La France va-t-elle renouer avec les manifestations d’ampleur comme en 2023 lors du recul de la réforme des retraites ? C’est ce qu’espère la CGT qui vient de lancer deux appels à la mobilisation dans un communiqué publié ce vendredi 28 février au matin. Celles-ci auront lieu le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et le 20 mars.
La centrale dirigée par Sophie Binet ne s’arrête pas là. A l’issue de ces deux tests, elle «appelle à la construction d’un processus de mobilisation d’ampleur pour gagner enfin l’abrogation de la réforme des retraites ». La CGT, comme l’ensemble des organisations syndicales, n’a jamais abandonné l’objectif de faire tomber cette réforme reculant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. «Une majorité de Françaises et de français comme de députés y sont favorables, la victoire est donc à portée de main», veut croire l’organisation, rapporte l'APA.
Le retour des appels à manifester contre la réforme Borne, deux ans après sa promulgation, n’a rien d’un hasard. Ce jeudi, 27 février s’est tenue la première réunion du «conclave» voulu par François Bayrou. Il doit permettre de rassembler les partenaires sociaux toutes les semaines jusqu’à juin. À l’origine, la CGT, comme d’autres syndicats, espérait pouvoir revenir sur les 64 ans. Mais les dernières déclarations du gouvernement, ainsi que celles du patronat, ne vont pas dans ce sens. En particulier, une lettre du premier ministre, envoyé mercredi, souligne que «l’objectif (...) doit être de rétablir l’équilibre financier de notre système de retraites à un horizon proche. Je souhaite fixer cet objectif à l’année 2030». En outre, «le financement de notre système de retraite occupe une place importante dans notre édifice de prélèvements obligatoires. L’évolution de ses paramètres a des impacts économiques majeurs, notamment sur la compétitivité et l’emploi, dont je vous invite à tenir compte.»
Un courrier qualifié de «lettre de mission impossible», par la CGT. Elle ajoute que «ce faisant, le gouvernement déroule le tapis rouge au patronat pour lui permettre de casser notre régime de retraite par répartition avec son projet de capitalisation au service des assureurs privés.».
Boycotte syndical
De quoi fragiliser un peu plus le conclave dont un syndicat a déjà décidé de claquer la porte. À peine entré lors de la première réunion, ce jeudi, le chef de la délégation de Force ouvrière (FO), Michel Beaugas, a lu un communiqué aux autres membres présents, avant de ressortir, refusant de participer à une «mascarade». Et d’ajouter avant même d’avoir commencé : «Pour nous, c’est terminé».
Les raisons de ce boycotte sont similaires à celles pointées par la CGT. «Ni le format, ni le périmètre, ni la méthode ne nous conviennent», tacle FO dans son communiqué. Le syndicat rejette la faute sur le gouvernement : « Nous n’avons pas été entendus», pointe-t-il. «L’exécutif, depuis le 20 février, communique en disant que l’on ne peut pas toucher aux 64 ans ni au périmètre financier». La goutte d’eau aurait été le courrier envoyé la veille au soir par le premier ministre, qualifié de «vrai carcan». Car «le risque est grand que cela aboutisse au maintien du statu quo», c’est-à-dire à la réforme de 2023 amenant progressivement l’âge de départ à 64 ans.
La CGT pourrait-elle finalement décider de suivre les pas de Force ouvrière ? Interrogé, la centrale de Montreuil a botté en touche : « Ce n’est pas la question», a évacué le chef de la délégation, Denis Gravouil.
Avec le Figaro