"L'objectif que nous poursuivons est un objectif militaire." Emmanuel Macron a dévoilé, jeudi 27 novembre en Isère, les contours d'un nouveau "service national", "purement militaire" et réservé aux volontaires, au moment où l'exécutif et l'état-major mettent en garde contre les risques accrus de conflit et, en particulier, la menace représentée par la Russie.
Ce service militaire durera dix mois et les jeunes, qui seront déployés "uniquement sur le territoire national", seront rémunérés 800 euros par mois minimum, a détaillé le chef de l'Etat. Ils seront aussi hébergés, nourris et équipés, et porteront l'uniforme.
"Notre jeunesse a soif d'engagement" et est "prête à se lever pour la patrie", a-t-il estimé lors d'un discours devant la 27e brigade d'infanterie de montagne de Varces (Isère). Voici ce qu'il faut retenir des annonces du président de la République sur ce dispositif, qui signe aussi la fin du service national universel(Nouvelle fenêtre).
Une mobilisation volontaire, qui pourra devenir obligatoire "en cas de crise majeure"
Emmanuel Macron a évoqué un "service national purement militaire qui, sans être universel, peut engager toute une génération". Il "concernera seulement des volontaires" et le cœur sera constitué des jeunes âgés de 18 à 19 ans. "Ce service poursuit trois objectifs précis : renforcer le pacte noué entre notre nation et notre armée, renforcer la capacité de résistance de notre nation et consolider la formation de nos jeunes", a estimé le chef de l'Etat.
Ce service militaire s'adressera à ceux "qui auront exprimé leur volontariat lors de la journée 'défense et citoyenneté', qui deviendra 'journée de mobilisation' en se recentrant sur les fondamentaux", a aussi annoncé Emmanuel Macron.
Emmanuel Macron prévoit cependant la possibilité de rendre ce service obligatoire dans des "cas exceptionnel" : "En cas de crise majeure, le Parlement pourra autoriser de faire appel, au-delà des seuls volontaires, à ceux dont les compétences auront été repérées lors de cette journée de mobilisation. (...) Alors, le service national deviendrait obligatoire", a-t-il expliqué.
Ce nouveau service militaire volontaire verra le jour dès l'été 2026 avec 3 000 jeunes. L'objectif est qu'il concerne 10 000 jeunes par an en 2030, et 50 000 par an en 2035, selon Emmanuel Macron.
Un service de dix mois, rémunéré 800 euros par mois
Le nouveau service militaire volontaire durera dix mois, et sera rémunéré 800 euros par mois minimum. Cela "correspond à une année de césure et permet de s'inscrire parfaitement dans le parcours de nos jeunes", a expliqué le chef de l'Etat, qui a détaillé le fonctionnement de ce service militaire.
Il débutera par une formation initiale d'un mois, où les jeunes apprendront "les rudiments" de la vie militaire. "Ils acquerront l'esprit de discipline, se formeront au maniement des armes, à la marche, au pas, aux chants, à l'ensemble des rituels qui nourrissent la fraternité de nos armées et concourent à la grandeur de la nation." Cela sera suivi de "neuf mois au sein d'une unité militaire, où ils effectueront les mêmes missions que l'armée d'active sur le territoire national".
Les jeunes seront hébergés, nourris et équipés. "Ils serviront sous statut militaire, seront dotés d'un uniforme, d'une solde, d'un équipement", a précisé le chef de l'Etat. Ces volontaires "participeront à toutes les missions de Sentinelle, à l'assistance aux populations, à tous les postes, du terrain à l'état-major", selon Emmanuel Macron. A partir de 2027, les participants pourront aussi être déployés au sein de la gendarmerie nationale, de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris et du bataillon des marins-pompiers de Marseille.
Il se déroulera "exclusivement sur le territoire national"
Les volontaires seront déployés "exclusivement sur le territoire national", dans l'Hexagone et dans les territoires ultramarins. "Le service national, c'est le territoire national", a martelé le chef de l'Etat. "Il faut vraiment (...) supprimer toute idée confuse qui consisterait à dire qu'on va envoyer nos jeunes en Ukraine", avait déclaré Emmanuel Macron mardi. Une réaction à la polémique née de propos du chef d'état-major des Armées, le général Fabien Mandon, qui avait estimé que la France devait être prête "à accepter de perdre ses enfants", dans un contexte international de plus en plus tendu.
Il sera financé par un budget supplémentaire de plus de 2 milliards d'euros
Cet effort de défense "sera financé par l'actualisation de la loi de programmation militaire 2026-2030, qui prévoit un budget supplémentaire de plus de 2 milliards d'euros pour le service national", a expliqué le chef de l’Etat. "C'est un effort important. Il est indispensable", a-t-il aussi dit.
"Dans ce monde incertain, où la force prime sur le droit et la guerre se conjugue au présent, notre nation n'a le droit ni à la peur, ni à la panique, ni à l'impréparation, ni à la division", a aussi affirmé Emmanuel Macron, qui a évoqué le contexte international pour justifier cet appel à la mobilisation. "La peur, au demeurant, n'évite jamais le danger. La seule façon de l'éviter, c'est de s'y préparer", a-t-il ajouté, expliquant que "c'est ce que font nos armées au quotidien".
L'APA avec Franceinfo