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Moody’s : Les tensions dans le détroit d’Hormuz pourraient faire dépasser les prix du gaz en Europe au-delà de 100 euros

Moody’s : Les tensions dans le détroit d’Hormuz pourraient faire dépasser les prix du gaz en Europe au-delà de 100 euros
# 30 mars 2026 11:07 (UTC +04:00)

Des dommages sur les infrastructures de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar et les tensions dans le détroit d’Hormuz pourraient entraîner une forte hausse des prix du gaz en Europe.

Selon un rapport de l’agence internationale de notation Moody’s, relayé par APA-Economics, un incident survenu le 19 mars dans l’installation de GNL de Ras Laffan opérée par QatarEnergy a affecté environ 17 % de l’approvisionnement gazier du pays. Les travaux de réparation pourraient durer entre 3 et 5 ans.

Le rapport souligne que toute perturbation prolongée dans le détroit d’Hormuz réduirait les livraisons de gaz à l’Union européenne et intensifierait la concurrence pour le GNL durant l’été. Dans ce contexte, les prix du gaz pourraient dépasser les niveaux actuels des contrats à terme et franchir les 100 euros par mégawattheure (MWh).

En 2025, l’Union européenne a importé environ 10 milliards de mètres cubes de GNL du Qatar, soit près de 2 % de ses importations totales de gaz. Malgré cette part relativement faible, une baisse de l’offre mondiale de GNL pourrait avoir un impact plus large sur les prix en Europe.

Moody’s note également que les niveaux de remplissage des stocks de gaz dans l’UE sont actuellement inférieurs à la moyenne à long terme, ce qui accroît les risques à l’approche de l’hiver si les réserves ne sont pas suffisamment reconstituées pendant l’été.

L’Italie et la Belgique, plus dépendantes du gaz qatari, pourraient être les pays les plus affectés par une éventuelle pénurie. L’Allemagne et la France, bien qu’elles n’importent pas directement de gaz du Qatar, subiraient aussi les effets indirects d’une hausse des prix.

Le rapport indique toutefois que la demande de gaz en Europe reste inférieure à son niveau d’avant la pandémie et que la montée en puissance des énergies renouvelables pourrait atténuer partiellement la pression sur les prix.

Néanmoins, une hausse des prix du gaz toucherait particulièrement les secteurs à forte intensité énergétique, comme la chimie, la métallurgie et l’industrie minière. En revanche, les traders de GNL et les grandes compagnies pétrolières et gazières pourraient tirer profit de la volatilité des prix.

En conclusion, Moody’s considère cette situation comme un risque de choc sur les prix, dans un contexte de baisse de l’offre mondiale de GNL, de concurrence accrue avec l’Asie et de faibles niveaux de stockage en Europe.

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