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Asie de l'Est et Pacifique : la pollution de l'air tue chaque jour plus de 100 enfants de moins de 5 ans, selon UNICEF

Asie de l
# 07 février 2025 16:39 (UTC +04:00)

Une nouvelle analyse de l’UNICEF révèle l’impact considérable de la pollution atmosphérique sur des millions d’enfants et appelle à une action immédiate afin de préserver leur santé et leur avenir.

Bangkok, le 6 février 2025 – Au moment où Bangkok, capitale de la Thaïlande, est confrontée à des taux de pollution atmosphérique dangereux pour la santé, entraînant la fermeture d’écoles et des problèmes de santé généralisés, la dernière analyse de l’UNICEF met en lumière l’impact dévastateur de l’air pollué sur les enfants de toute l’Asie de l’Est et du Pacifique. La pollution de l’air, qui atteint des pics dans de nombreuses parties de la région pendant la saison sèche entre février et avril, est responsable de plus de 100 décès d’enfants de moins de cinq ans chaque jour.

Les combustibles solides, premiers responsables

L’analyse révèle que tous les enfants d’Asie de l’Est et du Pacifique, soit 500 millions au total, vivent dans des pays où les niveaux de pollution atmosphérique sont néfastes pour la santé. La pollution de l’air domestique, causée par les combustibles solides utilisés pour la cuisine et le chauffage, est à l’origine de plus de la moitié des décès d’enfants de moins de cinq ans liés à la pollution de l’air. 325 millions d’enfants vivent dans des pays où les niveaux annuels moyens de particules (PM2,5) dépassent de plus de cinq fois les niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et 373 millions vivent dans des pays où les niveaux de dioxyde d’azote (NO₂) sont malsains.

En outre, 91 % des enfants de la région – soit 453 millions – vivent dans des pays où la pollution atmosphérique excède les seuils fixés par l’OMS. Près de la moitié des particules de PM2,5 – dans les pays où les niveaux de ce polluant sont les plus élevés – proviennent de la combustion de combustibles fossiles, de biomasse et de déchets agricoles, qui génèrent également des gaz à effet de serre à l’origine du changement climatique.

Un impact continu, tout au long du développement de l’enfant

« Chaque inspiration est importante, mais pour un trop grand nombre d’enfants, chacune d’entre elles peut avoir des conséquences néfastes », déclare June Kunugi, directrice régionale de l’UNICEF pour l’Asie de l’Est et le Pacifique. « L’air qu’ils respirent, alors que leur corps et leur esprit sont en plein développement, présente trop souvent des concentrations de pollution excessives qui peuvent entraver leur croissance, endommager leurs poumons et nuire à leur développement cognitif ».

La pollution de l’air est impliquée dans près d’un décès sur quatre d’enfants de moins de cinq ans en Asie de l’Est et dans le Pacifique, et peut avoir des répercussions néfastes à tous les stades de la vie d’un enfant. Cela commence dans le ventre de la mère, avec des risques d’accouchement prématuré et d’insuffisance pondérale à la naissance. Les dommages se poursuivent ensuite pendant la petite enfance, car les jeunes enfants respirent plus vite et sont davantage exposés aux polluants au niveau du sol, comme les gaz d’échappement des véhicules, ce qui les rend plus vulnérables à l’asthme, aux lésions pulmonaires et aux retards de croissance. Le danger est souvent plus grand pour les enfants des familles à faibles revenus qui vivent à proximité d’usines ou d’autoroutes, où l’exposition à la pollution est plus élevée. Au fil du temps, la pollution atmosphérique peut entretenir des maladies chroniques telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires, mettant ainsi en péril l’avenir des enfants.

Des conséquences indirectes considérables

Les répercussions de la pollution de l’air dépassent largement le cadre de la santé des enfants : elle met à rude épreuve les systèmes de santé déjà débordés, entraîne une augmentation des coûts et perturbe l’apprentissage et la productivité. En effet, les absences scolaires pour cause de maladie, le ralentissement du développement cérébral et le risque de fermeture des écoles limitent le potentiel des enfants, alors même que les parents qui s’occupent d’enfants malades voient leurs revenus diminuer.

Les conséquences économiques sont considérables : la Banque mondiale a estimé qu’en 2019, la pollution de l’air causée par les particules fines (PM2,5) a entraîné des décès prématurés et des maladies qui ont coûté à l’Asie de l’Est et au Pacifique 9,3 % de leur produit intérieur brut (PIB), soit plus de 2,5 trillions de dollars.

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