La France perd 5 places au classement et se retrouve à la 25e position, son pire classement depuis 2011. L’organisation montre «une dégradation alarmante et inédite de la situation française».
Comme chaque année, l’ONG Transparency Internationale a publié ce mardi 11 février son indice de perception de la corruption* pour 180 États. La France perd 5 places au classement mondial et se retrouve à la 25e position, son pire classement depuis 2011. L’organisation montre «une dégradation alarmante et inédite de la situation française» et estime que «la France risque de perdre le contrôle de la corruption». La France se trouve désormais au même niveau que des pays comme les Émirats Arabe Unis (23e) et les Bahamas (28e).
Le rapport montre que depuis 2017, 26 ministres ont été impliqués dans des affaires politico-judiciaires. L’ONG évoque la mise en examen de la ministre de la Culture Rachida Dati, et les poursuites pour prise illégale d’intérêts contre Alexis Kohler. Elle mentionne également l’ouverture d’une enquête pour faux témoignages contre la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.
Des «pratiques corruptives»
L’association souligne aussi les différents scandales ayant terni l’image des figures politiques et des partis, notamment avec le procès des assistants parlementaires du RN et l’affaire dite du «financement libyen» lors de la campagne présidentielle de 2007. À travers l’ensemble de ces affaires, l’ONG y voit un «affaiblissement des principes d’exemplarité au sein de l’exécutif». En outre, elle rajoute que le scandale des eaux en bouteille, selon elle, «a révélé les implications concrètes (...) de pratiques corruptives».
Le rapport critique encore l’absence de débat autour de la lutte contre la corruption lors de la campagne des élections législative en 2024. L’association «exhorte le gouvernement français à répondre à cette crise avec des réformes structurelles immédiates». L’ONG milite pour le «renforcement des moyens du Parquet National Financier (PNF)». Transparency International préconise par ailleurs d’«obliger les parlementaires, les membres du gouvernement et leurs conseillers à rendre publics leurs rendez-vous avec les groupes d’intérêt (lobbies)».
*L’indice de perception de la corruption est calculé en fonction des données d’enquêtes issues de 13 sources indépendantes, comme la Banque mondiale ou encore le Forum Économique Mondial, rapporte l'APA.