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L’article du professeur de l’UEB sur les relations entre Israël et l'Azerbaïdjan a été publié en France

Un article intitulé « Les intérêts économiques et stratégiques de la relation Israël-Azerbaïdjan » du professeur de l’Université d'État de Bakou (UEB) Fazil Zeynalov a été publié dans le magazine à fort tirage nommé « Les grandes questions de la diplomatie ».

L’APA présente l’article dans son intégrité :

 

« Les intérêts économiques et stratégiques de la relation Israël-Azerbaïdjan

 

Les relations israélo-azerbaïdjanaises s’inscrivent dans le cadre de la stratégie de la politique étrangère multivectorielle de l’Azerbaïdjan. Annoncée par le président Heydar Aliyev lors de son discours du 15 juin 1993 devant les élus du parlement, cette stratégie insiste sur le maintien de bons rapports avec tous les pays voisins ou non, l’élimination des malentendus et le renforcement de la capacité de l’Etat de faire face aux défis du monde globalisé.

 

Israël-Azerbaïdjan : une relation qui se développe sur la base des avantages comparatifs

 

La coopération avec Israël s’est renforcée depuis l’indépendance de l’Azerbaïdjan dans différents domaines tels que l’économie, la technologie, l’agriculture, l’énergie, ce qui a jeté des bases solides à un partenariat stratégique répondant aux intérêts des deux parties. Les officiels des deux pays se rendent régulièrement visite. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a effectué sa deuxième visite officielle à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, le 13 décembre 2016, au cours de laquelle plusieurs accords ont été signés, portant notamment sur la création d’une commission économique mixte pour augmenter et diversifier les échanges économiques. Cette rencontre témoigne de la volonté des deux parties d’intensifier la coopération et de discuter de nouvelles opportunités. Israël, tout comme l’Azerbaïdjan, s’attache à développer les liens bilatéraux sur la base des avantages comparatifs. Si Israël souhaite développer un partenariat pour créer un pont vers d’autres pays musulmans et à assurer la pérennité de ses sources d’importations/exportations, l’Azerbaïdjan cherche à bénéficier de la capacité technologique israélienne pour moderniser son économie.

 

Une relation ancienne favorable aux relations interétatiques

 

Cette relation a une dimension historique, liée à la présence depuis 2600 ans d’une communauté juive en Azerbaïdjan, un pays à majorité musulmane, qui perpétue d’une longue tradition de tolérance, comme en témoigne la mise en place de la première République démocratique et laïque dans le monde musulman en 1918. Aujourd’hui, les Juifs (50.000 personnes, réparties en 3 communautés) sont essentiellement installés dans le nord du pays ; ils disposent de 7 synagogues, dont l’une a été récemment construite grâce au financement public dans le centre de Bakou, et d’écoles où leurs enfants apprennent l’hébreu.

 

Certains membres de la communauté juive ont émigré vers Israël aux premières années de l’indépendance pour des raisons économiques, mais ils gardent des liens étroits avec leur foyer d’origine en appartenant à la diaspora azerbaïdjanaise. Ils font régulièrement des allers-retours et ils contribuent au dialogue politique entre les deux pays. Ils se disent même prêts à revenir et à se battre pour l’indépendance et l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan qu’ils considèrent toujours comme leur deuxième patrie. Il existe même un héro national azerbaïdjanais d’origine juif. C’est l’histoire du jeune soldat Albert Agarunov qui a sacrifié sa vie pour la défense de la patrie contre l’agression arménienne. Des vols directs entre Bakou et Tel-Aviv facilitent les déplacements des habitants et des touristes. Le mariage mixte est un cas courant. Il y a une ambassade israélienne à Bakou, mais celle de l’Azerbaïdjan n’est pas encore ouverte à Tel-Aviv, ce qui n’empêche pas le développement des relations offcielles par différents canaux d’échange directs et indirects. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a souligné, lors de sa récente visite à Bakou, que la communauté juive en Azerbaïdjan s’est toujours sentie en sécurité et qu’elle construit aujourd’hui un pont solide entre les deux pays. Il s’est réjoui du fait que l’Azerbaïdjan ne soit pas seulement un partenaire stratégique, mais il observe aussi que c’est un exemple de tolérance et d’harmonie multiculturelle et religieuse. Aucun cas d’antisémitisme n’a été observé en Azerbaïdjan où les Juifs et les Azerbaïdjanais vivent depuis des siècles en harmonie et respect mutuel. C’est justement de ce point de vue que le Premier ministre israélien a mis en exergue le caractère « unique » des relations entre Israël, un Etat juif, et l’Azerbaïdjan, un Etat à majorité musulman.

