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France : deux chercheurs du CNRS condamnés à huit mois de prison pour avoir attaqué le consulat de Russie à Marseille

France : deux chercheurs du CNRS condamnés à huit mois de prison pour avoir attaqué le consulat de Russie à Marseille
# 28 février 2025 14:00 (UTC +04:00)

Les deux chercheurs suspectés d’avoir attaqué le consulat de Russie à Marseille ont été condamnés à une peine de huit mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt pour avoir attaqué le consulat de Russie à Marseille ce jeudi. Cette peine sera toutefois aménagée d’ici cinq jours sous la forme d’un régime de détention à domicile avec bracelet électronique, relate l'APA citant le Figaro.

Vasile H., 48 ans, et Georges S., 59 ans étaient mis en cause pour des faits de «tentative de dégradation ou détérioration du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes» et de «fabrication non autorisée d’engin explosif ou incendiaire». Ces deux chercheurs affiliés au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) étaient suspectés d’avoir lancé trois bouteilles en plastique remplies d’azote liquide dans les jardins du consulat de Russie à Marseille. Un geste «politique» que les prévenus ont justifié par leur exécration pour la guerre entre la Russie et l’Ukraine.

De l’azote liquide dans un thermos

«Moi, je voulais faire du bruit. Il a eu l’idée de l’azote car c’est un très bon physicien», abonde Vasile H. en dévoilant volontiers les contours de l’opération. Tôt dans la matinée, la paire s’est rendue au CNRS pour aller chercher de l’azote liquide, un produit conservé à -196 degrés Celsius qui, une fois versé dans une bouteille fermée, se transforme en gaz et fait monter le tout en pression «comme l’air dans le pneu d’un cycliste». «L’azote liquide, cela ne se trouve pas dans le commerce, c’est trop volatil. On est allés le chercher le matin même au labo et on a tout mis dans un thermos», ajoute très sérieusement Georges S. devant le président et ses assesseurs qui l’écoutent avec attention.

Les deux complices sont ensuite montés à bord d’une voiture en direction du consulat de Russie équipés de masques, de gants et de bouteilles de soda en plastique afin d’y verser l’élément chimique. Les images de vidéosurveillance exploitées par les forces de l’ordre montrent ensuite Georges S. et Vasile H. prendre deux directions différentes, leurs «explosifs» dans les mains. «J’ai lancé une bouteille mais c’est tombé à côté chez le voisin. Je suis parti en courant et je n’ai rien entendu. Je me suis dit que j’avais fait ça pour rien», souffle ce dernier. «J’avais repéré les lieux sur Google Maps afin de jeter le projectile sur une toiture. Si cela venait à tomber sur quelqu’un, il aurait pu avoir très mal à la tête», complète Georges S..

Au moins deux détonations suivies d’une «fumée blanche» ont été enregistrées et entendues par des témoins de la scène, dont un voisin du bâtiment diplomatique qui a retrouvé des débris fumants dans sa propriété. Dans la foulée, une trentaine de marins-pompiers avaient été déployés aux côtés des forces de l’ordre accompagnées de démineurs. Le personnel du consulat avait quant à lui été confiné toute la matinée, des sources indiquant la présence de «cocktails Molotov» aux abords du bâtiment. Moscou avait rapidement dénoncé ce qu’il estimait être une «attaque terroriste», tandis que le quai d’Orsay avait lui condamné «toute atteinte à la sécurité des emprises diplomatiques».

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