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Avoirs russes : l’UE repousse à décembre sa décision sur l’aide à l’Ukraine

Avoirs russes : l’UE repousse à décembre sa décision sur l’aide à l’Ukraine
# 24 octobre 2025 10:50 (UTC +04:00)

Après plusieurs heures de négociations, les dirigeants de l'UE ont demandé jeudi 23 octobre à la Commission d'explorer les moyens de financer l'Ukraine sur les deux années à venir, laissant la porte ouverte à la mise en place d'un prêt qui s'appuierait sur les avoirs russes gelés. Une proposition formulée en termes très larges afin ne pas froisser les fortes réserves de la Belgique sur le dossier. Présent à Bruxelles, le président ukrainien, attendait beaucoup de ces négociations.

Cette proposition a minima a été arrachée après plusieurs heures de négociations et sera à l'ordre du jour du prochain sommet européen en décembre, repoussant de facto les arbitrages les plus difficiles. Elle est délibérément formulée en termes vagues par rapport à la version qui circulait à Bruxelles il y a quelques jours, afin de prendre en compte les fortes réserves de la Belgique où se trouve l'essentiel de ces avoirs russes en Europe, indique un article de RFI.

Le Premier ministre belge Bart De Wever accuse la commission de vouloir tuer la poule aux œufs d’or, car les intérêts de ces avoirs permettent de payer le prêt du G7 à l’Ukraine. « Nous ne pouvons pas utiliser le mot "confisquer", mais on pourrait peut-être parler d'une sorte de confiscation. Est-ce possible ? Est-ce impossible ? La question reste floue. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, cela ne s'est pas produit. L'argent immobilisé est intouchable. C'est comme une ambassade. On n'y touche pas. On ne l'utilise pas. C'est donc une première. Nous sommes en terrain inconnu. Moscou nous a dit que si nous touchions à cet argent, nous en subirions les conséquences jusqu'à la fin des temps. Ce qui paraît bien long ».

Outre les dommages pour la réputation de la place financière européenne, la Belgique craint des mesures de rétorsion russes. Elle exige des garanties juridiques en béton et une solidarité contraignante des 26 autres pays de l’UE, car si elle devait rembourser les avoirs russes, ce serait l’équivalent du budget annuel de l’État fédéral.

Le Premier ministre belge avait ainsi menacé, dès le début du sommet, de bloquer tout le processus s'il n'obtenait pas satisfaction sur les conditions qu'il a posées, au grand dam du président ukrainien. Selon un diplomate, plusieurs autres pays ont également exprimé des réserves, a-t-il déclaré auprès de l'AFP.

Tête-à-tête gagnants ?

À Bruxelles, le président ukrainien a multiplié les tête-à-tête avec les dirigeants européens à la veille de la réunion de la « coalition des volontaires » à Londres : le Français Emmanuel Macron, l’Allemand Friedrich Merz, le Tchèque Petr Fiala, ou le Polonais Donald Tusk, rapporte l'APA.

Mais une autre rencontre bilatérale est encore dans toutes les têtes, celle de vendredi dernier à Washington. Volodymyr Zelensky est reparti sans avoir obtenu des missiles de longue portée Tomahawk, mais il en tire quand même un bilan positif, non sans une pointe d’humour. « Le résultat de cette réunion : nous avons des sanctions sur l'énergie russe. Nous n'avons pas de sommet en Hongrie sans l'Ukraine, et nous n'avons pas – encore – de Tomahawk. Voilà. C'est le résultat. Je ne le trouve pas si mal. »

Volodymyr Zelensky n'a pas lâché l'affaire, concluant : « Chaque jour apporte quelque chose. Peut-être que demain, nous aurons des Tomahawk. »

Utilisation des avoirs gelés russes : Emmanuel Macron reste prudent

Le président de la République française s’est montré prudent concernant l’hypothèse d’utiliser, au profit de l’Ukraine, des avoirs russes gelés. « Cette solution pose des questions juridiques, des questions de partage du risque », a reconnu Emmanuel Macron, tout en soulignant qu’elle restait la piste la plus prometteuse pour aider financièrement l’Ukraine sur les années à venir, selon le Monde.

Les avoirs de la Banque centrale russe dans l’Union européenne ont été immobilisés à la suite des sanctions décidées par les Occidentaux après l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022. Ils représentent quelque 210 milliards d’euros. La saisie pure et simple de ces avoirs est une ligne rouge pour les pays de l’UE, mais la Commission propose, grâce à ces derniers, de financer un prêt de 140 milliards d’euros à Kiev.

Le premier ministre belge, Bart De Wever, avait menacé, dès le début du sommet européen, de bloquer tout le processus s’il n’obtenait pas satisfaction. « Avoir une solide base légale n’est pas un luxe, a-t-il martelé à l’issue des discussions. Je ne suis que la petite Belgique, la seule chose que je peux faire est de mettre en lumière les problèmes et demander gentiment des solutions. » Selon un diplomate, plusieurs autres pays ont également exprimé des réserves.

Les dirigeants européens ont finalement demandé jeudi à la Commission d’explorer les moyens de financer l’Ukraine sur les deux années à venir, laissant la porte ouverte à la mise en place d’un prêt qui s’appuierait sur les avoirs russes gelés.

« La Russie doit retenir ceci : l’Ukraine aura les ressources financières dont elle a besoin pour se défendre contre l’agression russe », a lancé, de son côté, le président du Conseil de l’Union européenne, Antonio Costa.

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