison et 75.000 euros d’amende. Et alors que réflexion porte désormais sur la possibilité d’interdire, ou non, ces plateformes en France, Shein réagit dans la foulée en prenant des mesures fortes : la plateforme asiatique a déclaré lundi avoir mis en place une «interdiction totale des produits de type poupée sexuelle» et avoir temporairement déréférencé sa catégorie «produits pour adultes».