 

Les hydrocarbures et la sécurité : des enjeux stratégiques

 

L’Azerbaïdjan est le plus ancien producteur du pétrole du monde et il en exporte toujours dans plus de trente pays. Il constitue une nouvelle source d’approvisionnement pour Israël en lui fournissant plus de 10% de ses exportations en pétrole, soit près de 30 à 35% des importations israéliennes. Si on envisage les mauvais rapports entre Israël, dont la croissance dépend de ses importations énergétiques, et certains producteurs des pays du Golfe, on s’aperçoit du rôle irremplaçable de l’Azerbaïdjan dans le domaine énergétique. De plus, Bakou dispose de ressources gazières considérables dans le secteur azerbaïdjanais de la mer Caspienne et il envisage de les acheminer vers le marché européen. Le président Ilham Aliyev s’est personnellement engagé dans la réalisation du nouveau couloir énergétique, baptisé « Southern Gaz Corridor », en relançant avec son homologue turc la construction du gazoduc TANAP qui traversera toute la Turquie d’Est en Ouest avant d’être connecté au gazoduc TAP pour lier l’Azerbaïdjan à l’Italie. En cours de construction, il a la capacité d’acheminer non seulement du gaz azerbaïdjanais, mais aussi celui venant d’autres sources. Israël y a déjà manifesté son intérêt, car après la découverte des gisements riche en ressources gazières en Méditerrannée, il lui faut des moyens de transport. De ce point de vue, le TANAP représente un intérêt particulier. Considéré comme une des options possibles, il a fait l’objet de discussions entre le premier ministre israélien et le président azerbaïdjanais en décembre dernier.

 

Les deux pays coopèrent aussi dans le domaine de la sécurité et de la défense. L’Azerbaïdjan aspire à vivre en paix mais il doit faire face à l’agression de l’Arménie voisine, dont les forces armées occupent toujours la province historique azerbaïdjanaise du Haut-Karabakh et sept districts administratifs situés en dehors du Haut-Karabakh, soit près de 20% du territoire de l’Azerbaïdjan, provoquant ainsi près d’un million de réfugiés et personnes déplacées à l’intérieur du pays. Malgré la signature d’un cessez-le-feu en 1994, les négociations n’ont pas progressé à cause du manque de volonté de l’Arménie d’accepter un compromis. L’Azerbaïdjan renforce son potentiel militaire en développant son propre complexe militaro-industriel sous l’égide du ministère de l’Industrie de Défense, institué en 2005, et en achetant des armes auprès de différents fournisseurs, parmi lesquels se trouvent Israël. Bakou aurait acheté d’armes et de métériels militaires à Israël au cours de ces dernières années sur la base des contrats d’une valeur de près de cinq milliards de dollars.

 

Les rumeurs concernant la mise à la disposition d’Israël d’une base aérienne en Azerbaïdjan et l’utilisation du territoire national pour des actions militaires contre un pays tiers sont infondées et ont été fermement démenties par les officiels azerbaïdjanais. En effet, l’Azerbaïdjan entend contribuer à transformer la région en une zone de coopération, et non pas en une zone de confrontation entre les puissances rivales. La loi sur la sécurité nationale, adoptée en 2004 par le parlement (Milli Madjlis), interdit l’installation des bases militaires étrangères sur le sol national et considère le déploiement des forces armées des Etats, menant une politique hostile, dans son voisinage comme une menace pour la sécurité nationale. Dans le concept de sécurité nationale du 23 mai 2007, il a été établi qu’une militarisation excessive et la présence de bases militaires étrangères mal contrôlées pouvaient porter atteinte à la stabilité régionale et provoquer une course aux armements, ce qui nuirait à la confiance mutuelle des Etats de la région. Pour le président Ilham Aliyev, le Caucase doit être « libre de toute base militaire ».

 

***

Le caractère « unique » des relations avec Israël n’est pas en contradiction avec les bonnes relations que Bakou entretient avec l’Iran et la Palestine. Au contraire, c’est un avantage indiscutable, car l’Azerbaïdjan peut contribuer à la recherche d’un terrain d’entente et à la création d’un climat de confiance entre les parties ».

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