Le 16 janvier, pour la première fois en Azerbaïdjan, se tient une conférence internationale intitulée « Le racisme et les violences contre les Sikhs et les autres minorités nationales en Inde : réalités actuelles », organisée par le Groupe d’Initiative de Bakou et consacrée à la politique répressive du gouvernement indien à l’encontre des minorités ethniques.
Selon l’agence APA, participent aux travaux de la conférence le ministre des Droits de l’homme et des Minorités de l’État du Pendjab, Ramesh Singh Arora, ainsi que d’autres responsables officiels, des représentants influents de la communauté sikhe du Canada, du Royaume-Uni et des États-Unis, des dirigeants de groupes de réflexion, des universitaires étrangers spécialisés dans les droits de l’homme et les minorités ethniques, ainsi que des personnes directement victimes des politiques répressives, racistes et de persécution du gouvernement indien.
L’événement a débuté par une exposition de photographies illustrant les mesures répressives et les massacres perpétrés par le gouvernement indien contre le peuple sikh.
Il a été indiqué que, dans les années 1980-1990, des milliers de membres de la communauté sikhe au Pendjab ont été tués, enlevés ou portés disparus, et exécutés sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces sans procédure judiciaire. Aujourd’hui, les militants sikhs qui revendiquent leurs droits sont arrêtés sous des accusations de « séparatisme » ou « d’espionnage », tandis que les descentes de police se poursuivent au Pendjab. Des actes terroristes ont également été organisés contre des militants sikhs vivant à l’étranger, et les autorités officielles du Canada et des États-Unis ont accusé les services spéciaux indiens d’être impliqués dans ces attentats.
Les principales questions discutées lors de la conférence portent sur la discrimination raciale systématique, la violence et la politique répressive menées par le gouvernement indien à l’encontre des Sikhs et d’autres minorités ethniques, notamment les violations flagrantes par l’Inde de ses obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et de la Convention contre la torture, en ce qui concerne le traitement des minorités ethniques.
Des échanges de vues auront lieu sur le maintien de la situation réelle à l’ordre du jour des organisations internationales et sur l’adoption de décisions appropriées, en particulier sur l’examen par le Comité des droits de l’homme des Nations unies des violations des droits des minorités ethniques en Inde, des exécutions menées sans décision judiciaire, ainsi que sur les possibilités de documentation des violations par les rapporteurs spéciaux de l’ONU et leur soumission à un suivi international.
Il est à noter que le sikhisme est apparu au XVe siècle et prône, dans sa doctrine, l’égalité totale entre tous les êtres humains, indépendamment de la caste, du genre et de la langue, rejetant ainsi catégoriquement le système traditionnel des castes hindoues. Le nombre total de Sikhs en Inde dépasse environ 25 millions. Ils sont principalement établis dans l’État du Pendjab, considéré comme la principale région agricole du pays.
La communauté sikhe demande au gouvernement indien de reconnaître officiellement les massacres antisikhs de 1984 comme un génocide, de créer une nouvelle commission d’enquête indépendante, de traduire en justice les organisateurs du génocide, d’élucider le sort des milliers de personnes disparues de force au Pendjab dans les années 1980-1990 et de punir les responsables, de libérer les militants sikhs détenus illégalement et de leur accorder le statut de prisonniers politiques.