Le projet de gazoduc Gatar–Turquie–Europe est envisagé comme une alternative possible au transport des vecteurs énergétiques via le détroit d’Hormuz, mais il est considéré comme coûteux et risqué.
Selon le journal turc « Aydınlık », ce projet de transport de gaz vers l’Europe en passant par l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie et la Turquie a été proposé par le Gatar en 2000, mais a été gelé neuf ans plus tard. Dans le contexte de l’évolution de la situation géopolitique au Moyen-Orient, notamment en Syrie, la relance de ce projet est de nouveau discutée.
Le journal indique que le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, prévoit de se rendre prochainement au Gatar pour discuter de ce projet.
Selon la publication, l’Europe importe quotidiennement environ 100 millions de mètres cubes de gaz naturel de Russie, et environ 40 millions de mètres cubes sont acheminés via le détroit d’Hormuz. D’après les estimations des experts, le gazoduc Gatar–Turquie–Europe pourrait fournir jusqu’à 100 millions de mètres cubes de gaz par jour, mais le principal problème reste le coût élevé du gaz et de l’infrastructure du pipeline.
« Le prix du gaz naturel importé de Russie par les pays européens est d’environ 5 dollars américains par mètre cube, tandis que celui transporté via le détroit d’Hormuz est de 8 dollars. Selon les calculs des experts, si le gaz était fourni via le gazoduc Gatar–Turquie–Europe, le prix pourrait dépasser 12 dollars par mètre cube », rapporte « Aydınlık ».
Il est également souligné que ce gazoduc d’environ 4 000 kilomètres, traversant des zones de conflit géopolitique, représente un facteur de risque majeur. Le coût de construction du projet pourrait dépasser 20 milliards de dollars américains.